‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 86 sur 165 · Annales de l* République fr&nç&ise, n« du 31 mai · texte numérisé non relu

Annales de l* République fr&nç&ise, n« du 31 mai

Hébert aux Jacobins. — Indécision des partis. — Inaction du Comité des Douze. — Investiture d'une nouvelle Commune par le club de l'Évêché.— Encore la comédie du désaveu. — Défilé de députations réclamant la mise en accusation des Girondins. — L* € insurrection morale > de Lullier.

— Conclusions de Robespierre. — Les troupes de la Commune entrent en scène. — Optimisme de Barère. — Formation du Comité révolutionnaire.

— Marat lancj la Commune contre la Convention. - Le J juin. — Unjuinais et Legendre. — La Convention bloquée par les bandes d'Hanriot.

— Indignation de Barère. — « Canonniers, à vos pièces 1» — Capitulation du Comité de Salut public. — La liste de proscription. — Résignation des Girondins. — M-" Roland à l'Abbaye.

L'agonie où se traîna la Gironde du 31 mai au 2 juin est trop connue, elle a trouvé des historiens trop autorisés pour que nous cherchions à en retracer une fois de plus le lamentable tableau. Mais, d'autre part, Hébert et la Commune jouèrent un rôle de telle importance dans cette tragédie, qu'on ne saurait en omettre les scènes où s'affirma l'influence décisive de ces deux protagonistes.

Le rétablissement du Comité des Douze, même après la rentrée triomphale d'Hébert, n'avait pas laissé que d'inquiéter la Commune. En dépit d'un intermède dans lequel Cubière avait publiquement dialogué avec Marino sur le mode plaisant, l'administrateur de police avait exprimé la crainte d'être « encore enlevé avec Hébert > ; et le secrétaire du Couseil général s'était efforcé de le rassurer*. Aux Jacobins, dans cette même soirée du 29, les esprits n'étaient pas moins perplexes. Hébert était venu y savourer la douceur

I.Schmidt. Tableaux de U Révolution française, 1. 1 (Rapp.de Dutard du 29 mai).

d'une popularité toujours croissante. Il avait raconté une fois de plus les amertumes de sa captivité et les péripéties de son interrogatoire par le Comité des Douze : « On me reprocha d'avoir prêché le meurtre, parce que j'avais dit que s'il y avait eu en France 300.000 fripons de moins, les choses iraient beaucoup mieux. Je leur répondis que c'était mon opinion et qu'on serait obligé d'en exterminer plus de 300.000 pour sauver la chose publique *. » Mais Legendre eût voulu qu'on procédât par les voies légales, et on le traitait d' « endormeur » ! Mais Robespierre, l'oracle du temple, était lui-même préoccupé, indécis ; il en appelait à l'initiative de la Commune.

Or, nous l'avons dit, la Commune était hésitante, elle aussi ; et ce qui contribuait encore à son incertitude, c'était l'effervescence, plus intense peut-être qu'elle ne l'eût désirée, du club de l'Évêché, ce foyer perpétuel de sédition, dont les agissements qu'elle désavouait, après les avoir tolérés, l'avaient toujours si bien servie.

Cette organisation révolutionnaire avait revu et fêté son agitateur habituel, Varlet ; et sous son impulsion, sous la poussée d'autres professionnels de l'émeute, tous de nationalités étrangères, stimulée enfin par Marat, elle se préparait à l'action. Pourvue d'un nouveau vocable, celui de Club central, elle comptait dans ses rangs des commissaires de diverses sections; et, le soir du 29 mai, elle avait délégué, à ce titre, deux députations composées d'hommes et de femmes, l'une à la Convention pour lui demander raison du propos dlsnard, l'autre à la Commune pour lui réclamer la nomination d'un commandant général.

Garât, toujours très remuant sans jamais avancer d'un pas, avait, de sa propre autorité, puis, sur l'injonction du Comité de Salut public, demandé à Pache des renseignements, qui trahissaient la peur, sur l'esprit de ce Club central. Pache, d'ordinaire optimiste, ne dissimula pas au ministre ses inquiétudes. Il avait assisté, le 30, avec six commissaires nommés par le Conseil général, à la séance de la

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