Souvenirs de Desgenette
174 LE PÈRE DUCHESNB
l'indignait chez autrui, traitait maintenant de lâche le condamné qu'il avait jadis estimé trop courageux pour les besoins de sa cause ! Cette contradiction ne saurait s'expliquer que par un calcul politique. Flétrir la mémoire de Louis XVI, c'était honorer encore celle de Le Pelletier Saint-Fargeau.
Us parades des deux compères Hébert et Chaumctto. — Incinération de drapeaux réactionnaires. — La chaste Suzanne et la marchande de cire d'Espagne. — Sus aux accapareurs ! — Guerre aux estampes et aux journaux contre-révolutionnaires. — Phobies démagogiques. — Us chantent! — A propos de.. . bottes.
Investi de fonctions qui lui permettaient d'imposer, sinon ses idées, du moins sa parole, dans une assemblée aspirant au pouvoir suprême, Hébert ne dissimula plus ses prétentions à tout régenter et tout réglementer, malgré l'opposition de citoyens ou de sections qu'exaspérait une telle tyrannie.
Les comptes rendus des séances du Conseil général, publiés dans les Bulletins de la Commune et par divers journaux, qui d'ailleurs ne se contredisent pas, laissent line impression assez exacte des procédés arbitraires et des exigences intolérables de ce touche-à-tout, grotesque, s'il n'eût été sinistre.
En bons compères qui entendaient, l'heure voulue, substituer aux institutions encore existantes leur idéal d'absolutisme politique, religieux et social, Hébert et Ghaumette se donnaient volontiers la réplique pour enlever plus facilement les votes nécessaires à la réalisation future de leurs conceptions gouvernementales. Le 4 janvier 1793, l'avantveille du jour où leur demande d'affiliation au club des Jacobins déposée sur le bureau du président, et acclamée par tonte la salle, témoignait de l'empressement des Cordeliers à fournir cette preuve éclatante de leur « brûlant civisme »,