SEE
sionnaires, quelques-uns n'étaient pas encore baptisés.
tre habi- Tous cependant avaient pieusement assisté aux prédi-
lés maïiné cations du Jésuite ; ils l'avaient écouté comme un mes-
sager de nouvelles merveilleuses, et avaient cru à sa parole ; mais le père Laval hésitait à admettre aux eaux régénératrices du “baptême ceux qu'il ne croyait pas suffisamment instruits dans la foi de l'Eglise Catholique. L'Indien ignorant, häbitué à errer dans les forêts où sans cesse se déroulent à ses yeux les œuvres de Dieu et des incompréhensibilités de tous genres; l'Indien qui ne saurait pénétrer les mystères de la nature, pas même ceux de sa propre existence, porte en luimême la conviction qu'il existe un Etre suprême et invisible. Avec le livre de la nature ouvert devant lui, et la voix de l'Univers qui résonne constamment à son oreille, il pourrait aisément, à la faible Ineur de sa raison inCulte, se perdre dans les labyrinthes du polythéisme; mais il lui est impossible d'étouffer ou d'oublier la croyance instinctive de l'humanité en un Dieu invisible et suprême. L’aventurier illettré des vastes forêts du nouveau monde était donc arrivé à ce point de connaissances qu'avait atteint le sage de l'antiquité. Il adorait
le Dieu inconnu; mais le mécanisme de l'univers dépassait les bornes de son intelligence, et tout oiseau, tout quadrupède, out poisson, tout arbre, toute pierre lui représentait une divinité secondaire. Lorsque le missionnaire catholique lui parlait du Dieu infini, suprême, éternel qui remplit l'espace, dont la volonté a fait sortir du néant le monde avec ses merveilles, et dont la volonté déterminera la fin ; lorsqu'il lui parlait du Créateur et du Seigneur universel, en qui toutes choses sont essence, vie et mouvement ; son ame naïve rendait hommage au grand Esprit que son instinct lui avait fait chercher en vain dans la nature et hors de la nature.
La piété, le zèle, et les connaissances supérieures du missionnaire lui, avaient acquis la confiance illimitée des Indiens ; ils écoutaient avec foi, respect et amour ses prédications sur le Sauveur qui: s'est fait homme, sur sa vie, sa mort et sa résurrection pour le salut de tous, et généralement toutes ses instructions sur les autres dogmes du christianisme.
Le père Jean Laval avait pris dans sa pirogue deux néophytes, dans le but de les instruire durant le voyage, et René Bourdoise afin de l'initier à la méthode d'enseignement qu'il employait pour les sauvages simples et naïfs.
— Huron, sais-tu qui t'a créé? dit-il en s'adressant à l'aîné des deux néophytes, un guerrier renommé qu'il avait commencé depuis peu à instruire.
— Le grand Esprit, qui a fait la terre, les eaux et les forêts; répondit respectueusement Haukimah,
— Et dis-moi, Huron, a-t-il fait aussi le bufle et le cerf bondissant?
vers dé- L'oiseau, le pierre rsque le fini, suolonté a illes, et arlait du s choses > rendait vait fait ature. :
ures du illimitée t amour homme, salut de sur les
ue deux voyage, d'enseimples et
dressant enommé
eaux et
1, le et le
jeune guerrier, tandis que son œil brillait du feu de la
— Oui, mon père; le bufile et le cerf et tout ce qui a vie.
— Et toi et moi, nous a-1-il faits semblables à eux ?
—— Mes ancêtres enseignaient que le bufle et le cerf bondissant, s'en vont dans la terre des esprits où ils sont poursuivis par les guerriers comme sur cette terre. Ils avaient tort. La robe noire nous enseigne que le grand Esprit a fait l'homme à sa ressemblance et l'a animé de son propre souffle; le ciel a été fait pour l'homme bon. Les bêtes de la forêt meurent et périssent,.
Prenant cette simple question comme base de son enseignement, le père Laval leur expliqua en détails, et chercha à graver profondément dans l'esprit de ses auditeurs, l'histoire de la création de l'homme, de sa destinée, de sa chute, et de la promesse d’un rédempteur accomplie par la naissance, la passion et la mort glorieuse du Sauveur du monde. Il leur apprit comment la nature de l’homme s'était corrompue par sa chute ; comment, par suite de sa désobéissance, il s'était perverli, se laissait entraîner au mal, et était exposé à toutes les tentations du démon.
— Et c'est cela qui a rendu l'froquois aussi cruel et aussi sanguinaire, dit le plus jeune néophyte: il possède l'esprit du mal.
— Comme le possèdent tous les hommes méchants, mon fils; comme vous le possédez vous-même lorsque vous nourrissez contre l'Iroquois des désirs de vengeance, el cherchez à lui rendre le mal pour le mal. 1l faut aimer ceux qui nous haïssent.
— Le Huron pourra-t-il aimer l'Iroquois? s'écria le
{ | (il
Rent
passion et qu'il levait la tête avec dédain ; là colombe et le faucon peuvent-ils construire leur nid ensemble ?
— Le Huron est-il une colombe au fond du cœur? interrompit Aliasistari d'une voix sévère; la colombe est douce. Le guerrier Huron doit être hardi et audacieux comme l'aigle.
— Que le Huron soit une colombe au fond du cœur, dit le père Laval avant que le jeune Indien eût pu répondre; qu'il soit une colombe par la pureté, la douceur, la piété et l'amour; qu'il soit l'aigle de sa tribu lorsqu'il combat pour une cause sainte et juste!
— Mon père a bien parlé, répliqua le chef d’une voix adoucie.
— Oui, mes enfants, votre premier devoir est envers Dieu, le grand Esprit; le second envers votre semblable. Le bon Esprit vous a créé, vous et tous les hommes, pour l'aimer et le servir, et il nous commande de nous aimer les uns les autres et même d'aimer nos ennemis ; il nous ordonne de rendre le bien pour le mal. Si l’Iroquois est féroce et méchant, il faut le plaindre et prier qu'il devienne meilleur : prier qu'il accueille enfin chez lui les messagers du Christ. Si vous haïssez l'Iroquois, en quoi êtes-vous meilleurs que lui?
— C'est vrai, dit Aliasistari ; c'est ressembler à Dieu que de pardonner.
Et le père Laval, continuant son instruction, expliqua aux [ndiens comment les principes de la religion catholique sont liés à l'existence de l’homme, et se rattachent à tous les événements de sa vie: il leur apprit les vertus qu'on exige du chrétien et qui doivent être son plus bel ornement. Il leur enseigna les règles qui
doive et ins doit € les p qui l aussi
Qu
la lor
tenir, dictio:
récital matin les Inc du Ro travau sante pation fois qi père I faisait nourri lageai
mit en
bivouë
colombe emble ?
u cœur ?
colombe t auda-
u cœur, t pu rélouceur, lorsqu'il
ine voix
envers semblaommes, le nous nemis ; Si l’Irot prier in chez oquois,
à Dieu
«pliqua On Carallaapprit it être les qui
L'INSTAUCTION. 15
doivent diriger ses relations avec les autres hommes, et insista sur cette charité sublime et surnaturelle qu'il doit cultiver dans son cœur. Il savait faire des incidents les plus insignifiants, des sujets d'instructions utiles, qui l'aidaient à les initier à l'esprit et à la pratique, aussi bien qu'à la doctrine du Christ.
Quelquefois, pour leur reposer l'esprit et pour rompre la longueur de ses instructions, il y introduisait des prières, et leur apprenait les répons aux litanies et aux prières du Rosaire. Ils écoutaient avec docilité et apprenaient très-facilement ; les guerriers semblaient rivaliser entre eux pour acquérir les connaissances que
le père la robe noire leur enseignait.
Le père Laval et René Bourdoise le novice, afin d'obtenir, par l'intercession de la Mère de Dieu, les bénédictions du Ciel sur leur mission, s'étaient imposé. la récitation du saint Rosaire; ils disaient un chapelet le matin, un autre à midi, un autre le soir. Aliasistari et les Indiens catholiques faisaient pieusement les répons du Rosaire, et semblaient ne pas se lasser de leurs travaux tant qu'ils étaient soutenus par la rosée bienfaisante de la prière. La journée, ainsi divisée en occupations pieuses, se passait vite et agréablement. Chaque fois qu'on descendait à terre pour préparer le repas, le père Laval réunissait autour de lui les Indiens, leur faisait une courte instruction, et, après avoir béni leur nourriture, il s'asseyait avec eux sur l’herbe et partageait leurs mets frugals.
A l'approche de la première soirée, Aliasistari se mit en devoir de chercher uu endroit convenable pour bivouaquer, et choisit enfin un enfoncement pitto-
es trnnrt cer ovni mater rimatque
resque au bord de la rivière: cet endroit était ombragé par des arbres élevés, et protégé, rendu impénétrable en quelque sorte du côté de la terre, par d'épais taillis qui s'étendaient au loin. Là, ils débarquèrent, et, tirant leurs, canots sur le rivage, se préparèrent à passer la nuit. Le repas du soir était terminé et le père Laval se disposait à commencer une instruction ou exhortation, lorsqu'Aliasistari s'approchant de lui avec respect, lui dit :
— Mon père, le Mohawk est peut-être dans les alentours ; il a l'oreille fine!
— C'est juste, dit le père Laval en poursuivant la pensée du chef sans lui répondre directement; mes enfants, méditez en silence les instructions que vous avez entendues aujourd'hui, et demandez la protection de Dieu, en invoquant l'intercession de Marie sa sainte Mère.
Les Indiens, après s'être agenouillés en silence, se couchèrent sur l'herbe en s'enveloppant de leurs couvertures de laine, et ne tardèrent pas à s'endormir de ce sommeil léger d'hommes habitués à prendre leur repos au milieu des dangers. Le jésuite et René Bourdoise ne purent s'endormir avec autant de facilité. Le novice surtout se trouvait dans une situation qui devait chasser le sommeil de ses paupières jusqu'au moment où il serait vaincu par la fatigue. Etendu comme les autres, mais inquiet et agité, il tournait souvent ses regards vers Aliasistari qu'on distinguait à peine à la vague lumière des étoiles. De temps en temps, les cendres mourantes du feu jetaient une vive lueur qui venait éci rirer les traits accentués de l'Indien.
Le | appu yeux dans AI sur | moin riviè Le sur reflét té. À seule rend:
tenda le riv tingu murn phère durar son C Les l'Indic pis di tesqu ue R persp yeux de sa que d main