Pitml. L'Ob»erv»teur (numéro du 11 février
Il écrivit donc le Petit Carême de l'abbé Maury, qu'il devait préfacer, quelques mois plus tard, d'une Vie du célèbre prédicateur. Le nouveau pamphlet, gardant une certaine modération d'allure, prêtait à Maury un langage sacerdotal, où des citations de l'Écriture Sainte faisaient de l'orateur sacré un personnage tout différent du tribun parlementaire. Un passage de cet opuscule mérite d'appeler l'attention par l'amertume de son pessimisme : il semble sorti de la plume d'un libertaire: <c S'isoler au milieu du monde, renoncer aux douceurs de la Société,vivre dans une privation absolue, tel est le sort du pauvre. Les désirs qui sont eux-mêmes des jouissances, se changent en regrets pour lui; la terre n'offre rien qui puisse être à lui ; à peine arrache-t-il un pain noir qui prolongo sa vie et ses maux. Ses jours sont ténébreux, ses nuits sont affreuses ; la mort est le seul bien qu'il ait le droit d'espérer *. >
Hébert, dans sa polémique avec Camille Desmoulins, revendique cette œuvre comme sienne. Il avoue à moitié la paternité d'un autre pamphlet, non moins modéré, le Chien et le Chat1, sorte de journal en prose et en vers, dont la marche à bâtons rompus rappelle la manière des Actes des Apôtres et que son rédacteur publie en avril 1790. Le premier numéro, qui met en présence le comte de Mirabeau et son frère, le vicomte, fougueux et spirituel monarchiste, témoigne chez son auteur d'une certaine hésitation. Hébert y traite si cavalièrement l'illustre tribun qu'on se demande s'il n'est pas de cœur avec le polémiste que son inextinguible soif et son obésité avaient fait surnommer Mirabeau-Tonneau. Dans le Chien et le Chat, le comte est allé rendre visite à son frère qu'un duel malheureux retient au logis. Tous deux s'entre-pointent suivantleur habitude. Mirabeau blâme le vicomte de ses emportements,et celui-ci lui répond sans s'émouvoir :