PAT RE BR RTS
TS UT RE AE ND A à VER RO à en MA DE NEO VS EE PE MES ES DS VD MO LE MERE UM DT QE
participer leurs ouailles aux bienfaits de la rédemption, à encourager les associés de la Propagation de la Foi dans la multiplication de leurs aumônes,
comme aussi à enflammer le zèle de ses frères missionnaires. C'est souvent à plusieurs personnes à la fois qu’il adresse la même lettre et narre les mêmes faits. Ainsi en est-il de la lettre suivante, qui fut en. voyée à M" l’Archevêque de Québec, et au R. P. Bellon, modérateur des scolastiques:-oblats au Grand- Séminaire de Marseille. Toutefois comme elles diffèrent sur quelques points, je tâcherai de compléter
. l’une par l’autre.
OMAN 22 septembre 1845.
Mon Révérexv PÈre,
« Vous savez déjà que, l’année dernière, je fus chargé de porter la parole du salut aux sauvages de l'Outaouais. Cette année, c’est encore sur moi qu'a pesé ce redoutable et précieux ministère. J'ai eu pour compagnon le P. André Garin, qui, bien que peu familier avec la langue indienne, a beaucoup contribué à alléger le poids de mes fatigues.
« Le 6 mai, après avoir eu le bonheur d'offrir, tous les deux, l’auguste Sacrifice, et nous être mis sous la protection de Marie Immaculée, nous partimes de Montréal pour aller équiper un canot, au lac des Deux-Montagnes. Nous. avions avec nous sept
homi Algoi faisai s'yer notre mettr pour | lions.
taient sur de se tro grand seurs :
curent dèrent si hau croyal où not que je
« Je moi, i tait bic avait € bientôt qué, jé tenant
dempion de nônes, es Mises à la mêmes fut en.
P. Bel- Grandles difmpléter
, je fus ages de Loi qu'a eu pour ue peu contri-
d'offrir, être mis pus parnot, au ous sept
hommes pour le conduire, quatre Iroquois, deux Algonquins et un Canadien. Cette diversité d’origine faisait de notre léger esquif une petite Babel. : on ne s'y entendait pas. Le soir, quand nous avions pris notre modeste repas, et'le matin, avant de nous mettre en route, nous nous divisions en trois bandes pour louer, chacun dans sa langue, le Dieu des nalions.
« En remontant l'Outaouais, nous eûmes la douleur d'apprendre que plusieurs jeunes canadiens s’étaient noyés dans cette rivière qu’ils descendaient sur des radeaux. Hélas ! deux outrois, nous dit-on, se trouvaient dans un état d'ivresse ? Quel réveil, grand Dieu, a suivi ce délire ! Bon nombre de chasseurs à qui nous racontâmes cet accident, en concurent une impzession salutaire, et plusieurs demandèrent à se confesser. Les eaux de l'Outaouais etaient si hautes que nos sept rameurs eurent une peine incroyable à atteindre le fort des Petites Allumettes, où nous arrivâmes le 23 mai. C'était le premier poste que je devais évangéliser.
« Je ne sais quel noir pressentiment s’emparait de moi, à l’approche de cette station, qui pourtant m'était bien chère. Le-bruit avait couru que la mort y avait exercé ses ravages, l'hiver dernier ; j'en eus bientôt la triste preuve sous les yeux. À peine débarqué, je vis venir à moi une quinzaine de femmes, tenant au bras des enfants encore en bas âge :
«— Nos maris sont partis ! me dirent-elles toutes ensemble. :
« — Où sont-ils donc allés, mes enfants? leur demandai-je,
« — Là-haut, je pense, me répondit l'une d'elles, « jetant vers le ciel un regard plein de larmes; puis, « elle ajouta : Oh ! si tu savais, mon Père, combien « j'étais triste cet hiver dans le bois, lorsqu'il a été «visité par la mort, mon mari ? « Je ne verrai donc « plus la robe noire ! Plaise à Dieu que je la revoie, « pour qu’elle me purifie de mes péchés ! » C'était « ainsi qu'il disait, mon mari. » |
« Plusieurs autres me répétèrent la même plainte, avec un accent qui me navrait le cœur. L'année dernière, en quittani ces chers Indiens, nouslaissions bien quelques malades, mais nous n’aurions jamais pensé que la mort en dût frapper un aussi grand nombre. Trente et un, dans la force de l’âge, ont succombé pendant l'hiver. La plupart avaient embrassé la Société de Tempérance et vivaient fort chrétiennement.
« J'avais déjà tellement pris en affection ce troupeau désolé, que je ne le quittai qu'à regret. Je consacrai sept jours entiers à mon ministère dans ce poste, pendant lesquels je confessai bon nombre de personnes. Tandis que nos rameurs chargeaient le canot, et que mes chers enfants étaient là, tristes et silencieux, une femme s'approche de moi d’un air mystérieux, et me dit ‘ « Æïoui minin keko nosse,
€ Je inèm d’ére « l’a € je € VI « Es femn de to
’ une } Je fu gens.
tente la s nous
appel Arriv mille moiti et je le pre trans
toutes 9 leur
’elles, ; puis.
mbien | a été 1 donc "VOIE, C'était
lainte, se derns bien s pensé ombre.
combé s la Soement.
e trouret. Je ans ce bre de aient le istes et ’un ai D nosse,
V9 « je veux te donner quelque chose, mon Père. » En mème temps elle me présente une cassette de sucre d'érable, en ajoutant : « Quand le sucre a coulé de « l'arbre, j'ai pensé à toi, et j'ai dit : Voilà ce que « je donnerai à notre Père, la robe noire, lorsqu'il « viendra nous instruire dela sainte prière du Grand « Esprit. » Jaurais fait une peine extrême à cette femme, en refusant son modeste présent; car c’est de tout son cœur que le sauvage donne.
« À trente lieues du poste, nous rencontrâmes une huitaine de familles qui venaient à la Mission. Je fus donc obligé, pour dédommager ces braves gens, de m'arrêter deux jours au milieu de leurs tentes. Je les confessai tous, et après leur avoir dit la sainte Messe, où quelques-uns communièrent, nous nous remimes en route. |
« Quinze lieues plus loin, au passage d’un rapide appelé l’Eveillé, nous attendait une terrible épreuve. Arrivés au pied de cette chute, qui peut avoir trois milles de longueur, nous déposâmes à terre la moitié de notre charge pour remonter plus aisément, et je restai là pendant que le P. Garin franchissait le premier ce mauvais pas. Nos hommes, après l'avoir transporté à l’autre extrémité du rivage, devaient
venir me prendre à mon tour, et avec moi le reste de nos effets. Trois heures s'étaient déjà écoulées, ct je commençais à être inquiet pour nos rameurs, quand tout à coup je les vis venir à travers les bois, mouillés jusqu'aux os et pâles comme la mort. Ils me racontèrent, tremblant encore, l'accident qui leur était arrivé, Ils redescendaient vers moi, et le canot, entraîné par le courant et poussé par un vent impétueux, voguait avec la rapidité de l'éclair, quand il heurta contre un tronc d'arbre qui le brisa en deux. Tous les hommes tombèrent dans l’eau, et ce ne fut qu'à grand'peine qu'ils gagnèrent le rivage. Deux se seraient infailliblement noyés, si les autres, très habiles nageurs, ne leur eussent porté secours. Sans prendre un instant de repos ils retournèrent au fort des Allumettes, pour y acheter une nouvelle barque qui fût propre à continuer le périlleux voyage.
« Pour moi, j'éprouvais une peine extrême, en songeant à l'anxiété dans laquelle se trouvait le P. Garin. Demeuré seul en haut du rapide, à une
lieue au-dessus de nous, sur la rive opposée, sans feu, sans vivres, sans savoir ce que nous étions devenus, et nous croyant tous noyés, il dut passer une nuit affreuse. Il avait près de lui tous les bagages, et moi toutes les provisions. Ce fut le lendemain soir seulement, qu’il trouva par hasard un morceau de pain, que le cuisinier avait jugé à propos de mettre dans un sac avec nos chaussures. Oh ! qu’une
e reste oulées, meurs, es bois.
ort. Ils ent qui 1, etle un vent , quand n deux.
e ne fut e, Deux es, très rs. Sans t au fort barque ve.
ôme, en uvait le >, à une ée, sans 8 étions passer ps bagademain orceau ppos de | qu’une
séparation de ce genre fait bien sentir ce que vaut un frère et un ami ! Le canot (1) qui me transporta au delà du fleuve n’avait pas encore atteint le rivage, que déjà nous étions dans les bras l’un de-l’autre. La joie de nous retrouver nous fit vite oublier nos peines. Nous passâmes là quatre jours pour attendre nos hommes, qui revinrent enfin avec un grand canot.
« Le lieu où nous étions campés était une espèce de cimetière : sept petits tertres nous indiquaient que des voyageurs, moins heureux que nous, avaient péri dans ce lieu, quelque temps auparavant. Nous eûmes le bonheur d’y offrir le saint sacrifice de la Messe. Oh! comme je remerciai le Seigneur de sa sainte protection, et le priai d'accorder le repos éternel à ces infortunés dont les cendres ne seront jamais visitées par une mère, peut-être inconsolable!
« Voilà le seul accident remarquable que j'aie à vous signaler, mon Révérend Père, bien que plus d’une fois encore notre frêle barque ait failli périr et quelques-uns de nos hommes se noyer. Pour les deux missionnaires, ils n’ont couru aucun danger imminent. Marie Immaculée, leur auguste mère, veillait sans cesse sur leurs jours.
« De là nous poursuivimes notre route vers Témis-
(1) Ce canot était celui d’un sauvage, dont le Père avaitenvoyé implorer le secours à dix lieues de là, et qui avait eu la charité de répondre à son appel.
kamingue, où nous arrivämes heureusement le 11 juin, Nous y étions attendus avec impatience. J'eus la consolation d'apprendre que sur cent vingtcinq personnes agrégées, l'année dernière, à la Société de Tempérance, une seule avait manqué à son engagement. Vingt-cinq autres se sont empres-
sées, sur notre invitation, d'en faire partie. Cette
tendance des sauvages vers la sobriété vous paraîtra d'autant plus admirable, que, depuis l'arrivée des blancs parmi eux, l’ivrognerie a été leur passion dominante, la source de leurs malheurs.
« Il existe entre Témiskamingue et le Grand Lac une famille dont chaque membre, le père et ses neuf fils, s'était rendu fameux par des excès de tout genre. C'était la terreur de la contrée, Tous les ans ilen venait quelques-uns au poste durant la Mission ; mais jamais ils n’avaient songé à se faire instruire. Deux jours avant notre départ de Témiskamingue, j'appris que le père était campé à peu de distance, Je vais le trouver, et, pensant au divin Pasteur qui recherchait avec tant d’ardeur et de tendresse la brebis égarée, je l’aborde, je l'embrasse, je lui parle de la bonté de Dieu et de sa justice, je lui montre l'image du Sauveur mort sur la croix pour notre
amour. Il parut tout étonné de ma démarche, et je crus remarquer, sur cette vieille et hideuse figure, quelque chose de moins repoussant, depuis que je lui parlais de la miséricorde infinie de Dieu pour les coupables repentants. Je le revis le même soir ; et le lendemain il vint encore me trouver, me demandant si je partais déjà, si je ne reviendrais pas l’année prochaine. Toutes ces questions il me les adressait avec un accent qui attestait le triomphe de la grâce, et me faisait bien augurer de son retour à la vertu,
« Nous quittèmes Témiskamingue après seize jours de mission. Plus de deux centssauvages s'étaient confessés ; un grand nombre avait participé à la divine Eucharistie, quelques-uns pour la première fois; quinze personnes ont reçu le bienfait de la régénération, et parmi elles trois adultes, un homme et deux femmes, dont l’une nous édifie d'autant plus par sa ferveur, que sa conversion s'était fait plus longtemps attendre. Tant qu'a duré la cérémonie de son baptème, elle n’a cessé de verser des larmes, qui montraient la vivacité de sa foi et de son ‘repentir. Je là vis ensuite ; elle pleurait encore, mais c'était de joie.
« — Que j'étais malheureuse, inon Père, me dit- « elle, avant que le Grand-Esprit m'eût prise en « pitié! Depuis le jour où la Robe noire me prévint « qu'à moins d’un changement de vie, je ne
pourrais être comptée du nombre des chrétiens, je n'ai pas eu «un moment de repos. Souvent, pendant que je dormais, il me semblait que j'étais précipitée dans le gouffre (l’enfer). Alors je m'éveillais tout effrayée, et je promettais au Grand- Esprit de faire tout ce que m'avait conseillé la Robe noire ; mais toujours j'étais vaincue par le Machi-manitou (démon). La vue des saintes graines de la prière (le chapelet), et surtout la Sainte figure de Marie (la médaille) que mes enfants portaient à leur cou, faisaient sur moi une vive impression. Depuis l’année dernière, j'habite avec mon fils ; tous les jours nous comptions ensemble les saintes graines de la prière; cela me faisait du bien, et je sentais de plus en plus augmenter en moi le désir du baptême. Que l'année parut longue ! Plût à Dieu qu’elle vint vite la Robe noire! me disais-je, elle m’obtiendrait peut-être miséricorde. C'était la pensée de tous mes jours pendant ce triste hiver. Voici une lettre de mon fils, écrite pour toi avant de partir pour Kithi-Kami (la Baie d'Hudson). »
« J'ouvris aussitôt cette lettre et je lus ce qu suit : « À toi mes saluts et mes pensées. mon père « la Robe noire. Femporte un gramt sgret de « Témiskamingue, car tu vas y venir, et je ne te « verrai pas, je ne pourrai pas t'ouvrir mon âme « pour que tu la purifies. Que je suis malheureux !
18, je penétais s je randlé la ar le intes ut la mes moi nière, *0MpPrière ; us en >. Que t vite drait » tous lettre pour
e qu 1 père et de | ne te 1 âme reux !
« Pense à moi, prends pitié de ma mère, elle a un si « grand désir d’être baptisée, qn’elle vit déjà comme « si elle était chrétienne. »
« Lorsque j'eus parcouru cette lettre, je demandai à ma néophyte pourquoi elle ne me l'avait pas montrée plus tôt. Je vais te le dire, reprit-elle : « Quand « mon fils t’écrivait, 1l était désolé en songeant qu’il « ne verrait point la Robe noire, et moi je me disais : « Je suis bien plus malheureuse, il est baptisé mon « fils! Je ne pensais pas à autre chose. Mais le bon- « heur rend la mémoire. Si tu rencontres mon fils à « Abbitibbi, annonce-lui bien que sa mère était chré- « tienne, quand elle l’a remis sa lettre. »
& De Témiskaminge à Abbitibbi le trajet se fit en neuf jours. Nous trouvâmes ;;eu de sauvages à ce poste : la plupart des chasseurs étaient partis pour Moose, et les femmes étaient allées tendr : des filets à une-certaine distance, pour avoir de quoi se nourrir durant la Mission.
« La chrétienté d’Abbitibbi est eucore peu nombreuse, mais il serait difficile d’en trouver une plus fervente. À toutes les heures de la nuit, j'entendais ces pieux néophytes prier, chanter ou réciter ensemble le chapelet.
: a « La privation de chapelle a été jusqu'à présent | l 1 à un obstacle à l’instruction des Abbitibbes. Obligés I | de leur faire le catéchisme en plein air, l’inconstance I h 1 : du climat nous forçait, presque à chaque fois, de ul 1 | | nous retirer dans nos cabanes aussitôt l'excercice d !, | commencé ; mais, grâce à la générosité de l'honora- | | ble Sir Georges Simpson, gouverneur de la Compa- s 1 0 pagnie de la Baie d'Hudson : on a deja préparé le Lois u 1e pour construire une église de trente pied: sur vingt- F ee cinq, qui pourra, je l'espère, au printemps prochain, st 1 OR offrir un abri à la plus grande partie dela population. LE «4 al | « Cent cinquante personnes ont constamment le | Ji assisté aux exercices de la Mission. Leur manière de \T | 114 | se confesser est assez curieuse pour en dire un mot. ec ni 1 En faisant la revue de leur conscience, ils gravent
des caractères symboliques sur un morceau d'é- Æ « | corce ; un homme la tête en bas, par exemple, leur 4 rappelle qu’ils se sont enivrés. «
« Nous avons baptisé dix-neuf enfants et six « adultes. Parmi ces derniers un surtout mérite d’être « cité ; c’est un jeune chasseur d’un caractère violent « et sanguinaire. Il n’y a pas encore deux ans qu'il « tua sa nièce d’un coup de fusil. Depuis le jour du « meurtre, ce malheureux n’a goûté de repos ni jour « ni nuit, seJon son propre aveu : « Il me semble
« toujours voir ma nièce devant mes yeux, me disait- FE en «il, me reprochant de l'avoir tuée, avant qu’elle si « eût reçu le baptême. » — Il était l’année dernière
résent bligés stance js, de ercice pnoraompale Lois vingtchain, lation.
mment ière de n mot.
sravent u d'ée, leur
et Six d’être violent s qu'il iour du pi jour semble » disaitqu'elle ernière
brillant de jeunesse et de santé ; maintenant une maladie intérieure le consume. Je n'ai jamais vu pénitent plus contrit de son crime, et j'ai cru trouver un motif d'indulgence à son égard dans son état débile et la vivacité de son repentir.
« Nos adieux d’Abbitibbi eurent quelque chose de si touchant que des agents protestants de la Compagnie, venus récemment de Moose, en furent frappés. Figurez-vous, mon Révérend Père, plus de trois cents sauvages, la plupart infidèles, agenouillés au bord du lac, et le Missionnaire debout dans son canot, levant au ciel ses mains habituées à bénir, et, les yeux pleins de larmes, priant le Père des miséricordes de daigner jeter un regard de compassion sur cette portion de son héritage. « Non, me disait « un protestant, témoin de ce spectacle, non, je
‘« n'avais encore rien vu de si attendrissant. — Ce
« n'était pourtant pas mon éloquence, lui répondis- « je, qui captivait cette foule d'Indiens, puisque, « comme vous le savez, je puis à peine les compren- « dre ; c'était la divine influence de la Religion que « je me suis efforcé de leur faire connaître ; c'était la « |résence de celui qui a dit: Qui vous écoute, « m'écoute! »
« D’Abbitibbi au Grand-Lac, nous voyageàmes en compagnie de plusieurs sauvages, qui conduisaent des canots chargés de marchandises. Ce fut une orcasion pour nous d'exercer notre ministère le
long de la route. Après avoir ramé toute la journée, m ces bons Indiens ne trouvaient pas de meilleur délas- pe sement que de venir, le soir, se confesser et enten- vê dre la parole de Dieu. nk « Un soir, tandis que nous étions occupés à dresser notre tente, arrivèrent près de nous plusieurs Æ ‘
néophytes qui avaient suivi les exercices de la Mis- ‘ sion à Témiskamingue. Je leur demandai où ils allaient. « Nous venons te voir, me répondirent-ils. a « Enfants des forêts, nous nous sommes dit : Il pas- , « sera bientôt, notre bon Père la Robe noire. Allons à, Sl « au-devant de lui pour camper près de sa tente. » Ces braves gens avaient déjà fait cinq journées de marche; ils nous accompagnèrent encore deux jours, puis, forcés de rentrer enfin dans leurs familles, ils nous demandèrent de l’eau bénite, et s’en retournèrent contents.
« Arrivés au Grand-Lac, nous fûmes agréablement surpris de voir les chefs de trois petites tribus qui fréquentent ce poste, c’est-à-dire le chef du lieu, celui de Xanikouanakag et celui de Michikonabi- a ' hong, réunis dans un même camp. Je savais qu'autre- “a fois l'esprit de jalousie les tenait séparés. Ofichkoua- À ‘ ex gonvi, chef de Michikonabikong, vint au-devant de
rnée, lélasnten-
dres-
sieurs
a Mis-
où ils
nt-ils.
Il pas- Allons ee Ÿ Ces e marjours, les, ils retour-
réables tribus du lieu, konabt- ’autrehhkouavant de
moi, suivi des deux autres, et d’une soixantaine de personnes; il tenait à la main la lettre que MF' Pévêque de Montréal lui avait fait parvenir l'hiver dernier, et, me la présentant, il me dit :
« Tu es salué par nous, mon Père. L’été dernier, lorsque notre ancien Père (M. Moreau) passa au Grand-Lac, il était malade, et ne put ni nous confesser n1 nous instruire, ce qui nous affligea beaucoup; car nous étions ici plusieurs qui voulions nous purifier de nos péchés. Grande donc a été notre joie, lorsque l’hiver dernier nous avons reçu une lettre du Gardien de la prière ; il nous disait : Vous serez visité par les Robes noires au printemps prochain. C'est ce que moi, Gardien de la prière à Montréal, fais savoir à Otichkouagonvi, chef de Michikonabikong, pour qu’il en avertisse tous les jeunes gens. » Voilà ce que m'a écrit le Gardien de la prière : aussi j'ai eu soin de l’annoncer à
tous ceux de ma tribu. De plus, comme depuis
longtemps le chef du Grand-Lac et moi nous ne campions plus ensemble, j'étais affligé de nos dissensions; pour y mettre un terme, j'allai le trouver, je lui fis connaitre ce que voulait de nous le Gardien de la prière, et nous cimentâmes de nouveau la paix. Désormais nos tentes seront unies aussi bien que nos cœurs. Nous espérons que notre exemple sera suivi par tous les guerriers des deux tribus. Que vous semble, ajouta-t-1l, en s'adressant
« à l’assemblée ? » Chacun répondit par un signe approbatif, et l’orateur s’assit au milieu des siens.
« Ce bon néophyte avait construit lui-même, à Michikonabikong, une grande cabane d’écorce, destinée à servir de chapelle. Elle pouvait contenir cent soixante personnes. C’est là que j'ai fait ma dernière mission, qui a duré neuf jours. Plus de deux cents sauvages y ont pris part, et m'ont fait oublier, par la vivacité de leur foi, toutes les fatigues du ministère apostolique.
« Je les quittai le 5 anût, et après avoir descendu pendant neuf jours la rivière Gatineau, sur une pirogue que m'’offrait le chef Ofichkouagonvi, j'arrivai à onze heures du soir.
« Je m'arrête ici, mon Révérend Père. Les détails que je viens de vous soumettre suffiront, je pense, pour constater le développement que prend chaque jour le catholicisme dans ses régions reculées, et pour vous donner une idée des progrès, autrement considérables, qu’y fera l'Evangile, lorsque des missionnaires pourront se fixer au milieu des trius. Cette église, qui n’est encore qu’à son berceau, pourrait, sous peu, être citée comme une chrétienté modèle, si elle avait plus de secours religieux. Il n’est pas téméraire de le penser, quand on voit plusieurs indiens se maintenir toute l’année dans la grâce de Dieu, bien qu'ils ne jouissent de la présence du prêtre que durant quelques jours.
L maté
l’âm
obje père qu'el de p a-t-1l press l'ins avec de le
e ap- « Ah! si jamais le nombre des ouvriers aposto- | liques permettait de proportionner les secours aux ne, à besoins, toutes ces tribus qui peuplent le nord de l’A- . des- mérique, et qui, pour la plupart, demandent des Robes - cent noires, seraient bientôt membres de la grande farnière mille catholique. Que de fois j'ai jeté des regards cents d’une sainte envie sur ces pauvres sauvages de la r, par Baie d'Hudson, qui nous appellent à grands cris, et nistère qu’à notre défaut les ministres de l’erreur vont peutêtre envahir; car on dit que les frères Moraves s’éscendu tendent chaque jour davantage dans ces contrées ! ane pi- « Veuillez prier pour moi, mon Révérend Père, ’arrivai et me croire votre affectionné confrère, « LAVERLOCHÈRE, O. M. ZT»
détails pe: Entre les lignes de cette lettre, vous avez senti chaque À L'âme du missionnaire que n’absorbe pas seul le côté lées, € D Latériel de son ministère. Les âmes, voilà l'unique trement
objet de ses attentions. Aussi, pour les âmes, il est père, il est mère, il est pasteur ; et les âmes, quelles qu’elles soient, sontses chères brebis ; il court même de préférence à la recherche des plus égarées. Les a-t-il fait rentrer au bercail, il les embrasse, il les presse sur son cœur, 1l les porte sur ses épaules à l'instar du divin Maitre. Son âme d’apôtre s’identifie avec ses ouailles : il souffre de leurs douleurs, il jouit de leurs joies, il pleure avec les enfants, avec les
les miss tri us.
, pournté mo- Il n’est plusieurs srôce de ju prètre
LT
mères, il s’apitoie sur les pauvres pécheurs, surtout sur les plus endurcis.
Vous avez senti également l’âme de l’ami vrai,
lorsque, retrouvant son confrère qu’il croyait perdu, il l’étreint chaleureusement dans ses bras et verse sur lui des larmes de tendresse.
Le cri déchirant par lequel il termine cette lettre
est digne d’un François Xavier. Le même cri s'échappe de son cœur dans le récit qu'il fait à ME l’Archevêque de Québec, au retour de la même course apostolique. « Oui, Monseigneur, en voyant
de pauvres enfants des bois venir parfois de très loin pour voir le prêtre etle prier d’a/ler chez eux pour leur faire connaître, ainsi qu’ils disent, la sainte prière du grand Manitou, le Missionnaire a le cœur navré de douleur; car il n’a pour leur consolation que des paroles d'espérance! Souvent, au milieu des forêts, considérant d’un côté les bonnes dispositions des sauvages, et de l’autre leur ignorance, je me suis dit, dans un sentiment profond de tristesse : « Oh! que ne puis-je, mon Dieu, faire entendre ma voix aux ministres du sanctuaire jusqu’au delà des mers, pour leur faire envisager cette immense moisson déjà blanchie ! Que ne puis-je surtout m'adresser à chaque famille, à chaque membre de la société catholique et leur dire : Heureux chrétiens, qui avez sucé avec le lait cette religion divine, la reconnaissance envers
rtout
vrai, erdu, verse
letire ne cri fait à mème voyant de très Lez eux sent, {a onnaire ur leur souvent, côté les » l'autre entument je, mon stres du eur faire lanchie !
» famille, e et leur avec le e envers
« Dieu, la charité envers le prochain vous en font «un devoir, vous aussi vous pouvez par de légers « sacrifices ouvrir le ciel aux nations infidèles. Ah! si vous connaissiez la profonde misère qui pèse « sur ces pauvres peuples ! »
Que pourrait-on dire du zèle de notre apôtre qui
ne fût au-dessous de cette brûlante expansion de son âme !.…
CR Re. cr RÉ
SC Te)
cet, deu pre offr
P, tal VIS C'e se ind
ave ciab