‹ Le père HeckerChapitre 35 sur 77 · INTRODUCTION. LI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LI

ni ailleurs. Cependant elles ne suffisent pas. Il faut y ajouter, par-dessus toutes choses, rintclligence pratique et la souplesse de la volonté : il le faut pour comprendre toutes les circonstances, pour étudier le terrain où nous devons déployer nos forces, et pour nous adapter aux indications de la Providence. Je ne m'attends pas à ce que l'opinion que je formule soit partout approuvée ; il n'est pas sûr qu'elle eût été garantie par le vénérable prêtre dont le souvenir me détermine à parler : j'écris ce que je pense, et j'accepte toute la responsabilité de ce que je dis. Il me parait clair comme le jour que les difi'érents peuples, n'étant pas dans des conditions semblables, ne peuvent avoir ni les mêmes besoins ni les mêmes aspiralions : si nous voulons pénétrer dans les âmes et leur être utiles, il faut, dans nos rapports avec elles, tenir compte de leurs conditions. Ce qui peut être la ligne de conduite idéale pour un prêtre en Assyrie serait absolument hors de propos au Mexique ou au Minnesota ; et tel réussit au Minnesota , qui, avec les mêmes méthodes, échouerait complètement en Irlande ou en Bavière. Le Sauveur a prescrit l' à-propos dans les charges pastorales : « Le Maître de maison, dit-il, tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes », suivant qu'il y a lieu de produire les unes ou les autres. Les apôtres des nations, depuis saint Paul à TA-

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réopnge jusqu'à saint Patrick au sommet du Tara, > n'ont pas suivi d*autre principe.

Les circonstances ont été très spéciales pour les catholiques aux États-Unis, et nous ne pouvions pas ne pas en souffrir. Les catholiques, en grande majorité , étaient des Européens ; leurs prêtres Tétaient aussi; bon nombre, — pas tous assurément, — demeurèrent de cœur, d'esprit et de procédés, aussi étrangers à l'Amérique que s'ils n'avaient jamais quitté les bords du Shannon, de la Loire ou du Rhin. Inutile de me dire que l'immigration nous a apporté d'immenses bienfaits, et que, sans elle, * l'Église serait bien peu de chose en Amérique. Ce n'est pas méconnaître les avantages d'un heureux événement, que de rappeler les inconvénients accidentels qui s'en sont suivis. Un clergé étranger par ses dispositions et par sa manière de faire n'avait pas ce qu'il fallait pour impressionner favorablement les non -catholiques de ce pays; les enfants nés en Amérique de catholiques immigrants devaient tôt ou tard échapper à son action. Et, si je ne me trompe , ces inconvénients sont aussi réels chez les prêtres qui vinrent ici d'Irlande que de toute autre contrée. Même les prêtres d'origine américaine, à force d'exercer leur ministère au milieu des immigrants, ont souvent fini par tom- . bcr dans les mêmes errements; et ils n'ont guère '. su donner à l'Église l'allure américaine.

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