Gohbt. Mon témoignage
Toulan n'était pas populaire : sa réflexion souleva des murmures ; aussi Hébert répliqua-t-il sur le mode solennel :
— Néron, qui ressemblait tant à Louis XVI, s'est donné la mort.
La séance se prolongea jusqu'au soir, aussi agitée, aussi bruyante. Enfin, le parti de la suspicion à outrance l'emporta. L'Assemblée décida qu'à l'instar des «prisonniers réputés criminels ;>, les détenus du Temple seraient privés « d'instruments tranchants et autres armes offensives ou défensives » ; que les personnes attachées à leur service en seraient également privées et devraient déguster les mets destinés aux prisonniers, que les commissaires seraient tenus d'examiner tout ce qui entrerait ou se passerait à la Tour et d'en rendre compte, chaque jour, par écrit à la Commune. Les gens de service coucheraient au dehors. «Il fut arrêté, en outre, sur la proposition d'Hébert, que les commissaires nommés au service du Temple, passeraient l'examen civique avant de se rendre au poste important qui leur est confié *. »
Ces mesures de précaution, adéquates aux doctrines mêmes du Jacobinisme, s'expliquent par le sentiment qu'avaient leurs auteurs de concours acquis à la cause des prisonniers du Temple. Si des énergu mènes venaient vociférer des cris de mort aux portes de la Tour, des fidèles, silencieux, s'efforçaient de pénétrer dans la place pour apporter à la famille royale l'espoir d'une délivrance prochaine. Que de dévouements, absolument désintéressés, ou chèrement achetés, se dépensèrent sans succès à cette tâche 1 Certains furent signalés par les farouches gardiens de victimes réservées au « glaive de la loi ». Mais combien restèrent inconnus, que la prudence révolutionnaire condamna à l'oubli ou ne désigna qu'en termes des plus vagues, pour laisser ignorer à l'opinion publique le courant de sympathie qui montait jusqu'au Temple I Et l'on se demande, quand on a sous les yeux le compte rendu de la séance du Conseil général, le 7 décembre, si le sapeur Rocher, cette brute à l'aspect