‹ Le père Didon; sa vie et son œuvreChapitre 31 sur 57 · UU)n, 20 et 22 janvier · texte numérisé non relu

UU)n, 20 et 22 janvier

pour cela. Si la mer autour de lai était agitée, si sa barque oscillait de droite et de gauche soas la rafale, si les vents déchiraient sa voile, il voyait au-dessus de sa tôle le ciel plein de lumières, et cela lui suffisait. Pour réchaulfer son âme et sa voix, avant le carême, il prêcha un sermon de charité en faveur d'une oeuvre qu'il trouvait pleine d'intérêt et qui consistait à donner du travail aux femmes pauvres. L'aumône, sous la forme du travail, n'humilie personne, disait-il — et profitant de cette circonstance, il traita du rôle de la femme clans la crise religieuse que traverse le monde. Puis, le 2 mars, de quatre à cinq heures du soir, il prêcha sa première conférence à la chapelle du faubourg Saint-Honoré, sur l'hiterveation surnaturelle et positive de Dieu dans r humanité.

Dieu est. Il a constitué la nature dans l'immutabilité de ses lois, l'humanité dans la libre év^olution de ses forces intelligentes et volontaires : fort bien. Mais est-ce tout? Dieu disparaît-il dans son isolement transcendant ou bien entre-t-il en commerce direct avec cette humanité constituée par Lui ? Là est la question entre les croyants et les incroyants. Elle est pleine de gravité; elle est le grand terrain de combat aujourd'hui entre ceux qui défendent la religion et ceux qui l'attaquent. La seconde conférence parla du Miracle et de la philosophie ? la troisième de F Intervention personnelle de Dieu dans le Christ par le Miracle ; la

quatrième du Miracle et de la loi de révolution, la cinquième du Miracle et de la critique , la sixième et dernière de F Historicité du miracle. Ces conférences produisirent un effet éclatant, et ce qui vaut mieux, opérèrent un bien sérieux. Elles attirèrent un auditoire tout à fait distingué et exceptionnel, malgré l'éloignement du faubourg Saint-Honoré. A leur occasion, le P. Didon reçut la visite d'hommes éminents que sa parole avait touchés; de médecins distingués, de savants tels que Pasteur, d'écrivains tels qu'Alexandre Dumas. Quelle joie pour lui de faire luire en ces tètes qui commandent au siècle un rayon d'éternelle clarté^ !

Pendant ce laborieux carême, le P. Didon eut la douleur de perdre un vieil ami, le P. Hue, l'un des premiers compagnons du P. Lacordaire et le fondateur de la congrégation des Dominicaines enseignantes de Nancy. Le P. Hue s'était réfugié à Arcueil, et il s'y préparait à la mort, tout en travaillant a un ouvrage sur/(? Sijmbolisme. G éidÀi un vieillard très doux et très optimiste qui aimait beaucoup le P. Didon et qui le consolait des attaques injustes dont il était l'objet, en lui promettant les plus beaux succès apostoliques et la plus pure gloire chrétienne. Sous ces longs cheveux blancs, le P. Hue cachait une sensibilité

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