‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 163 sur 165 · Gazette française, n · texte numérisé non relu

Gazette française, n

A quelques jours de là, Françoise Goupil, la femme d'Hébert, qui avait été arrêtée avec « plus de six mille francs de dentelles sur la tête 4 », était conduite, en même temps que Lucile Desmoulins, au tribunal révolutionnaire. Toutes deux furent condamnées à mort,comme complices de leurs maris1. En vain, la « Jacqueline » se déclara- t-elle enceinte de trois mois : le 24 germinal an II, la veuve Priou, sage-femme, les officiers de santé Bavard et Théry, contredirent cette assertion. Lucile, trop heureuse de rejoindre son cher Camille, ne voulut pas disputer sa tête à l'échafaud. Et les deux veuves de ces deux hommes, qu'avait fauchés la guillotine au milieu de leur lutte implacable, périrent, le même jour, sans s'être maudites, Tune dans la plus noire tristesse, l'autre dans l'extase de l'amour.

Ici encore, l'historien, si souvent déconcerté par une documentation que l'animosité réciproque des contemporains rend incertaine, se trouve en présence de deux versions contradictoires. Sur la charrette, dit la première, « Françoise jasait avec Lucile d'un air indifférent ». D'après la seconde \elle était c mourante en arrivant à l'échafaud » ; et elle dut y être portée, comme son mari peu de jours auparavant.

La fille d'Hébert, « la petite bonne amie » du savetier Simon, fut recueillie par un de ses oncles maternels. En l'an III, elle eut pour tuteur Marquet 4, cet imprimeur de la rue Vaugirard, que des contemporains présentaient comme « associé littéraire » et même teinturier du Père Duchesne. Devenue sous-maîtresse de pension, elle vécut obscurément et se maria avec un pasteur protestant, aux environs de Châteaudun. Elle mourut,sans postérité, à Paris, le 11 juillet 1830'.

Ainsi finit la descendance d'Hébert. Celle du Père Duchesne lui a malheureusement survécu et n'est pas près de s'éteindre.

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