‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 161 sur 263 · La Paix. Méditai ions hislori(/ues et religieuses, p. Kl · texte numérisé non relu

La Paix. Méditai ions hislori(/ues et religieuses, p. Kl

et lui fera-t-il comprendre les grands principes de justice, de désintéressement et de modération?

Pendant ce douloureux examen de conscience, sa gracieuse Majesté, humiliée comme on l'imagine, baisse la tête. L'énormité de certains forfaits lui apparaît effroyable. Son sang se glace, et elle demande pardon à Dieu. Finalement , le P. Gratry la réconforte par l'espoir que l'élément chrétien se développant chez son peuple, pourra prévaloir sur l'élément païen au point d'amener le triomphe de la sagesse évangélique ^ .

Ce triomphe de la sagesse évangélique, c'est seulement d'un retour au catholicisme qu'on peut l'attendre. L'esprit de détachement et de sacrifice, les vertus généreuses ne sauraient guère vivre dans l'atmosphère du protestantisme. Par essence, en effet, il en est la négation. Par essence, il est l'abolition du sacrifice. « Abolir la réalité du saint sacrifice quotidien, pour n'en plus faiire qu'un pâle et stérile souvenir; abolir le terrible et réel sacrifice de toutes les forces de l'homme par la virginité; abolir la mortification, l'abstinence et le jeûne; abolir la nécessité des bonnes œuvres, l'effort , la lutte et la vertu, renfermer, en un mot, le sacrifice en Jésus seul, sans le laisser passer à nous ; ne plus dire , comme saint Paul : « Je souffre ce qui reste à souffrir des souffrances du Sauveur. » Mais dire à Jésus crucifié : « Souffrez seul, ô Seigneur ! » Voilà non pas certes dans la pratique des individus, mais dans l'essence de son dogme, voilà précisément la racine de tout le protestantisme 2. »

Voilà pourquoi, disons-le en passant, avec la clairvoyance de sa foi et de son patriotisme , le P. Gratry jetait souvent le cri d'alarme et dénonçait la propagande protestante que les Anglais faisaient alors et continuent de faire chez nous. Il y voyait, avec raison, un péril religieux et un péril national. « Quelle vérité nous apportent-ils? Nous garderont -ils de la sophistique, eux qu

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