‹ Le père Joseph DenisChapitre 54 sur 78 · Ibid., vol. 6, p · texte numérisé non relu

Ibid., vol. 6, p

rieur 15 ne contient non plus rien qui ait trait à ce procès. Peut-être que la réflexion — tardive il est vrai — aura fait se désister de leur plainte les parents vindicatifs. Possible également, comme le suggère le Père Odoric, que « Pon découvre un jour qu’il n’y eut pas de jugement, que l’affaire cessa avec le départ du pays de son principal instigateur, M. de Gallifet luimême. » Or M. de Gallifet ne quittera le pays qu’en novembre 1716. Alors?

Nous venons d’écrire le mot instigateur. Que Pon ne croie pas que le mot soit écrit à la légère. C’est M. de Pontcbartrain luinnême qui stigmatise de cette façon M. de Gallifet. Le 10 juillet 1715 — et à cette date il devait savoir à quoi s’en tenir sur le bien-fondé du procès — il écrit à l’intendant Bégon que M. de Gallifet provoquait cette affaire scandaleuse en sousmain et qu’on aurait pu l’éviter16.

Par ailleurs il est singulier que dès l’automne de 1711 — et donc un an et demi avant le refus d’absolution à la jeune LeBoullanger par le Père Joseph — M. de Gallifet cherchait déjà à

15 La partie imprimée ne va qu’à l’année 1716.

16. Arch. du Ministère des Colonies. Paris. Série B, vol o7, fol. 166.

AUX TROIS-RIVIERES ( Suite )

faire enlever la cure des Trois-Rivières aux Récollets et à les desservir à la cour. On le sait par la réponse du ministre, en date du 20 juin 1712, qui déclare la proposition de M. de Gallifet injuste 17 . Nouvelles instances du gouverneur, qui lui attirent, le 30 juin 1713, avec un nouveau refus, cette verte semonce du ministre : « Il lui est revenu, lui écrit M. de Pontcliartrain, qu’il ne vivait pas en bonne intelligence avec le curé (le Père Denis) et les Récollets et qu’il donnait du scandale par ses mœurs »■ 18.

Battu du côté du ministre, M. de Gallifet tenta, au moyen de l’affaire LeBoullanger, de discréditer le Père Joseph, et avec lui les Récollets, dans le dessein de les faire disparaître des Trois-Rivières. Cela paraît clairement. Il n’y réussit pas. Son caractère était connu, et ses menées trop évidentes. Mais désormais, au désir d’éloigner un censeur trop clairvoyant et trop courageux, s’ajoutera le désir de la vengeance pour n’y avoir pas réussi. On ne s’explique pas autrement les tentatives faites plus tard, à la veille de son départ du Canada, à la fin de 1716, pour desservir les Récollets à la

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