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« Soiis-officier au l*"" régiment de Tirailleurs Malgaches. « Betandraka, Madagascar, !•"■ juin 1898.»
Le P. Didon lut cette lettre dont il était ravi devant tous les élèves réunis.
En cette même année 1898, fut prononcé, à Arcueil, un discours qui fit grand bruit et qui suscita à l'éloquent éducateur de nombreuses attaques ; je veux parler du discours sur l'Esprit ynilitaîre. Le P. Didon avait toujours eu la sympathie la plus vive pour le métier, pour les personnes et pour les choses militaires. Un de ses bonheurs était d'assister h la grande revue du 14 juillet; et il frissonnait quand, la revue terminée, les fanfares guerrières entonnaient F hymne
de Sambre et Meuse. Il avait vu de près les désastres de 1870, et il lui restait au cœur un vague désir de revanche. 11 lui en coûtait d'avouer que nous n'avions plus la suprématie en Europe, et il désirait voir une France forte autant qu'une France libre et savante. L'affaire Dreyfus ne l'avait pas laissé indifférent. Il ne se croyait pas le droit de proclamer l'innocence de ce condamné, du moment qu'un conseil de guerre, composé d'honnêtes gens, l'avait jugé coupable. Il déplorait les attaques contre l'armée, et il en souffrait. Toutes ces raisons nous expliquent pourquoi, à un moment donné, il choisit comme sujet d'un de ses discours : r Esprit militaire.
Le 19 juillet, le généralJamont, le généralissime des armées françaises, vint en grand apparat militaire présider la distribution des prix de l'école Albert-le-Grand. Sa présence donna une impor lance exceptionnelle au discours qui fut prononcé. Dans ce discours, le P. Didon affirma un militarisme ardent. 11 établit que la force armée était un des éléments constitutifs d'un peuple; qu'elle était l'instrument premier de sa conservation et Linstrument nécessaire de son expansion et de sa croissance. Pour assurer le règne de la justice et de la paix, pour faire triompher le droit, l'armée est indispensable; et la France ne serait plus la France, si elle n'avait pas le culte de son armée, etc., etc.
Cette thèse donna lieu à de vives discussions et à. de violentes attaques. On reprocha au P. Didon d'avoir voulu subordonner le pouvoir civil au pouvoir militaire, d'avoir poussé Tarmée à faire un coup d'Etat et d'avoir justifié les violences. On lai reprocha de se faire l'apôtre des guerres et des massacres ; de traiter de chimérique l'arbitrage international, et de s'être livré à une apologie effrénée de la force. On alla jusqu'à, dire qu'il avait glorifié le fer qui terrorise, et la guillotine qui coupe les têtes. — Toutes ces accusations étaient fausses ; il n'y avait de vrai que la véhémence avec laquelle le Père avait exalté l'esprit militaire et ses avantages.
Cependant les attaques furent si violentes et elles se prolongèrent si longtemps que le P. Didon crut nécessaire de donner, un jour, des explications, au sujet de ce fameux discours. Il les donna dans un grand banquet de l'école d'Arcueil : (( Il « paraît messieurs, s'écria-l-il, que parmi les hé- (( ritiers de Lacordaire, il y a un traître, et ce (( traître, — cela va vous surprendre, — c'est moi. (( Oui, pour avoir, un jour, avec un accent véhé- « ment, — oh, je le reconnais, la véhémence est (( dans mon sang, — pour avoir un jour, avec un « accent véhément, vanté mon pays, sa puissance « militaire et sa force ; pour avoir eu l'audace, — « l'audace est encore dans mon tempérament — « pour avoir eu l'audace de parler de la force à
(( une génération qui semble avoir oublié quel'in- (( telligence, l'amour et la force sont les éléments « constitutifs de toutes choses, du grand univers (( comme des plus petites sociétés et des individus, « éléments essentiels et nécessaires à leur conser- « vation, à leur perfection, à leur évolution ; pour (( avoir osé dire que la force avait des devoirs; « mais, — qu'on le retienne et qu'on le dise, — « que si parfois la force a le droit d'épouvanter, et (( je le répète, de terroriser et de sévir, elle ne doit (( pas oublier, non, ne jamais oublier qu'elle est (( la serve, non seulement du pouvoir, mais qu'elle « doit toujours être au service du droit, de la jusce tice et du bien ; pour avoir fait entendre ce mot « que nul ne disait; pour l'avoir dit en philosophe, « comme je le pense, et accentué en orateur (( comme je le sens, savez-vous ce qui est arrivé? (( Je suis passé à l'état de légende, et quelle lé- « gende !
« Moi démocrate, moi républicain, moi qui ai « toujours eu le culte de cette forme du pouvoir « électif dans laquelle Télu n'est presque rien et « la loi tout ; moi, vieuxlibéral, libéral impénitent « comme mon maître ; moi qui ai risqué tous les (( périls, et lutté, depuis vingt ans, dans tous les « combats pour la liberté et rétablissement de ce (( régime ; moi qui ai souffert plus que beaucoup (( de cette lutte; moi qui me suis compromis dans «• mon monde, moi qui aurais pu me rallier avec
(( profit à un autre drapeau, à une autre cause. « eh ! bien, on m'a fait passer, à coup de men- « songes et de calomnies, pour un homme vil et « lc\che, pour un césarienqui préparait des coups « d'Etat et qui enseignait à les faire àlajeunessequi « m'est confiée ! Oui, ils m'ont attribué cette sotce lise, la subordination du pouvoir civil au pouce voir militaire... Et pour compléter la légende, « ils m'ont fait passer pour un amateur de jeu de « massacre ; ils m'ont fait quitter le goupillon, dont « jen'usepas etprendreun sabre auquel je n'ai pas (( droit. — Et alors je suis devenu un fauteur de (( guerre civile, voulant mettre à feu et à sangle « peuple au milieu duquel je vis. De telle sorte « que je passe, dans le peuple qui entoure Arcueil, « et au loin, pour le P. Didon coupe-tetes. Eh! « bien, messieurs les fabricants de légendes, je « vous fais mes compliments, vous avez rudement « réussi. »
Que pouvait-on vraiment reprocher au P. Didon? Au fond, tout se réduisait à quelques exagérations de langage, qui s'expliquent par le tempérament un peu chauvin du Père et par la fièvre de patriotisme qui le dévorait. 11 poussa trop loin la glorification de notre armée, il fit une place trop belle aux hommes de guerre, il se laissa momentanément éblouir par l'espoir d'une revanche possible, lui, le prêtre et l'homme de l'Évangile. Quand il sentit le clairon guerrier collé à ses lèvres, il eut
le tort d'en sonner trop fort, La France lui a pardonné.
Quelques jours après avoir prononcé son fameux discours sur r Esprit militaire et avant que tous les échos de la presse n'eussent répété ce discours plus ou moins bruyamment, plus ou moins exactement, le P. Didon partait pour FEgypte et la Palestine. Il avait fait deux fois ce voyage pour son compte personnel; cette troisième fois, il l'entreprenait afin de faire voir à ses élèves ce qu'il avait vu, et de leur faire subir les émotions qu'il avait subies lui-même. La caravane s'embarqua à Marseille, le 21 juillet, à quatre heures du soir. Le P. Didon dut différer son départ, à cause d'une réunion de Prieurs, qui l'appelait à Sorèze. Il rejoignit la caravane, par le bateau suivant, quatre jours plus tard, et tout le monde se trouva groupé au Caire, à la fin de juillet. Les voyageurs étaient au nombre de vingt-huit. La visite du Caire, dTIéliopolis, des Pyramides de Giseh, des Pyramides de Sakarrah, du Sérapeum de Memphis, occupa les premiers jours de la semaine. Grâce à la présence du P. Didon, les administrateurs du canal de Suez mirent à notre disposition leur petit vapeur pour nous faire parcourir tout le canal, d'ismaïlia à Port-Saïd. De Port-Saïd, un vaisseau russe nous emporta à JafFa. Nous trouvâmes à Jaffa des chevaux, des mulets, des ânes, un vaste attirail détentes, de lits, de tables, d'ustensiles de
cuisine, des serviteurs et des muletiers en grand nombre, un cuisinier, et surtout un drogman, superbement vêtu, dont le verbe impérieux s'imposait à cette singulière escorte, qui devait être à notre service pendant une chevauchée de vingt et un jours à travers la Palestine et la Syrie. Ce drogman s'appelait Mélem ; c'était lui qui avait servi de guide au P. Didon dans ses deux voyages précédents. — Nous dédaignâmes de monter en chemin de fer à Jaffa. Cette façon bourgeoise et trop moderne d'arriver ainsi à Jérusalem aurait manqué de pittoresque. Il valait mieux arriver à cheval. Le premier jour nous fîmes halte à Latroun; le second jour, on dressa nos tentes, tout près des murs de Jérusalem, non loin de l'église Saint- Etienne.
Sous la conduite du P. Didon, nous visitâmes le Saint-Sépulcre, la voie douloureuse, la montagne des Oliviers, Bethléem, la Samarie, Nazareth, le lac de Tibériade, Capharnaûm; et l'éloquent écrivain de la Vie de Jésus cherchait à faire pénétrer dans les âmes des jeunes gens les sentiments qui débordaient en lui. Il me souvient tout particulièrement d'une halte que nous fîmes autour du puits de Jacob, dans la Samarie. Le P. Didon ouvrit l'Evangile et nous lut ces magnifiques pages où Jésus prophétisa à la femme de Sichem que l'humanité de l'avenir adorerait le Dieu-Esprit et l'adorerait partout d'un culte spirituel. Quittant à
Capharnaiïm la Palestine proprement dite, nous remontâmes le fleuve du Jourdain jusqu'à sa source, pour longer ensuite les montagnes de l'IIermon, et aboutir à Foasis de Damas. Nous ne quittâmes nos chevaux et nos tentes qu'à Beyrouth, après l'excursion de Baalbeck. De Beyrouth, la caravane rentra en France, par Rhodes, Smyrne, Constantinople. Vienne et Munich. — Le voyage nous parut trop court, tant le P. Didon Tavait vivifié par l'entrain de sa vaillance, et l'ardeur de sa foi!
A la rentrée d'octobre, les diverses écoles dirigées par le P. Didon constatèrent une recrudescence d'élèves. 11 y eut 105 élèves nouveaux à Arcueil : ce qui porta le nombre total à 425 ; 46 élèves nouveaux à l'école préparatoire de Lacordaire ; ce qui porta le chiffre total à 93 ; 53 élèves nouveaux à Saint-Dominique : ce qui porta le chiffre total à 145. La prospérité s'affirmait de plus en plus; elle s'affirmait par le nombre des élèves, elle s'affirmait par les succès aux examens. Il était évident que l'opinion publique ne s'offusquait pas des idées éducatrices du P. Didon et qu'elle n'avait pas peur des nouveautés et des hardiesses qu'il préconisait. Pour s'éclairer davantage et donner plus de valeur à ses théories, le P. Didon conçut le projet d'aller en iVngleterre, et de comparer le système d'édueatio^n-~4^ nos rivaux avec notre système d'éducation à nous. Il
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s'embarqua le .23 janvier 1899, à Calais, accompagné du P. de Boisieu et fit consciencieusement son voyage d'études. Il visita tour à tour les universités et les collèges. 11 fut admirablement accueilli partout, grâce à une lettre d'introduction qu'il avait obtenue du Chef du département de C éducation : c'est ainsi qu'on désigne en Angleterre, ce qui correspond à notre Ministre de l'Instruction publique. Il vit d'abord Cambridge et Oxford; et à Oxford il donna une conférence. — Il vit les collèges protestants de Winchester, d'Eton, d'Harrow, de Rugby, d'Edimbourg, et l'externat de Saint-Paul de Londres; il vit le collège catholique de Saint-Charles, que dirigent à Londres les Oblats de M^' Newmann ; et le collège catholique de Birmingham, crifîge~par les Oratoriens.
Ce qui le frappa surtout, c'est la grande liberté dont jouissent les élèves de ces collèges, et la grosse part d'initiative et de self-government^ qui est laissé a chacun d'eux. Assurément, il se rendit compte des inconvénients du système anglais au point de vue de la moralité, comme au point de vue de la tyrannie exercée par les grands élèves vis-à-vis des petits ; mais quel est le système qui n'a pas ses inconvénients? — Somme toute, le P. Didon revint convaincu que nous exagérions le principe d'autorité et de surveillance, que nous ne développions pas assez l'initiative et la responsabilité chez nosjeunes gens et que nous
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avions des réformes à réaliser à ce point de vue. Quant à Tinstruction, il fut frappé aussi par les exigences modérées des maîtres anglais h cet endroit. Tandis qu'avec nos méthodes françaises nous condamnons à Fétude du grec et du latin tous les enfants delà bourgeoisie, tandis que nous les obligeons tous à passer sous les fourches caudines du baccalauréat, les Anglais dirigent leurs collégiens vers les études pratiques aboutissant au commerce et à Tindustrie. Ils se préoccupent beaucoup plus de former des hommes de volonté et de caractère que des hommes d'esprit ou d'érudition.
Le P. Didon rentra en France, le 23 février, juste un mois après son départ; et le samedi, 18 mars, ilfut invité à venir déposerdevant la commission d'enseignement, nommée parla Chambre, commission que présidait M. Ribot. Cette déposition du P. Didon se ressentit du voyage d'Angleterre. Le système anglais avait impressionné l'éducateur français, au point de vue de Féducation, comme au point de vue de l'instruction. Aussi le P. Didon parla un peu vivement, un peu trop vivement peut-être contre la surveillance et les surveillants français; il s'éleva aussi avec ardeur contre notre baccalauréat et contre notre manie d'imposer à la masse, des études classiques qui ne conviennent qu'à une élite. Quoi qu'il en soit, sa déposition ne fut pas banale, et M. Ribot,
le Président, remercia bien hant le P. Didon de ses très intéressantes communications.
Le P. Didon termina cette année scolaire 1899 par un discours sur le Rôle du Senlimeni dans rEdiiccUion, L'année précédente, il avait fait vibrer la trompette guerrière avec un peu trop de sonorité; il tint, en juillet 1899, à faire oublier sa véhémence et à chanter les joies du cœur et la douce influence de l'amour. Il constata pendant son discours, et surtout à la rentrée d'octobre que la confiance des familles ne Tabandonnait point et allait toujours en progressant. Le chiffre des élèves d'Arcueil monta jusqu'à 450 ; le chiffre des élèves de la rue Saint-Didier (externat et école préparatoire), jusqu'à 240. C'était encourageant; et le vaillant éducateur se promettait de travailler de plus en plus à mériter la confiance qui lui était donnée et d'élargir toujours le domaine de son influence. Malheureusement, il voulut trop faire.
Un éditeur de Vienne, Max lierzig, lui avait proposé un travail sur r Ancien et le Nouveau Testament, pour un beau volume illustré, qui devait figurer à l'Exposition universelle de 1900. Il s'agissait d'abord de la simple traduction d'un livre composé par le docteur Ladislas Syko^va, professeur à l'Université de Prague. Le P. Didon n'accepta pas d'être un vulgaire traducteur : il voulut faire une œuvre personnelle, et il se mit
à la besogne dès le mois d'avril. Il eut tort de cumuler la direction de ses quatre écoles et de s'imposer en môme temps un travail intellectuel intense pour un ou deux ans. L'ouvrage comportait deux volumes : un sur ^ Ancien, Tautre sur le Nouveau Testament : le P. Diclon commença par le Nouveau Testament ; et il y travailla avec acharnement. Il interrompit son obstiné labeur dans quelques rares circonstances ; par exemple, au mois de juin, quand il alla à Contrexéville faire sa saison d'eaux et préparer en même temps son discours de la distribution des prix ; par exemple encore, a la lin d^août, quand il alla à Coublevic faire quelques excursions de montagnes, où pour la première fois ses forces trahirent son courage; et quand il alla à Brassac, jouir d'une hospitalité aristocratique de trois semaines dans une vallée charmante des montagnes du Tarn, oiiil aurait dû se reposer pleinement et où il ne put s'empêcher de tra.vailler.
Vers la mi-septembre, il rentra à fVrcueil et, pendant trois mois, il s'absorba dans ses études évangéliques et vécut comme un prisonnier, renonçant à tout exercice corporel et à toute distraction, se couchant tard pour étudier, se levant tôt pour étudier encore, et terminant son volume, en dépit de tous ses autres soucis, dans les premiers jours de janvier, sans se douter qu'il s'était épuisé. — L'ouvrage imprimé seulement après la
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mort du P. Didon avait trois parties : I. — Jés2is, dans son Evangile; II. — Jésus et son œuvre; m. — Jésus et son (pMvre dans r Apocalypse. — Les plus belles pages y sont consacrées à saint Paul. Voici le portrait qu'il nous trace du grand Apôtre : « L'envahissement du monde païen par (( la foi, œuvre colossale, demandait un homme « d'action : Paul Tétait dans toute Fénergie du « mot. Sous la garde de l'Esprit de Dieu, il avait (( des choses une vue très nette et très pratique, (( le tact très affiné des situations, des milieux et f( des hommes, la volonté inflexible, les résolu- « fions immuables, la patience et l'endurance a héroïque aussi bien que l'audace et l'initiative, « le courage d'affronter le péril et la prudence de a le déjouer. Tacticien consommé, il savait choi- '( sir son terrain d'action pour engager la lutte, « et, organisateur puissant, il excellait à utiliser '( la victoire et à conserver sa conquête. Ouvrier « de l'esprit, sa grande arme devaitêtrela parole, « et, malgré son dédain pour l'art de persuader, << il était doué du génie de l'éloquence. Parmi les « orateurs profanes et sacrés dont la parole a « remué et parfois transformé le monde, on lui (( trouvera des pairs peut-être, mais non pas un (( rival plus grand que lui. Sa pensée originale « et très forte crée le mot. Son âme ardente et " impétueuse jaillit avec la fougue d'un torrent, « ou bien s'écoule comme une lave, comme une
« rivière de feu, et la lave ne se refroidit plus, (( elle reste brûlante. Très expansifet très tendre, « malgré la turbulence de sa force, il a des accents (( d'une douleur poignante, on dirait la plainte (( du lion blessé. Intransigeant dans sa foi divine, « il sait la témoigner avec une énergie qui brise (( toute résistance, et une clarté qui éblouit. Cette (( éloquence, Paul l'appelait le glaive de l'esprit. (( En mettant dans sa main le glaive comme un (( symbole, l'Eglise a voulu honorer dans le grand (( apôtre Ja parole la plus géniale que le Christ (( ait mise sur les lèvres de son élu, et le soldat « le plus victorieux qu'il ait envoyé pour livrer « ses combats ^ »
Ce premier volume terminé en janvier, le P. Didon dut préparer un sermon de charité qu'on lui avait demandé à Lyon. Il le prêcha au mois de février, dans l'église Saint-Bonaventure, devant unefoulecompacte et recueillie, et revint à Arcueil faire ses préparatifs de voyage pour Rome. Il voulait voir le Maître général et le pape, avant de se mettre à la composition de son second volume. Nous le vîmes partir à regret, bien que nous fussions loin de soupçonner le coup de foudre qui devait le terrasser en route. On lui ht promettre de rentrer le plus tôt possible. Jean, son fidèle serviteur, lui demanda à quelle époque on le