‹ Le père Lefebvre et l'Acadie [microforme]Chapitre 33 sur 77 · I-Cette ge · texte numérisé non relu

I-Cette ge

mais Je frand l départ des

l'édu- 1émes, leurs ‘opte fin du aniveros1tis.

es. Les té ralivement e sujets itOY ENS.

ment le mais Île aturelles am. Dehonune,

e d'abus, 16 comme

ne plus tale leurs

atholique.

qu'il va jais elle à M Dh deux lus que la désirable en vue de des relile régime d'hui leur

dre à voir Gt-il moins

tolique le

clergé de France depuis que, grâce à l'amélioration des prourunmes antiques d'études, il est devenu le plus instruit peut-être (il n'est pas ici question de théologie) parmi Île clergé de toute la chrétienté ?

Nous verrons dans la suite de ce récit quelle’ était l’orientation des idées du P. Lefebvre sur cette question, devenue d'une importance vitale pour la race française en Amérique.

La première année du cours classique, à Memramcook, se termina heureusement. Les élèves étaient pleins de docilité et avaient fait preuve de sérieuses aptitudes. Le supérieur exultait, [l voyait son œuvre grandir, sans qu'aucun nuage sérieux semblât en menacer la précaire existence. Le bruit de son succès s'était même répandu, sans y susciter d'ombrage, dans les diocèses voisins. Durant les vacances de 1866, il dut se rendre à Arichat, à la demande de M. l'abbé Cameron, aujourd’hui évêque d’Antigonish, qui désirait donner pour rem. plaçants aux Frères de la Doctrine chrétienne les RR. PP. de Sainte-Croix. Ces Frères s'étaient établis à Arichat, Nouvelle- Ecosse, vers 1861, dans une belle académie * construite pour x par M. Giroir, alors curé de la paroisse, et dotée d’une tendue considérable de terrain. Arichat était, à cette époque, k plus riche paroisse française de toute la Nouvelle-Ecosse, et M. Giroir y avait entrepris, avec une puissance de volonté incroyable, l'œuvre à laquelle M. Lafrance vouait sa vie, à Memramcook : le relèvement des Acadiens par l'éducation.

Les Frères demeurèrent à Arichat aussi longtemps que \ Giroir en fut le curé: mais, vers 1865, il fut violemment relécué à Acadieville, petite paroisse non encore organisée.

Pour des causes d'apparence assez futile, la mésintelligence se mit bientôt entre son successeur et les Frères : et ceux-ci, de gré ou de force, reprirent le chemin du Canada, d’où ils étaient venus, Leur départ, joint à certains incidents antérieurs, usa un très vif mécontentement dans la paroisse. Les chers Frères enseignaient le français, et cela aux yeux des pauvres Acadiens leur donnait raison dans leurs démêlés avec les

I-Cette académie sert aujourd’hui de Grammar School pour le village; mais le français n’y est pas enseigné et ne l’a plus été, m'aflirme-t-on, depuis k départ des Frères.

re

autorités religieuses. Pour la première fois, peut-être, depuis le “grand exil,” une paroisse française osait exprimer tous haut son mécontentement, Rien n'allait plus. C'est à lu suite de ces événements, et pour y mettre fin, que M. Cameron s'était adressé aux Pères de Sainte-Croix, les priant de venir conti. nuer à Arichat l'œuvre d'éducation des Frères,

Le P. Lefebvre examinu les eux et les choses, et en arriva à une conclusion finale favorable au projet, lequel, cependant,

échoua, C’est la question des brevets provinciaux qui en fut là pierre d'achoppement, Le gouvernement de la Nouvelle-Ecosse venait de passer une loi, la loi Tupper, exigeant un diplôme de compétence pour tout instituteur rémunéré par l'Etat, L'affaire en demeura là, et n'a pas été reprise jJusqu'aujourd’hui.

Il reste de ce premier voyage du P. Lefebvre à la Nouvelle. Ecosse un petit incident de gaieté dont les témoins se sou: viennent encore.

Le lecteur se rappelle que Mgr Sweeney, en se séparant de lui à Moncton, en juin 1864, lui avait sérieusement recon: mandé d'apprendre l'anglais. Le P. Lefebvre n'en avait guvre eu le loisir. Cependant, il y mettait en toute occasion une extrême bonne volonté. ‘

Le bateau qui les conduisait, lui et le P. Bourque, son con: pagnon, d'Halifax à Arichat, était rempli de voyageurs, pour la plupart des Ecossais, excellents catholiques à la figure franche et loyale et à la stature de six pieds, hommes tt femmes. L'heure du souper sonna. Parmi les viandes il y avait de la dinde. Le P. Lefebvre, mis en appétit par le grand air de la mer, appela le garçon et lui dit assez haut pour étr entendu de tous les passagers :

— L'avill take one more turkey again.

Rires étouffés à l'entour de la table. Ils’en aperçut, et demanda à son compagnon la cause de toute cette guiete Celui-ci lui traduisit sa phrase. Entendant tout ce qu'il avai demandé au waiter, il partit d’un éclat de rire si franc qu l'hilurité devint générale et que tous les passagers, se levant l’acclamèrent bruyamment,

— Voyez, dit-il, en se penchant vers le P. Bourque, comui mon dindon en à mis d’autres en joie !

Page 1