‹ Le pere Gaillard opera comique, en trois actesChapitre 28 sur 71 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

M“' HORSON, FRANCINE.

FRANCINE

M’est avis que la présence des femmes n’est pas nécessaire là.

M mo horson, avec empressement.

Oui, oui^laissons-les et causons.

FRANCINE

Causer! c’est une partie de plaisir qu’une femme ne refuse jamais, et j’ai dans l’idée que ce que nous pourrons nous dire vaudra bien les et cœlera du notaire.

M me horson, hésitant un peu.

Votre mari avait, à ce qu’il parait, toute la confiance de monsieur Mézeray t

FRANCINE, à part.

Elle y vient. {Haut.) Toute?... Oh! non, tant s’en faut!... Monsieur Gaillard n’a pas plus de défense qu’un enfant... Ce qu’on lui dit, il le répète comme un écho, ou le laisse passer comme un crible .. Tenez, on appelle les femmes bavardes, et pourtant, quand il s’agit de secret du cœur, de peines cachées, c’est encore à elles que de préférence on les confie.

M me HORSON.

C’est vous, alors, qui étiez la confidente du défunt?

FRANCINE

Oui, le pauvre cher monsieur me contait ses peccadilles... et il en avait quelques-unes sur la conscience!... Ces hommes !... le meilleur n’en vaut rien... Ce n’est pas que j’aie h me plaindre du mien... Oh! non... bon comme le bon pain; il m’aime, il me chérit, il fait tout ce que je veux... mais il ne faudrait pas lui mettre martel en tête 1... Oh ! alors, il serait féroce... et le vôtre ?

M me HORSON.

Oh! ma chère dame ! despote, emporté, brutal... capable de tout sur le moindre soupçon... heureusement, crédule à l’excès, par amour-propre... et, tout en faisant le tyran, obéissant à ma volonté.

FRANCINE

Les voilà bien !... malgré leurs façons de maîtres, se laissant mener... Il ne faut qu’avoir le fil.

. M me horson, hésitant.

Ce jeune homme que j’ai vu...

FRANCINE, à part.

Ah! ah! {Haut.) Gervais!

M lne horson.

Il s’appelle Gervais?... il demeure avec vous?

FRANCINE

Oui, sans doute. {A part.) Je l’attendais là.

M me HORSON.

Et votre mari, si susceptible... ne pense rien?

FRANCINE

Lui?... il l’aime comme je l’aime, de tout cœur. •»

M me HORSON.

Ah! vraiment!

Francine, lentement et la regardant.

Dame ! nous l’avons élevé ; c’est comme notre enfant... Monsieur de Mézeray nous l’a remis si petit !

m“' horson, vivement.

C’est monsieur de Mézeray !

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