ACTE II
HORSON.
Il y aurait bien un peu de quoi !
J’en serais fâché; jusqu’ici je ne me suis connu que des amis, et un ennemi me pèserai! sur le cœur, comme une pint8 de mauvais vin... mais non... mais non... ça ne se peut pas... vous ne sauriez m’en vouloir parce que votre cousin m’a laissé, volontairement, une marque de son amitié.
corbin, raillant.
Oui, de son amitié... de son attachement.
HORSON.
De sou attachement.
CORBIN
Pour vous, pour votre femme, pour vos entants.
HORSON.
Pour votre femme, pour vos enfants.
Pour ma femme, pour mes enfants aussi.
CORBIN
Il les aimait tendrement.
Oui.
HORSON.
Il les aimait tendrement.
Oui.
CORBIN
Comme s’ils eussent été à lui.
Je le crois.
HORSON .
Comme s’ils eussent été...
Sans doute I... Eh bien! après?
corbin, riant.
Ah ! ah t ah !
HORSON.
Ah ! ah ! ah I
Parfait !
Parfait 1
HORSON.
CORBIN
Ah! ah ! ah!
HORSON.
Ah! ah!
saillard, après s’êlre retourné tantôt vers l'un, tantôt vers l'autre.
Ah çà, ça va-t-il durer longtemps?... Vous êtes de mauvaise humeur et vous riez... ça n’est pas naturel... Expliquez-vous, s’il vous plaît.
CORBIN
C’est assez clair !
HORSON.
Oui, c’est assez clair !
Pour dire la même chose, n’y a pas besoin d’parler tous les deux... Voyons, capitaine, vous, un soldat, vous devez être franc par état, tandis qu’un procureur, au contraire.... Dites-moi là, bonnement, ce que vous pensez.
Corbleu ! ce que je pense, c'est que vous êtes....
Hein?... achevez...
HORSON.
En vérité, je ne sais si je dois... Je dévorerais celui qui me dirait pareille chose en face.
C’est donc bien terrible?
CORBIN
Eh! eh! ça dépend delà manière d’envisager l’affaire... il y a beaucoup de gens qui s’accommodent de celte situation, parce qu’ils y trouvent leur profit.. . il y en a d’autres, ceux qui se piquent de délicatesse, qui se disent honnêtes, comme vous, qui peuvent d’abord tolérer ce qu’ils ignorent; mais, quand des amis sincères les avertissent, il manifestent hautement leur colère, leur indignation, en repoussant des dons flétrissants...
Flétrissants!
CORBIN
Puisqu’ils ont une cause immorale... Voilà!
HORSON.
Voilà I
Ah! ah! je commence à vous comprendre... et vous croyez