‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 145 sur 165 · A finales de U République frart*i$e, n · texte numérisé non relu

A finales de U République frart*i$e, n

voler aussitôt, pour sommer le Comité de Sûreté générale de rapporter, dans les trois jours, une affaire que cette émanation de l'Assemblée Nationale semblait traiter avec une superbe indifférence. Vadier n'admet pas que le Comité auquel il appartient soit en butte à des soupçons outrageants.

— Qu'on nous remplace, demande-t-il.

Mais Danton, incertain comme l'était Robespierre ,et craignant sans doute que son amitié pour Camille fasse douter de son impartialité, obtient le renvoi pur et simple de la dénonciation au Comité de Sûreté générale.

Ses partisans et ses amis étaient moins timorés. Aux Jacobins, dans la séance du 6 pluviôse (25 janvier) *, Legendre, appelé à l'interminable cérémonie de l'épuration , avait défié le Père Duchesne, qui l'avait traité de contre-révolutionnaire, de prouver ses imputations. La Société avait chaleureusement applaudi la protestation de l'ancien boucher, que la brutalité de ses allures et de son langage avait rendu très populaire. Sentex, qui l'était beaucoup moins, voulut qu'Hébert vtnt se justifier.

— Si Legendre est coupable, dit-il, il faut qu'il soit puni ; mais si Hébert est un calomniateur, il doit être chassé.

Le substitut de Chaumette était absent. Sentex eut enfin la satisfaction d'être applaudi ; et Legendre fut admis.

Mais celui-ci avait sur le cœur les propos d'Hébert. Et il retrouva, le surlendemain, au club *, son dénonciateur qui, toujours obsédé par sa fièvre de délation, venait de demander pour Paris, où « l'on veut établir la contre-révolution sectionnaire », la diffusion d'instructions jacobines réclamées par Couthon au profit des campagnes.

— Je veux, dit Legendre aux acclamations de tous, une explication d'Hébert. Il m'accuse de malveillance et de bêtise. La bêtise, ça m'est égal, mais la malveillance...

— J'ai dénoncé Legendre, réplique Hébert, sur la plainte de la société d'Yvetot. D'accord avec Delacroix, il aurait vexé les patriotes pour vivre, sur le pied de la familiarité,

Page 1