AYANT-PROPOS
plaire complet, et qu’il est même fort difficile de s’en procurer des numéros séparés.
Les numéros 52, 76 et 103 manquent à M. le comte de la Bédoyère, qui possède la plus riche bibliothèque en ouvrages de l’époque révolutionnaire.
Le journal le Père Duchesne est fort curieux, même avec son style des mauvais lieux. On y trouve presque constamment ce système qui a pour but d'imputer au parti contraire les crises ou les guerres civiles que l'on prépare soi-même, en excitant les classes inférieures, et en attribuant à ses adversaires les projets que l’on médite, sauf à les revendiquer en cas de succès.
Ïl était fort dangereux d’être signalé dans le journal d'Hébert comme ennemi de la république; on était presque certain de monter à l'échafaud.
Hébert poursuivit avec un horrible acharnement le jugement et le supplice du roi Louis XVI, de la Reine, et des Girondins. On trouve contre eux, dans son journal, les plus
AYANT-PROPOS. 5 grossières injures. Îl aecusa de trahison Pétion, Bailly, les généraux Dumouriez, Lafayette, Custines, et tant d’autres, et eut le privilége de soulever la populace toutes les fois qu’il le jugca nécessaire à ses projets.
"A l'époque où ce journal était dans sa période de violence, Hébert y demandait, presque dans chaque numéro, le supplice de ceux qu'il appelait les conspirateurs, les aristocrates , les agents de Pitt et de Cobourg, les crapauds du Marais, par opposition aux membres de la Montagne. Ses locutions les plus ordinaires pour désigner le supplice même étaient : jouer à la main chaude, mettre la tête à la fenêtre, faire la bascule, essayer la cravate à Capet, éternuer dans le sac, cracher dans le sac, demander l'heure au vasistas, raccourair. Il appelait l'instrument du supplice la sainte guillotine , le rasoir national ; enfin, la char. rette dans laquelle on conduisait les patients était nommée par lui le vis-à-vis de maître
1 Les patients avaient les mains attachées derrière le dos.