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CHAPITRE IV

Second carême de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. — La guerre. — Aux ambulances de Metz. — L'avent à Genève. — Carême à Saint-Théodore de Marseille. — L'oraison funèbre de M^'" Darbo3^ — ^'acances à Aix-les-Bains. — Sermons patriotiques de Saint-Louis d'Antin. — Le premier carême de Saint-Joseph à Marseille. — Discours pour la libération du territoire à Marseille et à Toulon.

Avant que la guerre n'éclatât, une vague inquiétude régnait dans le pays français. On était fatigué de l'empire, bien que Tempire eût donné de longues années de paix et de prospérité. On rêvait des libertés politiques perdues : on réclamait la liberté de la presse, la liberté de la tribune, la liberté de réunion, et on voulait substituer à l'empire autocratique un empire libéral. Napoléon crut qu'il serait utile, dans ces circonstances, de procéder à une grande consultation nationale, et un plébiscite général eut lieu, pour savoir si, oui ou non, on voulait encore du régime impérial. Cette consultation fut naturellement favorable au gouvernement existant, mais sans calmer aucune inquiétude ni résoudre aucun problème.

Le P. Didon ne resta pas indifférent à cette

agitation de l'opinion publique en France. Par tradition de famille et par conviction, il était en faveur de la liberté et même en faveur de la République. 11 lisait volontiers, à cette époque, les Châtijnents de Victor Hugo; je Tentends encore déclamer avec passion : le Manteau impérial ou l'Expiation. Quand il fallut nommer un député, le 6 juin 1869, il vota contre le député gouvernemental et en faveur d'un démocrate un peu rouge; quand il fallut voter le (S mai 1870, — jour du plébiscite, il émit un vote de défiance. — « Hélas! (( écrivait-il dans une de ses lettres. Nous allons « offrir au maître une lâche majorité, la majorité « des prudents ., des tranquilles avant tout ^ des pieux « conservateurs. Si au moins, elle devait sauver « quelque chose, mais cela ne sauvera rien.

« L'honnêteté, la justice, la franchise, le désinté- (( ressèment, voilà ce qui sauve un pays, et non « cette prétendue prudence qui n'est qu'un (( égoïsme souvent mal déguisée »

A l'agitation publique s'ajoutait, vers la même époque une grosse agitation religieuse. Un concile venait d'être convoqué au Vatican pour délibérer sur la situation de l'Eglise en général et sur la question de l'infaillibilité papale en particulier. Cette dernière question divisa profondément le clergé. Le plus grand nombre des évêques était

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