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Hébert se croyait, en outre, appuyé dans ses prétentions par le Club des Jacobins. A la veille de l'élection, le 11 août, il y maintenait, comme président, la parole à Robespierre, au milieu d'un tumulte qui énervait visiblement l'orateur. Celui-ci démontrait que la trahison de Dumouriez avait fait de tous les généraux autant de complices. Hébert avait ajouté, pendant que Robespierre se reposait, que, lors de la dénonciation de Dumouriez aux Jacobins, des € poignards avaient été tirés et que le traître a peut-être encore aujourd'hui des amis dans l'assemblée. On soutiendra son digne émule (toujours Custine) par les mêmes moyens ; mais ils n'intimideront pas les patriotes
Hébert, qui dénonçait les généraux à la douzaine, s'y croyait d'autant mieux autorisé qu'il avait, à l'instar des révolutionnaires de tous temps et de tous pays, des plans merveilleux pour anéantir les ennemis du dedans et du dehors. Le Père Duchesne, déjà stratège émérite en 1791, (le Miel de Narbonne n'avait eu qu'à bien se tenir) avait senti se développer ses aptitudes militaires, avec la gravité du péril. C'était un tacticien de l'école des Santerre, des Rossignol, des Léchelle, ces chefs improvisés à qui les Vendéens taillèrent de si rudes croupières ; et ses conceptions ne différaient guère de celles du général Boum que parce que l'odieux l'y disputait au grotesque. Un jour, il imaginait une bande « commandée par un brave b... comme Santerre » qui «amènerait l'ennemi en plaine et en ferait une dernière déconfiture '. » Le lendemain, le Père Duchesne annonçait ces < grands préparatifs », pour « faire marcher en masse tous les républicains contre les esclaves des despotes », après avoir mis à la gueule des canons « les courtauds de boutiques, les petits clériaux et tous les f outriquets à culottes serrées et habita carrés 3 ».
Cette confiance dans l'irrésistible choc du patriotisme populaire, alors que «la Convention s'endormait si souvent »,