Db Bbauchbsxr. Louis XV//, t. II, p
« Je t'en prie de ne pas manquer à ma demande pour te voir; cela presse.
< Ton ami pour la vie 4. »
En dépit de ces allées et venues, de ces colloques, de ces correspondances qui trahissent, sous leurs allures mystérieuses, Timpatience fébrile de politiciens méditant un grand coup, l'instruction du procès de la reine n'avançait pas. Hébert, qui en escomptait le dénouement, imagina un singulier moyen pour rappeler, le 2 octobre, aux Jacobins, qu'on faisait trop attendre au peuple un spectacle depuis si longtemps promis par le Père Duchesne.
— Pourquoi, disait-il, ce voile noir sur la figure des condamnés conduits au supplice? C'est un subterfuge pour dérober à la mort Brissot et Marie-Antoinette. Lors du jugement, on leur substituera des gens qui leur ressemblent. On veut faire évader la veuve Capet. Ne vaudrait-il pas mieux la reconduire au Temple * ?
Hébert savait bien que là nulle puissance humaine ne serait capable de lui arracher sa proie.
Aussi reprenait-il la même thèse daus le Père Duchesne, faisant éclater sa « grande colère >, parce qu'on voulait « sauver la louve autrichienne et l'infâme Brissot ». Et ce terrible démolisseur de l'ancien régime qui prétendait « n'avoir pas plus de fiel qu'un pigeon 5 » souhaitait « qu'on rétablit les gibets et la question pour des monstres ! » Le procès, gronde-t-il, va s'éterniser avant l'arrivée des témoins : on voudrait voir les prisons forcées et les massacres recommencer, afm d'ouvrir la porte de derrière à la veuve Capet qui n'a pas été transférée « à la Conciergerie pour des prunes». Et rééditant de grossiers mensonges dont le point de départ présentait un semblant de vérité :« Souvenez-vous que c'est Manuel et Petion qui ont fait faire le hachis de septembre, pour sauver Montmorin, Delessart, Thierry qui avaient gras-
1. Dabban. La Démagogie en 179S. — D' Caban*». Cabinet secret de l'histoire, t. IV.