‹ Le père Joseph DenisChapitre 38 sur 78 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Supérieur et curé aux Trois-Rivières 1

Le nom des Récollets est indissolublement lié à l’histoire des Trois-Rivières, dont ils furent les premiers missionnaires, alors que ce carrefour de fleuves n’était encore qu’un poste de traite, dont ils furent plus tard les curés durant près d’un siècle, jusqu’à la cession du pays à l’Angleterre.

Nous ne nous attarderons pas à retracer l’histoire — d’ailleurs fort sommaire — des Récollets aux Trois-Rivières durant la période de 1615 à 1629. Desservir les Français occupés à la traite, évangéliser les sauvages qui s’y pressaient, tel fut leur emploi jusqu’à leur départ du Canada en 1629. Ils n’y eurent pas de couvent 2.

1. Nous avons puisé largement, pour ce chapitre et le suivant, à l’histoire manuscrite des Récollets aux Trois-Rivières, par le R. P. Odoric, o.f.m.

2. Ils songèrent toutefois à en construire un, puisqu’ils obtinrent dans ce dessein, en 1623, la concession d’un terrain. Voir Leclercq, Premier établissement de la Foy, I, p. 244.

Nommons simplement le Frère Pacifique Duplessis, dont la bonté, le zèle, l’habileté lient son nom et son souvenir aux origines religieuses et civiles de la Nouvelle-France. Arrivons sans transition au retour des Récollets aux Trois- Rivières en 1670.

Entretemps le poste de traite de jadis était devenu village français. Fondé en 1634 par M. de La Violette, sur l’initiative de Champlain, la bourgade des Trois-Rivières comptait alors trente-six ans d’âge. C’était déjà une cité adulte, se glorifiant d’une population de près de 300 âmes, érigée en paroisse, desservie successivement par les Jésuites et les Sulpiciens. L’année même de leur retour au Canada, en 1670, l’évêque de Québec confia ce poste aux Récollets, et le Père Hilarion Guesnin y fut envoyé. Ce n’est qu’en 1678 que l’un de ses successeurs, le Récollet Xiste Le Tac, chargé de la cure des Trois-Rivières en avril de cette année, y bâtit une résidence pour le curé, à la demande des Trifluviens et avec l’agrément de l’évêque3. C’était «une petite maison fort

3. Pièce signée par Frontenac, le 4 novembre 1679. Arch. de Versailles. Reproduite en appen., p. 196, à l’Hist. chron. de Xiste Le Tac.

AUX TROIS-RIVIERES

jolie 4, » remplacée, quelques années plus tard, par un couvent régulier, en bois, érigé par les soins du Père Luc Filiastre. Ce couvent, commencé en 1699, ne fut achevé qu’au début du 18e siècle.

Le Père Xiste Le Tac entreprit également la construction d’une nouvelle église paroissiale. La première, commencée en 1664 par les Jésuites, ne fut jamais terminée. Elle était trop grande et d’ailleurs ne plaisait pas aux Trifluviens. Le 19 juillet 1682 contrat est signé pour la démolition de cette église et sa reconstruction. La nouvelle sera bâtie sur le site de l’ancienne, en bois également ; elle mesurera 60 pieds en longueur et 25 à 26 (sic) en largeur. La suite du contrat décrit exactement, comme un devis, la future église 5. Celle-ci fut terminée quelques années plus tard ; elle l’était certainement en 1686. De nouveau l’église paroissiale des Trois- Rivières sera démolie, quelque vingt-sept ans plus tard, pour être remplacée cette fois par une église en pierres, qui sera l’église définitive; ce sera l’œuvre du Père Joseph Denis.

4. De Meulles au ministre, 4 nov. 1683. Arch. féd. Corr. gén. Vol. 6, fol. 292.

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