‹ Le Père Duchesne. Hébert et la commune de ParisChapitre 98 sur 165 · Dbsgbnbttbs. Mémoires · texte numérisé non relu

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qui, à la sortie de l'audience où la peine capitale fut prononcée contre les députés Girondins, se poignarda pour ne pas monter sur l'échafaud. Il avait joué un grand rôle depuis son entrée à la Convention. Nommé rapporteur dans le procès de Louis XVI, il avait voté pour l'appel au peuple. La Commune et les Jacobins ne lui pardonnèrent pas d'exiger une sanction que repoussait l'intransigeance de leur despotisme. Et leur malveillance devint de la haine furieuse, quand Valazé mena la campagne que nous savons contre Marat et Robespierre.

Hébert en donna l'exacte mesure, le jour où, déposant comme témoin dans le procès de la Gironde, il accusait Valazé d'avoir voulu « fédéraliscr»le département de l'Orne. Il rappelait précisément son entretien avec le neveu du proscrit, entretien où il fait jouer à ce «jeune homme de la pins grande espérance > un rôle un peu différent de celui que s'attribue Desgenettes dans ses Mémoires. En effet, d'après la version d'Hébert, c'est le neveu qui aborde ce délicat sujet, en interrogeant sur son oncle le substitut de la Commune. « Pour toute réponse, déclare celui-ci, je lui fis Jire les journaux. » Et Desgenettes de répliquer, toujours suivant le témoin : « Je regrette bien ces liaisons avec Roland ; car javais cru mon oncle un homme probe. » Le ton général de la déposition d'Hébert contre ses ennemis est tellement venimeux que nous accordons plus volontiers créance au récit de Desgenettes.

Ce qui est indiscutable, c'est qu'aux termes mêmes de ces Souvenirs, le simple particulier, chez Hébert, se trouvait débordé, jusque dans son domicile privé, par le flux des affaires publiques et par l'effervescence dos passions politiques, et que l'échéance était prochaine de cette crise suprême, où l'un des deux partis devait infailliblement périr sous les coups redoublés de son adversaire.

Enthousiasme du Père Duchesne pour la Constitution de 1793. — Nouvelles scènes do pillage. — Complicité du Club des Enragés." Diversion du Pin Duchesne contre les grands chefs militaires Custine et Biron. — Saint- Just et la prétendue conspiration de Dillon. — Autre roman imaginé par 1? Père Duchesne. — Mort do Marat. — Comment l'exploitent le publiciste et le substitut de la Commune. — L'assignat de vingt-cinq sous. — Une apothéose qui se perpétue. — Pompe funèbre de Marat.

Voilà, s'écriait le Père Duchesne, dans les derniers jours de juin 1793, « la Convention à lafin découchée d'une bonne Constitution qui va faire cesser la guerre civile et assurer la République... La loi défendra les propriétés des riches et assurera du travail et de la subsistance aux pauvres ; il n'y aura plus de mendiants 1 ».

C'est comme un refrain qui revient à tout propos sur les lèvres du publiciste, depuis la promulgation de cette Constitution de 1793, si chère à la Montagne malgré son empreinte girondine. Et le clubiste ne se montrera pas moins enthousiaste. Aux Cordeliers, le 20 juin, le jour même où parut «le plus bel enfant du monde' », Hébert célèbre « l'ouvrage sublime que n'eussent jamais conçu Platon, Lycurgue, ni Solon 3 ». A la Commune, le 6 juillet, quand les sections se présentent en masse pour donner leur adhésion à la Constitution, c'est un spectacle non moins attendrissant. On apporte sur le bureau présidentiel un tout jeune enfant. Naturellement il reçoit < l'accolade fraternelle ». Mais Hébert, que sa

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