‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 33 sur 165 · Prudhom mb . Crimes, etc. T. IV, p · texte numérisé non relu

Prudhom mb . Crimes, etc. T. IV, p

1. Buchbz et Roux. Histoire parlemenUirei etc. T. XVI, pp. 399 et iuIt.

Commune, appelée depuis Commune insurrectionnelle, s'efforçait d'en justifier la nécessité dans cette proclamation aux Parisiens :

€ Citoyens, le peuple, placé entre la mort et l'esclavage, vient de prévenir la ruine de la patrie, en reprenant une seconde fois ses droits. Le souverain a parlé ; des magistrats nommés par la majorité des sections viennent de prendre séance à la Maison Commune. Cette mesure, nécessitée par les circonstances, va rompre tous les fils de l'intrigue. Elle va porter la lumière sur cette chaîne de trahisons qui a mis la liberté dans un péril si imminent. Le peuple, cette fois-ci, ne se sera pas levé en vain. Des magistrats, pleins de zèle, vont seconder ses efforts. Ils ont lié leurs opérations à celles des anciens magistrats les plus dignes de la confiance publique. Pétion est toujours chef de la Commune ; et Manuel et Danton sont à leur poste.

« Citoyens, Mandat est maintenant dans les fers, et la loi va le punir de ses trahisons. Santerre est votre commandant général.

« Signé : Huguenin, président, Léonard Bourdon et Martin, secrétaires. »

On ne pouvait annoncer avec moins d'artifice que cette usurpation de pouvoirs avait été tout au moins consentie, sinon préparée, par certains membres de l'ancienne Commune.

Et, de fait, Pétion devait dire dans ses Pièces intéressantes pour l9 histoire (1793) :

« Je désirais l'insurrection, mais je tremblais qu'elle ne réussit pas. Ma position était critique, il fallait faire mon devoir de citoyen, sans manquer à celui de magistrat. Il fallait conserver tous les dehors et ne pas m 'écarter des formes. Quoiqu'on eût projeté de me consigner chez moi, on oubliait, on tardait de le faire. Qui croyez-vous qui envoya par plusieurs fois presser l'exécution de cette mesure ? C'est moi, oui, c'est moi. »

La Commune insurrectionnelle se substitue à la Commune légale dansla mission de celle-ci auprès de l'Assemblée Législative.— Elle dicte ses volontés à un pouvoir débile. — Elle opprime la population parisienne, ferme les barrières, perquisitionne chez les citoyens, opère des saisies ot remplit les prisons. — Elle réclame l'incarcération du roi déchu au Temple.— Joie débordante du Père Ouchesne. — Attentats à la liberté de la presse.

Dans la nuit du 9 au 10 août, l'Assemblée Législative, en permanence, s'était vainement efforcée à calmer l'effervescence de la rue. Sur le signal d'une section du faubourg Saint- Antoine, signal que les conjurés attendaient d'abord des commissaires, devenus maîtres de l'Hôtel de Ville, les cloches avaient sonné le tocsin et les tambours battu la générale. La Commune légale, restée en contact avec l'Assemblée Législative, lui signalait, parallèlement à d'autres émissaires, les progrès toujours plus menaçants de l'insurrection. Enfin, elle lui fit annoncer « que son autorité était méconnue ; qu'il venait de se former une nouvelle municipalité composée des commissaires de la majorité des sections de Paris, qui arrête de suspendre provisoirement de ses fonctions le Conseil général et que, cependant, le maire, le procureur de la Commune et les seize administrateurs continueraient leurs fonctions administratives 1 ».

A sept heures du matin, au moment où Vergniaud occupait le fauteuil de la présidence, deux officiers municipaux et un substitut du procureur de la Commune confirmaient l'exactitude de ces désastreuses nouvelles. Et Rœderer *, le

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