EXPOSÉ DE LA SITUATION DE L'ÉGUSE
mstitutions extérieures. Le problème est de les réconcilier et de les fondre dans Tunité. Le P. Hecker croyait que la race latine a glorieusement couronné son œuvre par le concile du Vatican, et que le temps est arrivé d'appeler la race teutonique à développer ses forces dans la vie intérieure de TÉglise. Quelques passages de la lettre suivante indiquent Timportance que donnait le P. Hecker à ce problème des races, et son application à l'étudier à la lumière surnaturelle de la foi. « J'ai écrit Y Exposé tandis que de grandes lumières semblaient m' être envoyées sur le Saint-Esprit. Je me sentais obligé de l'écrire. »
Une lettre, envoyée de Paris le il juin 1874, montre bien quelles étaient là- dessus ses idées : « Cher Georges et chère Joséphine , mes préparatifs sont faits pour aller à Mayence, à l'assemblée catholique qui commence le 15 et durera trois jours; je rencontrerai là diverses personnes qui m'intéressent et que je désire voir. Les affaires ecclésiastiques de l'Empire d'Allemagne sont dans une situation très critique, ce qui augmente encore l'intérêt de cette réunion. Mes relations avec les esprits dirigeants en Europe me permettent de comparer les idées, d'apprécier les difficultés et d'entendre les objections.
« Il est tout aussi difficile d'amener l'esprit celte et latin à concevoir et à apprécier les marques intérieures de l'Église et le caractère de sa vie divine intérieure , que d'amener l'esprit teuton à concevoir et apprécier la divine constitution extérieure de l'Église , l'importance, l'essentielle importance de son autorité, de sa discipline, de sa liturgie. Mais la faiblesse de la pre-
mière de ces races , et les persécutions déchaînées par la seconde avec la permission de la Providence , enseignent à tous la leçon qu'il leur est nécessaire d'apprendre. Pour compléter le développement de la vérité et de rËglise, Tune a besoin de l'autre , et la divine Providence arrange les choses de telle façon, qu'en dépit des obstacles naturels ou suscités , la synthèse des deux races se formera dans le sein de TËglise. L'œuvre est lente, mais certaine; cachée à l'observateur superficiel parce qu'elle est divine , mais admirable de tous points. Sous toutes les persécutions, l'oppression, les faux mouvements , sous l'ensemble critique de la situation extérieure de l'Église et de la société , il existe un courant opposé tout-puissant, divin, entraînant toutes choses vers l'unité triomphante , complète et universelle de l'Église. De voir comment tous les hommes^ — les méchants comme les bons, car Dieu règne sur tous, — contribuent à ce but, et sont forcés d'y concourir, cela met l'âme et l'esprit en repos , excite l'admiration et fait adorer l'action de Dieu dans le monde...
« Cette lumière croissante demandera-t-elle d'autres conditions d'existence ? Cette lumière doit-elle éclairer un autre et plus vaste champ de travail? Ces questions, avec bien d'autres, viendront à l'esprit et trouveront leur solution en temps voulu. Le devoir est de se conformer à la volonté de Dieu dans la patience , le détachement, la discrétion et la confiance. »
Il n'y a guère de parties dans la vie du P. Hecker qui ne nous aident à comprendre cet Exposé; mais nos précédents chapitres sur l'idée de la vie religieuse et sur la doctrine sçitilwelle s'y rapportent tout spé-