‹ Le père Gigogne, contes pour les enfantsChapitre 2 sur 44 · II . i · texte numérisé non relu

II . i

Si VOUS voulez savoir absolument, on est curieux à votce4g£tr'P^ C[ui cevjeoote a^éié écrijt,,jiou£ it^us xiiroos^^ue l^dteup^t^ua nommé Aram«s,^faRi«ïRnt^t coquet abbé qui avait été mousquetaire.

Si vous voulez connaître l'histoire d'Aramis, nous vous dirons que vous êtes trop jeunes pour la lire.

Si, enfin, vous nous demandez pour qui Aramis a écrit ce conte, nous vous répondrons que c'est pour les enfants de madame de Longueville, qui étaient de jolis petits princes descendant du beau Dunois, dont vous avez peut-être entendu parler, pendant une de ces époques de troubles dont Dieu nous préserve, et qu'on appelait la Fronde»

Maintenant, bhers enfants, puisse Aramis vous ' amuser atilanttjuand il écrit, qu'il a amusé vos pères et vos mères qu»i3d il conspirait, aimait et combattait, en société de ses trois amis, AHios, Porthos et d'Artagnan.

Alex. DUMAS.

LA JECnsrESSS OK PIE&ftOT

CHAPFmE !•'.

LE SOnP£R DES BUCHERONS

n 7 an^it niife foiS) mes chers enfants, dans un petit coin de la Bohême, un vieux bûcheron et sa femme qm vivaient^dans une chétîve cabane, au fond d^Hie îmèU

B» ne possédaient, pour toute fortune, que ce que le bon Dieu donne aux pauvres gens, Tamour du travail et deux bons bras pour travailler.

Chaçtrejour; depuis Taube jusqu'au soir, on entendait de grands^ coups de cognrée qui résonnaient au loin dans la forêt, et de-joyeuses chansons qui accompagnaient les coups de cognée ; c'était le bonhomme qai travaillait.

4 LE PEttE GIGOGM:

Quand la nuit était venue, il ramassait sa moisson du jour, et s'en retournait, le dos courbé, vers sa cabane, où il trouvait, auprès d'un feu clair et pétillant, sa bonne ménagère qui lui souriait à travers les vapeurs du repas du soir; ce qui lui réjouissait fort le cœur.

Il y avait déjà de longs jours qu'ils vivaient ainsi, lorsqu'il advint qu'un soir le bûcheron ne rentra pas à l'heure accoutumée.

On était alors au mois de décembre ; la terre et la forêt étaient couvertes de neige, et la bise, qui soufflait avec violence, emportait avec elle de longues traînées blanches qu'elle détachait des arbres, et qui étincelaient en fuyant dans la nuit. On eût dit, mes enfants, que c'étaient, cpmme dans vos contes favoris, de grands fantômes blancs qui couraient, à travers les airs, à leur rendez-vous de minuit.

La vieille Marguerite — c'était le nom de la femme

du bûcheron — était, comme vous pensez bien, fort inquiète.

Elle allait sans cesse au seuil de la cabane, écoutant de toutes ses oreilles et regardant de tous ses yeux; mais elle n'entendait rien que la bise qui faisait rage dans les arbres, et ne voyait rien que la neige qui blanchissait au loin sur le sentier.

Elle revenait alors près de la cheminée, se laissait choir sur un escabeau, et son cœur était tellement gros que les larmes lui tombaient des yeux.

A la voir si triste, tout devenait triste comme elle dans l'intérieur de la chaumine; le feu, qui d'habitude, pétillait si gaiement dans Tâtre, s'éteignait peu à peu sous la cendre, et la vieille marmite de fonte, qui gi*ondait si fort tout à llieure, sanglotait maintenant à petits bouillons.

Deux grandes heures s'étaient écoulées, lorsque tout à coup le refrain d'une chanson se fit entendre à quelques pas de la cabane. Marguerite tressaillit à ce

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signal bien connu éa retenr de son mari, et^ s'éiaa-

çant vers la porte, elle arriva tout juste pour tomber

dans ses bras.

— Bonsoir, ma bonne Marguerite, bonsoir, difr^le

bûcheron; je me suis un peu attardé, mais tu seras

bien contente lorsque tu verras ce que j'ai immvév. Et, ce disant, il déposa sur la table, auxjieux deJa

vieille femme qui en. resta tout ébahie^ un^ joli; berceau d'osier, dans lequel reposait un. petil.eufaat d'allure si. gentille et de forme si mignonne > que l'âme *ea . était toute chatouillée* rien que de le voir.

Il était vêtu d'une longue tunique blanobe^ doat les manches pendantes ressemblaûent an^ aites repliées d'une colombe*. Un haot-deH^hau^e d'étoffe blanche comme la tunique laissaitl à découvert deux petits pied& de gazelle, chauasés de bottines à rosettes et àialons rouges.. Jeutofor. de is€m coas'épa^M noui»9»iit une fmise dfii^bdtiiâte JnemiBntplisiâe^iel

LU JS9JS£8S£ D£ PISBBOT 7

sur la tôt£ importait ^uh joli chapeau^ de feutre blanc coquettemeat iaclûiévfiui' Toc^Uie.

De mémoire (te bûciifi&ron o& û'avftit \ii de plus gra«iduae miBiatiii^; mais ce qui émerveillait fort daoi^ Maiiguariley c'était le teiut du petit eafani, qui était si hlauc, qu'on eût dit qae sa tête migQooiue avait été sculptée dans Talbâtre,

— Par saint JanArieri s'écria la bofloe &xmiie< en joignant les mains, comme il est p^lel

— Ce n'est pas étonnant, .dit le.bùebaron, il était depuis plus.de huit ji^urs sous Ja neigerquand.je <l!ai trouvé.

— Sainte ViergjEi I huit jpuvs sous la.neigfs, ettu.ne me dis pas x»Ia,tQut de suite.. Le .pauvre petitest gialél

Et sans plus dire, la vieille femme prit le berceau, le déposa près de la cheminée et jeta^un fagot .tout entier dans leieu..

La marmite qul^'altendait qji^cela se mit tout à coup à frémir et à écumer d'uiie façon si bru^atate^

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