‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 43 sur 165 · Feuille de P*rit, n# 72. Lundi 29 octobre · texte numérisé non relu

Feuille de P*rit, n# 72. Lundi 29 octobre

C'est extraordinaire le nombre de commissions — encore nn mal dont souflrela France politique — qui se constituèrent alors pour ne jamais aboutir.

Le lendemain, à la Convention », une discussion des plus vives mettait en relief le régime anarchique qui régnait à r Hôtel de Ville. Il s'agissait d'un état de comptes fort embrouillé, dans lequel un certain nombre de commissaires de la Commune réclamaient six millions, alors que les remboursements comportaient seulement 2.500.000 livres.

Et le noble Kersaint s'écriait : « Il faut casser ce corps des représentants de la Commune, qui semble lutter avec le Corps légal ; que le ministre de l'Intérieur rende compte de l'état de Paris et dénonce les rebelles à la loi. »

Camus, appuyant la motion de son collègue, voulait que € le directoire du département de Paris » fût rétabli et que le Conseil général ne pût entrer en communication directe avec la Convention.

Tallien, député et défenseur naturel de Paris, entendit mettre en garde l'Assemblée contre « le Corps municipal » qui ne comprenait qu'un nombre infime de «bons citoyens», et qu'il ne fallait pas confondre avec la Commune.

Hébert se présenta à la barre, au nom du Conseil général pour rétablir la vérité des faits dénaturés. La Commune de Paris, dit-il, n'eût pas « été exposée à de tels froissements entre les divers partis », si l'agent de la ville, Bidermann, chargé de la caisse de secours, avait apporté à la Convention les comptes qu'il a remis à l'Hôtel de Ville. Les quatre-vingt-seize commissaires, préposés aux subsistances et signalés par Kersaint, sont en effet nommés, tous les matins, par les sections de Paris ; mais ils ne sont considérés que comme < un Comité d'indication » et non comme « une autorité constituée. Voilà cependant comme on invente à plaisir pour avilir la Commune, toujours sur la brèche contre les factieux. Les hommes qui entretiennent ainsi la

1, Bucnz et Roux. Histoire parlement* ire, t. XIX. — Moniteur, 11792, n* 302.

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