‹ Le père Laverlochère [microforme]Chapitre 1 sur 45 · UE DE RENNES 3, AVENUE DE L'ARCHEVÊCHÉ · texte numérisé non relu

UE DE RENNES 3, AVENUE DE L'ARCHEVÊCHÉ

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PÈRE LAVERLOCHÈRE

À À | PREAMBULE | Ÿ | Quam speciosi pedes evangelizantium ù \e pacem ! k “ \ ds Combien sont beaux les pieds de ceux L qui annoncent l'Evangile de paix !

a D. ; (Rom., x, 15.) 4 fl *« I y à des noms, dit un historien du Canada (1), f qu'il suffit d'évoquer pour faire naître aussitôt comme À Qune rumeur gloricuse. Ils vibrent, a dit quelqu'un. | N° ; ; | sonores comme des clafrons de combat. » (À

Parmi les apôtres qui ont illustré les missions de l'Amérique britannique du Nord, vers la fin de la | prémière moitié de ce siècle, il en est un qui a laissé une profonde impression. Cet apôtre est le Père La-

Le Evcrlochère. Les Annales de la Propagation de la A CES 1 (1) Edmond Roy, Voyage au pays de Tadoussac. | \ Û \ )

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Foi, les publications catholiques, j'oserais dire les chaires des principales églises de France et du Canada, ont révélé ce nom au monde chrétien et se sont faits les échos des récits de l’homme de Dieu. |

Ses années de missions proprement dites ont été, hélas ! peu nombreuses, mais pleines de travaux ef |

de fatigues, mais abondantes en fruits de vie et dé salut pour les âmes. Frappé d’une infirmité précoce au milieu de ses courses lointaines et mis hors de combat, il vécut encore trente-deux ans, impuissant, il est vrai, mais résigné à la volonté de Dieu, donnant à ses frères en religion l'exemple des vertus religieuses et sacerdotales. Il s’est endormi dans la paix du Seigneur le # octobre 1884, à Témiskaming, âgé de soixante-douze ans.

JHAPITRE PREMIER

SOMMAIRE. — Naissance. — Enfance. — Vocatiru. — Novice oblat. — Frère convers à Aix. — Désirs du sacerdoce. — Eludes classiques. — Oblation. — Etudes théologiques. — Départ pour le Canada. — Prêtrise. — Missionnaire.

Jean-Nicolas Laverlochère est né à Saint-Georges d'Espéranche, au diocèse de Grenoble, le 6 décembre 1812. IL était le Benjamin de sept enfants. Il fut probablement baptisé en la vigile, c’est-à-dire à l’aube de l’Immaculée-Conception. Aussi aime-t-on à penser que la bonne Mère l’aura choisi aussitôt pour en faire un de ses futurs oblats.

« Sa famille, écrivait en 1884 M. le curé de Saint- « Georges d’Espéranche, est de celles, hélas! trop

« rares aujourd'hui, où se conservent intactes les:

« traditions chrétiennes. On remarqua de bonne « heure chez l'enfant un goût particulier pour la « piété et les choses saintes. Il aimait à servir le « prêtre à l'autel, et son digne curé avait pour lui ‘ une affection paternelle. Dès qu'il sut lire, on le « voyait avec un livre à la main dans tous ses mo-

À LE PÈRE LAVERLOCHÈRE « ments de loisir. Son caractère très gai, surtout son 5 1! « cœur si bon, lui firent autant d'amis de ceux Hi | « étaient en rapport avec lui. Plusieurs vivent encorg, « et son souvenir leur est très précieux. »

Vu le milieu où il était élevé, l’on ne saurait dou- ; Æ ter qu’il fit une bonne première communion; affaire | © p importante et décisive, de bon ou mauvais augure | pour l'avenir d’un jeune homme, selon les disposi- Se , tions qu'il y apporte. {4 « [Il embrassa une modeste profession ; mais iltra- N , vaillait sans goût », comme une personne quinest à, pas dans sa voie. +.

Peut-être l'étoile mystérieuse de sa vocation avait- «

elle déjà jeté une faible lueur dans son âme! Combien Le . qui n’ont trouvé leur vrai chemin qu'après des À, tâtonnements !

« Dans les divers pays où il passait, il suivait les « offices divins avec assiduité, à l'édification géné- «rale. Un dimanche il allait à une vogue avec ses « amis pour sy divertir ; mais bientôt pris de « remords, il revint s:r s5s pas, malgré leurs repré- « sentations, pour assister aux Vêpres.

« Sa prodigieuse mémoire retenait facilement les sm « instructions. Aussi, dès qu'il entrait quelque part, re « on faisait silence, et lui, monté sur une table, il la « répétait les sermons presque mot à mot. » D cia

| Cette pieuse disposition à l’éloquence présageait le (| futur missionnaire. Elle avait sans doute éveillé en

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lui l’idée, puis fait naître le désir de la vie apostolique. Or du désir à l’objet convoité il n’y a souvent qu’un pas, et ce pas est vite franchi, surtout quand lieu s’en mêle. Il ne fallait qu'une circonstance pour entrainer la volonté du jeune Nicolas. La bonne Providence la fit surgir. En effet :

« Quelque temps après. continue M. le curé, une miSon fut donnée à Saint-Georges d’Espéranche pales missionnaires Oblats de Notre-Dame de « l’Ofier. Il eut avec eux quelques entretiens. Pressé © d’étrer dans cotte Congrégation, il hésitait, quand « les conseils d’un de ses amis, «11 vit encore, le « décidèrent. Sa résolution une fois prise, il dit ‘ adieu à sa famille et se mit à la disposition des « missionnaires. »

Un rayon plus vif avait illuminé sa route. Il n’atteindra définitivement le port que plus tard. Le zèle des missionnaires qui avaient évangélisé son pays,

| les succès de leurs travaux apostoliques enthousias- | mèrent tellement Jean-Nicolas, que, n'y tenant plus, | 11 s’offrit à les suivre partout où ils iraient. Ceux-ci, | tout heureux des bons renseignements qu’ils reçurent | sur son compte, l’acceptèrent volontiers et l’adressè-

rent au R. P. Casimir Aubert, Maître des novices en la maison du Calvaire, à Marseille. Il entra au noviciat en qualité de frère convers.

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