AVANT-PROPOS
Quand je commençai, en 1897, mes recherches et mes études sur le P. Gratry, sans savoir au juste où elles me conduiraient, un silence de vingt-cinq ans pesait sur cette noble mémoire. Un pareil oubli ressemblait beaucoup à de l'ingratitude. Il appelait une réparation envers l'apôtre, l'apologiste et l'écrivain. Cette réparation, Léon XIII en avait donné le signal, le jour où il disait de l'auteur de la Connaissance de Dieu et de la Connaissance de l'âme : « C'était un grand esprit et un noble cœur » * .
En dépit de ce glorieux témoignage, le P. Gratry n'en restait pas moins ignoré ou méconnu de la génération présente. Faire revivre cette belle physionomie, rappeler l'attention sur des œuvres étincelantes de pensées neuves et profondes, était d'abord un acte de justice; c'était, de plus, un bienfait public. Il y entrait aussi de la reconnaissance personnelle. Des grâces inoubliables, et particulièrement celle de ma vocation sacerdotale, me sont venues par le P. Gratry. Son Éminence le cardinal