ACTE I
Je vais vous le dire : c’est le curé de Gonesse.
TOUS
Ah!
C’est lui qui a mis la main de Francine dans la mienne, et, do ce cadeau-là, j’en serai, toute ina vie, reconnaissant !
marotte, à Jacquts.
Hein! Jacques, quel ménage! ça ne te décide pas un bonheur comme celui-là ?
JACQUES
Encore dix années de jeune homme 1 et nous verrons. Marotte.
MAROTTE
Dix années de jeune homme !... Mais je serai une vieille fille, moi!
Qu’est-ce qu’il dit ce vaurien-là !
MAROTTE
Il me renvoie à dix ans, pour m’épouser.
Diable !
FRANCINE
Et ça ne t’arrange pas toi, Marotte?
Dame ! madame Gaillard, moi, je crois qu’il est temps.
JACQUES
Moi, je crois que, pour se marier, on a toujours le temps ! Je suis jeune, je suis frais, je suis aimable! je veux jouir de mes avantages... tant que je suis garçon, les filles courent après moi; une fois marié, au contraire, il faudra que cesoitmoi,qui courre..
Eh bien ! eh bien 1 mauvais sujet !
JACQUES
Enfin, le mariage aplatit un homme, et je ne veux pas être aplati, là 1
Nigaud ! le mariage, au contraire, élève l’homme ; lui donne tout ce qui lui manquait dans le célibat: la raison, la prévoyance, l’ordre. 11 en fait le père de famille !
JACQUES
Père de famille ! justement ! c’est ça une charge !
Père de famille, c’est le plus beau titre !... Allons ! un bon
mouvement, décide-toi, et je to promets de te faire une chanson de noces.
jacqces, transporté •
Vrai! monsieur Gaillard?... Ah! bien... (Froidement.) Je vais y réfléchir. (Il sort.)
marotte, le suivant.
Ah! ça se fait sans réfléchir (tristement), ou ça ne se fait jamais. (File sort.) ■ 3 j
gaillard, à Gervais et à Pauline.
Et vous, soyez tranquilles, on pensera que vous avez l’âge de Francine et de Michel, quand ils sont devenus monsieur et madame Gaillard. ( Gervais et Pauline sortent.)