Le Nouveau Testament, par le P. Didon, liv. II, chap. v
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reverrait, il répondit : << Pour le dimanc le des Rameaux au plus tard » ; et, le S du mois de mars, il prit le train de Bordeaux. Son Éminence le cardinal Lecot avait à s^atretenir avec lui au sujet de quelques affaires importantes. Le 12, le P. Didon quitta Bordeaux et arriva à Toulouse, oùrattendait une famille amie, la famille du marquis de Saint- Vi ncent-Brassac^ Le 13, au matin, il fut réveillé par une douleur violente à la poitrine. Le médecin que l'on manda ne découvrit aucun symptôme alarmant. Il conseilla le repos, et il fut entendu que le malade ne sortirait point et surtout ne partirait point le jour même. La matinée se passa sans incident trop inquiétant. Vers midi, le malade n'allait pas plus mal, et on le laissa seul un instant. A midi et demi, on entra dans la chambre du Père pour prendre de ses nouvelles et on le trouva râlant. Le prêtre qui était attaché à la famille amie, comme précepteur des enfants, donna en hâte au P. Didon les suprêmes secours de la religion. A une heure le Père était mort, enlevé probablement par une angine de poitrine. Il était frappé comme un soldat sur le champ de bataille, dans la plénitude de ses forces et de son activité. Les trente années de luttes publiques qu'il avait soutenues l'avaient fatiguésansl'arrêter, et il ne croyait pas toucher au terme de sa carrière. Il sentait encore dans son âme des trésors de déyouement. Il avait plus peur du repos que de la
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peine et, loin de rêver les douces quiétudes d'une retraite méritée, il rêvait de nouveaux combats et de nouvelles victoires. Aussi ce n'est pas lui qui déposa son épée, c'est Dieu qui la brisa entre ses mains, trouvant sans doute que ce prêtresoldat avait assez offert de sacrifices et assez livré de batailles. On fit au mort de belles funérailles dans la chapelle des Dominicains de Toulouse ; et des funérailles encore plus belles à Téglise Sainte- Clotilde de Paris. Ceux qui l'avaient connu, ceux qui l'avaient aimé, beaucoup de ceux qui l'avaient combattu vinrent saluer sa dépouille mortelle et rendre un dernier hommage au loyal, vaillant et fidèle apôtre du Christ.