‹ Le Père Laval [microforme]Chapitre 5 sur 15 · LAV · texte numérisé non relu

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Le guerrier était assis au pied d’un arbre, la tête appuyée sur sa main; son attitude semblait être, aux yeux du jeune novice, celle d'une personne absorbée dans des pensées profondes.

Aliasistari méditait, mais chacun de ses sens était sur le qui-vive, prêt à saisir le moindre bruit ou le moindre mouvement soit dans la forêt, soit sur la rivière murmuraute,

Les étoiles répandaient une douce et faible clarté sur les eaux courantes du fleuve, dont la surface limpide reflétait et leur nombre infini et lenr scintillante beauté. Au milieu du silence profond de la forêt, troublé seulement par les voix mystérieuses de la nuit qui rendaient la solitude plus saisissante encore, on entendait le bruit des eaux qui venaient battre contre le rivage; si vaguement l'entendait-on, qu'on le distinguait à peine des mystérieux échos des bois et du murmure d'un fleuve rapide mais paisible. L'atmosphère était tiède et calme, c'était une de ces nuits durant lesquelles l'ame s'élève avec adoration vers son Créateur.

Les heures s'écoulaient, et la forme immobile de l'Indien qui veillait sembla d'abord, aux regards assoupis du jeune novice, prendre une dimension gigantesque; puis cette forme diminua peu à peu, à mesure

ne René Wourdoise cédait à la fatigue; bientôt la belle perspective qui s'étendait devant lui disparut à ses Yeux et son esprit alla errer dans les champs fertiles de sa bien-aimée France. Il n'y avait pas longtemps que durait son sommeil, lorsqu'il fut réveillé par la main de l’Indien posée sur son épaule, Il ne faisait

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pas encore jour, mais tout était prêt pour le départ. C'était grâce à la bonté obligeante du chef, qu'il avait pu jouir jusqu'au dernier moment d'un sommeil profond et réparateur. Quittant avec vivacité sa couche un peu dure, le jeune novice offrit à Dieu sa prière matinale, puis il se lava dans le fleuve, et il était prêt à prendre sa place dans la pirogue, au moment où elle fut lancée à l'eau. Le père Laval avait décidé que, durant le reste du voyage, lui et René Bourdoise n’occuperaient plus ia même embarcation, afin que ce dernier püût, comme lui-même, se livrer à l'instruction des catéchumènes qui, comme nous l'avons déjà dit, n'étaient pas encore suffisamment préparés. En quelques instants, les pirogues s’éiancèrent des bords du rivage, et, se maintenant à l'ombre des bois, poursuivirent rapidement et sans bruit leur course vers le nouveau fort de Montréal. Avant que le jour fût levé, la flottille avait déjà franchi quelques lieues; se dirigeant alors au milieu du courant, les pirogues se déployèrent sur une ligne plus étendue et continuèrent leur route.

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