‹ Le père Laverlochère [microforme]Chapitre 15 sur 45 · SUR LE LAC TÉMISXAMINGUE · texte numérisé non relu

SUR LE LAC TÉMISXAMINGUE

ui Léon he S a nb dE #iisi SN ET UM D D ne ane 9 NES URI AV MR CNE LE ES MTS

tentes dressées sur les flancs de la colline les chants sraves et pieux de nos sauvages. Ah ! ma joie eût été trop douce, si dans le lointain ne me fussent apparues tant de tribus infidèles, où l’hérésie a pris les devants et que la vérité n’a point encore visitées! »

Le bon Dieu, en cette année, par l'entremise de son apôtre, mena toutes choses à bien. Pendant que le P. Laverlochère évangélisait les sauvages de Mémiskamingue, le P. Clément, son compagnon, payant pris les devants avec des manœuvres, avait bromptement érigé la sainte cabane, dont il est juestion ci-dessus, et qui cause tant de joie aux inliens et aux missionnaires. Pour donner au P. Clénent tout le temps nécessaire à l'achèvement de la hhapelle, le P. Laverlochère fit une excursion au jrand-Lac, mais à la manière apostolique, opérant es merveilles de charité partout sur son chemin. Je l'en citerai qu’un exemple.

| Comme il avait cédé son guide au P, Clément, il * vit obligé de s’en procurer un autre, afin de pouse rendre au Lac-la-Barrière. L'Indien à qui il ladressa était chrétien, père de six enfants égale- Dent chrétiens, mais sa femme était encore infidèle. jen que cet homme fut très joyeux de voyager avec bn missionnaire, il exigea cependant une condition

qui fait honneur à sa foi : « Mon Père, dit-il, grande « a été ma joie quand tu m'as demandé de te con: « conduire; il estcependant une chose qui me ferait «plus de plaisir encore si tu voulais me l’accorder. « Ecoute : Tu sais que ma compagne est du nombre de ceux qui ne prient pas encore; elle a du chagrin, étant infidèle au sein d’une famille chrétienne. Puis elle est timide, elle a de la peine à parler. C’es pourquoi elle ne te répondra jamais bien, lorsque tu l’interrogeras dans la sainte cabane, quoiqu'ell soit aussi instruite que les autres ; car vois-tu, c’es moi qui lui ai appris à réciter les prières. Quand elle a su que je devais accompagner : « Demande

à la robe noire s’il veut me permettre de le suivre

pendant quelques journées, m'a-t-elle dit; étan

seule, j'aurai moins de crainte; il m’instruira, e

peut-être que je pourrai aussi être arrosée de l’ea

de la prière. »

« — C’est ainsi qu'elle a dit ma compagne. »

Une demande si juste et si conforme à la sainte entreprise qui lui était confiée ne pouvait éprouve aucun refus de la par du P. Laverlochère; aussi par une réponse affirmative, 1l mit cette famille a comble de la joie.

On se mit en route. Au-dessus du lac Témiskai mingue se trouve une série de portages longs et mau vais pour la plupart; il faut ordinairement deux 0 trois journées pour les franchir. Or, tandis que le

Ne Et MS Lo ie di D done:

t-il, grandehommes faisaient portage, le Père disposait au bapé de te con-Btème la bonne catéchumène, et trois de ses enfants qui me ferait la première communion. Elle suivit le missionaire e l’accorder.RBencore deux jours; mais la faiblesse de ses enfants ne t du nombreMui permettant pas d'aller plus loin, elle résolut de du chagrin S'attendre jusqu’à son retour sur le chemin d’Abbitienne. Puis SMibbi. Le Père lui avait assigné l’époque où il compparler. C’eslltait se rendre à cette dernière mission. Mais le grand ien, lorsquehombre de sauvages qu’il rencontra au lac, et l’in- , quoiqu’ellétempérie de l’air ayant retardé son retour de quavois-tu, C’esBBrante-huit heures, la pauvre sauvagesse crut que le ères. QuandBmissionnaire était passé. S’imaginant donc aller après

: « Demand@Bui, elle part avec six enfants, s’égare, et parcourt de le suivrélurant trois jours des lieux inconnus. Mais, à Provile dit; étan@Slence ! au moment où tout espoir semblait s’évanouir,

’instruira, e

Re entend au loin des coups de fusil, et peu à peu le osée de l'ea

bruit des rames battant sur la vague: c'était évilemment le canot désiré. Les chasseurs ayant aperçu es canards avaient fait feu. Elle rejoignit prompteent le missionnaire. Celui-ci, la voyant épuisée de atigue et de faim, lui procura enfin le bonheur d’être égénérée dans les eaux saintes du baptême.

Aïnsi, comme le bon Maître il « passait en faisant à bien. » Sa charité n’avait d’égale que sa foi, Un

pagne. »

e à la sainte ait éprouve chère; aussi te famille a

ac TémiskaBoir un homme l’aborde et lui dit: « Mon Père, nous ongs et mau@ attendons ici depuis « deux mois; nous avons sousent deux 0 vent tendu nos filets sans prendre un seul poisson,

ndis que LS nous jeûnions toute cette journée-là. Le désir que

Re RE NA

passant près de la tente du sauvage, le Père l’en-

« nous avions, moi et ma femme, de te voir, noui « faisait oublier la faim. Enfin, tu es venu, tu a « purifié nos âmes; le Grand-Esprit nous a pris « « pitié, nous l’en remercions. Il nous eût été bier « doux de rester ici jusqu’à ton départ. Cependant «si, cette nuit, nous ne prenons pas de poisson, nou serons obligés de partir demain. » — Cet aveu & simple, mais touchant, émut le Père. Ce jeune chrétic: était le modèle des autres et l’aide du missionnaire. « Va, mon fils, lui dit le Père, va tendre tes filets. « Daigne le Grand-Esprit te favoriser cette nuit! « Prieaussi notre bonne Mère Marie. » Lelendemain,

tendit s’écrier : « Vois, mon Père, comme j'ai été « béni cette nuit! » Et il lui montra une quinzaine de beaux poissons blancs. Le Seigneur avait récompensé en même temps et la foi du missionnaire et la confiance du néophyte.

La chrétienté naissante d’Abbitibbi, par sa piété tendre et pure, faisait la consolation de l’homme de Dieu. Là, du moins, le Seigneur avait des âmes d'élite, heureuses de l’aimer et de le servir. On conçoit aisément la peine qu’éprouvait le missionnaire lorsqu’il était obligé de se séparer de cette chère mission, Le jour venu, ils’attendrit jusqu'aux larmes en entendant ces touchantes paroles d'adieu; « Tu vas nous « quitter, mon Père; le temps de ton absence va « nous paraître long. Quand même tu habiteras loin

voir, nOui venu, tu à s apris « eût été bicr Cependant issOn, nou Cet aveu s une chrétier issionnairce.

re tes filets.

cette nuit!

lendemain, > Père l’enme j'ai été 1e quinzaine ivait récomnnaire et la

par sa piété l’homme de t des âmes r. On conçoit nnaire lorsère mission, es en enten- Tu vas nous

absence va abiteras loin

de nous, tu seras toujours présent à notre esprit. Tu salueras pour nous les gardiens de la prière; tu leur diras que nous les remercions de ce qu'ils nous envoient des robes noires pour nous rendre meilleurs. Adieu, mon Père, prie pour nous; nous prierons.. pour ton retour. »

Ÿ. Ÿ O , Ÿ LL O 4 La Ÿ 2 €Ÿ KY Ÿ V4 4, \ << € 4 S Ÿ, se € % 6?

22€ RÈË RE 25 CÈFÉ EE SO assaut 2] |:

us < D er * 2e 2] =} ZF — = = N Ka

Page 1