B LE PÈRE GIGOGNE
que le petit enfant, alléché par Todeur, se réveilla tout en sursaut : il se leva à demi, huma Tair à plusieurs reprises, fit glisser vivement sa langue effilée sur le bord de ses lèvres, puis, au grand étonnement du vieux et de la vieille, qui n'en pouvaient croire leurs yeux, il s'élança hors de son berceau en poussant un petit cri juyeux.
Il venait, mes chers enfants, d'apercevoir le souper
de nos pauvres gens.
Voler vers la marmite , y plonger jusqu'au fond une grande cuiller de bois, l'en retirer et la porter à sa bouche toute pleine et toute bouillante , fut pour lui l'afTaire d'un instant; mais, halte-là I ses lèvres y avaient à peine touché qu'il jeta la cuiller à terre et se mit à sauter à travers la chambre, en faisant des grimaces tout à la fois si drôles et si piteuses, que le bûcheroa et sa femme étaient fort embarrassés, ne sachant s'ils devaient rire ou bien s'ils devaient pleurer.
Notre gounnand s'était brûlé vif.
Cependant, quelque chose rassurait les bonnes gens, c'est que décidément le petit garçon n'était pas gelé, quoiqu'il fût resté blanc comme neige.
Pendant qu'il se démenait ainsi dans la cabane, la ^ vieille Marguerite fit tous les préparatifs du souper; la marmite fat posée sur la table, et déjà le bûcheron, les manches retroussées, s'apprêtait à lui faire fête, * lorsque notre lutin, qui suivait du coin de l'œil tous ses mouvements, vint s'asseoir résolument sur la nappe, enlaça la marmite de ses petites jambes, et se
mil à l'œuvre avec de si belles dents, et des mines si joyeuses, que cette fois, pleinement rassurés sur son compte, le bûcheron et sa femme n'y purent résister. Es se mirent à rire, mais d'un rire si. fou, que n'ayant pas pris la précaution de se tenir les côtes, comme il faut faire en pareil cas, mes enfants, ils tombèrent à la renverse, et roulèrent de ci, de là, sur ^
le plancher.
M) ht PERE Gia^GNE
Quand ils se releTÂrent, unipiartd'beiiieapnèft^ la marmite étiait vixie, et le petit enfant .donaoît du sommeil. des anges dans sen.béFceaa.
— Qu'il est .gentil I dit la. hûnne .Mangiieiileiipift riait toujours.
•^ Mais il a mangé notre soupe ! repaiitit lerbûcbe'^ ron,qui était devenu: tout âénieus.
Et les bonnes gens^ qui. étaient à Jeun.depui» loti matin^. allèrent. sevCQUchei^