‹ Le pere Gaillard opera comique, en trois actesChapitre 35 sur 71 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

CORBIN

Un procureur dupe d’un aubergiste t Par Cujas et Barthole, c’est piquant !

HORSON,

Il faut que jel’éventre!

cokvin.

Ça ne vous rendra pas la succession t sa femme héritera de lui... et du cousin.

HORSON.

Vous en parlez bien tranquillement, vous qui n’avez pas de dettes !

Au contraire, je perds double ! ma part et la vôtre qui servait à me payer.

HORSON.

Mais qui diable a pu mettre une pareille folie dans la tôte d’un académicien qui ne passait pas pour une bête?

CORBIN

Bah ! ce n’est pas difficile à deviner et je m’attendais presque h ce dénoûment.

HORSON.

Pas possible !

CORBIN

Quoi f en entendant Gaillard nous raconter son histoire de compère, de commère et de filleule, vous n’aviez pas prévu?... horson, gravement.

Rien !

CORBIN

Mais vous avez ri aux éclats !

HORSON.

Oui.

CORBIN

De sa bonhomie, de sa crédulité?

HORSON.

Non... j’ai ri parce que je vous ai vu rire... de confiance.

CORBIN

Ah ! c’est pourtant assez clair ! et tout à fait conforme à U coutume...

De Normandie?

CORBIN

Pe Paris et autres lieux.,, qui dit parrain, dit.,, t

horson:

Bon ! j’y suis ! C’estdonc pour cela que le gouverneur de notre province était mon parrain ? ,

CORBIN

Probablement! mais le brave Gaillard n’en est pas encore où il croit arriver... Je suis procureur, mordieu! j’ai la serre bonne, et je ne lâche pas prise facilement.

HORSON.

Vous espérez.,.

CORBIN

Pas tout à fait; mais je tâcherai de le faire renoncer à la succession.

HORSON.

Corbleu ! je l’y forcerai, moi, le pistolet au poing.

Fi donc ! de belles affaires que vous nous mettriez sur les bras ! une rubrique de chicane vaut mieux quo votre épée et vos pistolets... ou bien... Voyons donc... voyons un peu ; le testament est bien en règle... pour l’attaquer, il faudrait prouver ce que nous supposons... Comment? voilà la difficulté.

HORSON.

Voilà la difficulté 1

CORBIN

Si l’on pouvait adroitement faire jaser la femme.

Francine, parlant au dehors.

Allons! vivement! rangez les tables, placez les bancs I

CORBIN

Tenez, tenez, elle vient par ici.

HORSON.

Attendez... je vais lui parler, moi, et ventrebleu !

CORBIN

Doucement! La commère a bec et ongles... il faut dresse... de la ruse... delà finesse... laissez-moi faire.

Mais...

HORSON.

Silence!

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