‹ Le pere Gratry, 1805-1872Chapitre 95 sur 263 · Lettre inédile à M^' Dupanloup, sans date · texte numérisé non relu

Lettre inédile à M^' Dupanloup, sans date

rations chrétiennes dont les modestes et infatigables ouvriers ont construit, sous l'inspiration de maîtres architectes, les splendides catliédrales du moyen âge.

On devine l'enthousiasme qu'éveillait chez des âmes jeunes, généreuses, inexpérimentées, une si belle et si féconde conception. Ce mélange de vie active et de vie contemplative donnait satisfaction à l'esprit et au cœur. L'union fraternelle, l'étude constante, profonde, vivifiée par l'esprit d'oraison, l'apostolat par la parole et par la plume, pour des natures d'élite, quel charme et quel enchantement! Aussi, des recrues nouvelles affluaientelles à l'ateUer, pleines de foi, de courage et d'entrain. « Je trouve en l'Oratoire, écrivait le jeune de la Bastie, un idéal non imaginaire, mais réalisable, que je m'étais depuis longtemps formé, et que j'avais en vain cherché partout depuis trois ans *. » Il faut entendre le P. Cambier faire la plaisante peinture de ce petit collège apostolique dans la simplicité un peu confuse et le naïf enthousiasme des premiers temps : « La communauté a l'air de quelque chose, écrivait-il. Un supérieur, deux assistants, un professeur de dogme, un historiographe in partibus, un novice en retraite, un autre en exercice, puis une nuée de petits de tout ordre et de tout rang, depuis le laïque habillé en clerc, jusqu'au diacre d'importation récente. On annonce dans deux jours l'arrivée d'un second. Quand on se promène ainsi sous la crypte, on a l'air d'une compagnie de garde nationale en marche, une des quatre ou cinq grandes revues de l'année ^. »

Ces débuts ont le charme de toutes les choses jeunes; ils respirent l'élan, la ferveur, l'union des intelligences et des âmes dans un même effort et dans une môme charité. Matin radieux de l'Oratoire renaissant, avec sa fraîche aurore, ses chantantes espérances, et ses parfums d'avril en fleur! Le P. Gratry en a tracé le suave et riant tableau, tout paré de grâce et de poésie.

1. Notice SU7- II' P. de la Fiastie par le R. P. Largent, p. '2-1.

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