Mémoire* de Jf- RoUnd (18Jl),t. II, p
Marceau, reçut le surnom à! Agate delà malignité publique, qui prétendait, à tort ou à raison, que ce commissaire de la municipalité avait subtilisé, au cours d'une perquisition,
une pierre d'agate.
Le 11 octobre, la discussion reprit, à la Convention, sur la recherche de ces responsabilités; et Ton arrêta les termes des déclarations qu'avait à faire tout citoyen qui avait effectué des dépôts entre les mains de la municipalité de Paris.
La situation se tendait chaque jour davantage entre la majorité de l'Assemblée et le Conseil général. Les amis et les partisans du pouvoir insurrectionnel l'appuyaient de leurs démonstrations les plus vigoureuses. Brissot était rayé du club des Jacobins; et Danton y remplaçait, comme président, Pétion.
La polémique des journaux n'était pas moins enflammée. Nous avons vu à quel diapason était montée celle de Marat. Le journal de Prudhomme,les Révolutions de Parts, qui avait une certaine autorité et qui ne comptait pas cependant parmi les révolutionnaires les plus avancés, prenait presque fait et cause pour la Commune. Il relevait les sentiments d'hostib'té de la Convention contre les membres du Conseil général. Ces commissaires, disait Prudhomme, étaient nécessaires pour la journée du 10 août; « de plus sages et de plus instruits eussent été plus timides ». Et le journaliste en arrivait à plaider les circonstances atténuantes pour ces massacres de Septembre, qu'il devait maudire quelques années plus tard, ainsi que les commissaires de la Commune. D'autre part, il blâmait Brissot de réclamer une garde particulière pour la représentation nationale, et ses conclusions ne laissaient pas d'être topiques. La Convention ne devait-elle pas l'existence à ces hommes du 10 août qu'elle traitait de factieux?
La guerre des placards continuait : tradition révolutionnaire qui ne s'est, hélas ! que trop maintenue. Une affiche, signée parla députationdesBouches-du-Rhôneet reproduite par le Patriote français du 12 octobre, énumérait ses griefs contre Marat et la Commune de Paris qu'elle confondait dans le même réquisitoire. Elle leur reprochait d'avoir envoyé des
commissaires porter des ordres aux autres Communes et aux généraux, de vouloir se perpétuer dans des fonctions usurpatrices et de n'avoir pas encore rendu compte des soustractions commises au préjudice de l'État, des églises et des particuliers.
Pour toute réponse, Marat déclarait qu'il avait l'œil sur « la clique de Brissot » et traitait Barbaroux de « bon jeune homme » *.
Cependant, après l'intervention de Lanjuinais * qui exigeait des sections parisiennes l'obéissance à la loi et l'obligation pour leurs présidents et secrétaires de remettre leurs registres au comité de surveillance de l'Assemblée, Momoro et Pieyre avaient été mandés à la barre de la Convention. Ils durent se soumettre. Ils protestèrent de leur respect pour la loi, affirmèrent qu'ils n'avaient pas prétendu s'y sous* traire ; et l'Assemblée, après « les avoir admis aux honneurs de la séance », passa à l'ordre du jour.
La querelle, un instant assoupie, se réveilla plus ardente vers la fin d'octobre. Elle s'aggravait d'un conflit, toujours à l'état aigu, entre un des organes administratifs de Paris, < le Corps municipal », et la Commune proprement dite.
Un compte rendu de la séance du Conseil général *, à la date du 25 octobre, précise l'état de la question :
« Un membre. — Le Corps municipal a fait à la Convention une adresse outrageante pour le Conseil général. Les officiers municipaux s'y attribuent l'honneur de la journée du 10 août et nous laissent celui du 2 septembre. Je demande qu'on délibère sur les moyens de faire connaître la vérité au peuple en lui dévoilant la conduite qu'a tenue le Corps municipal à cette époque.
< Le Conseil nomme douze commissaires qui sont chargés de rechercher tous les matériaux qui peuvent faire connaître les faits qui se sont passés depuis le 10 août pour les faire connaître par la voie de l'impression. »