Db Braucocrt. Captivité, etc. T. II, p
dénoncer à la section du Panthéon Goret et autres bons b..., parce qu'ils avaient soupé au Temple avec des membres de la Commune en criant : « Vive la Nation 1 »
Hébert ne se doutait guère que, trente ans plus tard, son excellent ami Goret devait écrire de lui : « Je vis bien que le parti Marat avait pénétré au Conseil général. Les Chaumette, les Hébert en étaient devenus alors comme les meneurs : le maire de Paris, Pétion, qui y présidait quelquefois, restait muet 4... »
Quoi qu'il en soit, dans la séance du 6 décembre, Hébert profita de l'occasion qui s'offrait à lui si opportunément,pour s'expliquer sur les « prétendues dilapidations » reprochées à la Commune et sur l'arrêté mis en discussion.
«J'appuie, dit-il, plusieurs des mesures qui vous ont été proposées par les commissaires de la section des Tuileries ; mais il en est aussi qui me paraissent inutiles. Telles sont celles relatives à la table qui a été déjà rédimée et celle tendant à faire coucher deux commissaires dans la chambre du ci-devant roi, parce qu'en tenant le crochet qui sert aux deux battants de la porte, il n'y a rien à craindre pour eux. Je suis, au reste, très fort d'avis qu'on ôte aux prisonniers tout instrument tranchant, toute arme offensive et défensive ; car cet homme-là pourrait bien, par vengeance, forger, dans l'intention d'exciter la commisération du peuple, d'exciter quelque sédition et peut-être de faire reporter son fils sur le trône. Je ne dis cela que parce que toutes ces chimères peuvent fort bien entrer dans une téte royale.»
Un autre conseiller vint encore renchérir sur la méfiance coutumière de son collègue. Il demanda « qu'on leur enlevât tous couteaux, fourchettes et ustensiles de table. Le couteau de Ma rie- Antoinette, composé de deux lames, dont Tune d'or et l'autre d'argent, n'a pas été oublié. »
Toulan intervint à son tour. Sans doute, dit-il, la proposition d'Hébert est « très prudente, mais je prie le Conseil général de se rappeler que celui qui a été criminel une fois, est presque toujours lâche le reste de sa vie. »