ACTE II. Û
qu’on peut penser .. que monsieur de Mézeray m'a laissé sa fortune, parce que nia femme....
CORBIN
Oui.
Parce que mes enfants...
CORBIN
Oui... nous voyons tous les jours de ces arrangements de famille, nous autres procureurs.
Allons donc! qu’est-ce qui croira ça? des méchants.
CORBIN
Il y en a beaucoup.
HORSON.
C’est si vraisemblable !
Pour des infâmes, qui voient partout le mal dont ils sont capables.
horson, le menaçant.
Cabaretierl
Ah! votre moustache, votre épée et votre plumet ne me feront pas peur !... Quand il s’agit de mon honneur, de celui de ma famille... je ferais tête au grand Coude !... C’est un mensonge, vous dis-je!
HORSOX.
Corbleu! cabaretier!
corbin, à part, le retenant.
Il va tout gâter. [Haut.) Mais, alors, comment notre cousin nous a-t-il dépouillés pour vous enrichir?
HORSON.
Ah! voilà !
Voulez-vous que je vous le dise ?... parce qu’il nous connaissait bien tous: vous, pour des envieux, des calomniateurs, capables de l’outrager, même après sa mort, et il vous détestait! nous, pour de braves gens qui l’honorons et le respectons, aujourd’hui comme de son vivant, et il nous aimait : voilà!
CORBIN
Très-bien ! vous avez avez raison de parler ainsi, voulant garder l’héritage.
GWLLARD.
Certes que je le ga*“ derai, car il m’appartient.
Vous faites bien de vous arranger un oreiller pour dormir tranquille... mais, alors, ne soyez pas surpris de vous voir méprisé parles honnêtes gens...
gaillard, plus ébranlé.
Hein ?
HORSON.
Montré au doigt par la canaille...
Moi!
CORBIN
Et poursuivi par la marmaille...
Je serais... Eh! non!... Vous voulez m’effrayer... mais ça ne prend pas... De ce côté, je suis invulnérable... Ah! ah! on me connaît, et Francine aussi.. . on sait, dans le pays et partout, que madame Gaillard est une digne femme... et ma fille... ma Pauline... que j’aime tant... qui m’aime aussi... serait... c’est-à-dire ne serait pas... Allons dune!... Est-ce qu’on trompe le cœur?... C’est impossible ! ( A part.) Ah ! ce serait affreux ! [Il tombe assis près d'une table à droite. )
corbin, à fforson.
Je crois que le coup a porté et je commence à espérer. [On entend arriver tout le monde.)
gaillard, se levant vivement.
Ah! voilà les amis, les voisins; vous allez voir s’il m’estiment... s’ils m'honorent... s’ils m’aiment... moi et toute nia famille !