‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 156 sur 165 · Aulard. La Société des Jacobin*. (Séance du 26 ventôse · texte numérisé non relu

Aulard. La Société des Jacobin*. (Séance du 26 ventôse

2. Schmidt. Tableaux, etc., t. II. (Situation du 28 ventôse.)

sent éloignés d'Hébert, ils n'avaient pu oublier dans quelle communauté d'idées et d'action ils avaient vécu avec lui. Et, lorsque les sections ou les municipalités voisines de Paris venaient, suivant les rites, défiler à la barre de la Convention pour féliciter l'Assemblée d'avoir étouffé dans l'œuf l'insurrection, le Conseil général s'était abstenu de toute démarche. Bourdon de l'Oise s'en étonna. Et, sur sa motion, un décret enjoignait aux deux Comités, qui étaient d'accord sur ce terrain avec le fougueux dantoniste, d'épurer, sans délai, la municipalité parisienne. Chaume tte était arrêté dans la nuit. Et, le lendemain, les nouveaux magistrats, précédés de Pache, qui devait bientôt être remplacé, et accompagnés des membres de la Commune maintenus dans leurs fonctions, se présentaient à la Convention pour les complimenter. Le président, manifestant son étonnement d'un tel retard, Danton, à la surprise de ses amis, plaida la cause de la Commune, lui que menaçait déjà le sort réservé aux Hébertistes ; et bientôt la querelle s'apaisa dans l'accolade fraternelle que se donnèrent les deux interlocuteurs.

Une tout autre scène s'était passée la veille, aux Jacobins, et avait marqué la défaite irrémédiable des derniers partisans d'Hébert, les Cor délie rs. Ceux-ci avaient envoyé à leurs «frères * une députation qui en fut très mal reçue. Legendre lui reprocha le propos d'un de leurs membres qui s'était exprimé en ces termes sur le compte des accusés : « Il ne sont pas coupables, ils ne sont que prévenus. Ils sortiront radieux du tribunal révolutionnaire.» Dufourny fut plus dur encore : « Deux baisers, dit-il, ont été donnés entre les Cordoliers et les Jacobins; au troisième, nous devions être poignardés.» Cependant, ce même Dufourny, au commencement de la séance, avait subi un échec, du fait de Robespierre. Le méfiant conventionnel s'inquiétait de voir le parti dantoniste reprendre l'offensive sous l'influence quelque peu brouillonne de Bourdon: les vrais patriotes ne pouvaient-ils craindre d'être englobés à leur tour dans le complot de la tourbe hébertiste ? Aussi, quand Dufourny vint demander pour les Jacobins un «tachygraphe », qui prendrait les débats du procès prêt à s'ouvrir, Robespierre lui opposa-t-il la ques-

tion préalable. Couthoa donna cette explication d'an tel refus : les accusés voudront se rendre intéressants en diff amant les patriotes les plus purs ; songez à la € tache universelle » que pourrait € imprimer à ceux-ci un journaliste mal choisi ' ».

Et cette préoccupation anxieuse du lendemain, à laquelle contribuait l'inévitable perspective du couperet de la guillotine, tracassait si obstinément le maître du jour, que le 1" germinal (21 mars), à l'heure où les Hébertistes compa* raissaient devant le tribunal révolutionnaire, Robespierre ouvrait ainsi son cœur à ses féaux Jacobins.

— € Voilà quelle est la situation de la République : elle est placée entre les muscadins, les aristocrates et la faction dont Hébert et ses complices peuvent vous donner une idée. Les muscadins ne veulent pas la punition des traîtres, eux qui sont patriotes à la manière de Proly (un des accusés) attaquant les aristocrates ; mais ils veulent perdre avec eux les patriotes pour régner sur leur ruine totale. Et les patriotes sont à la veille d'en être les victimes, si nous ne déployons une énergie capable de /frayer et de terrasser nos ennemis. »

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