‹ Le père Lefebvre et l'Acadie [microforme]Chapitre 32 sur 77 · I-L'abbé Sicard · texte numérisé non relu

I-L'abbé Sicard

Jeunes écoliers, on leu: inculquait le goût de la lecture des auteurs classiques, dans l'original latin et grec, quand ils comprenaient suffisamment ces langues pour les goûter autrement dans les traductions. Ramus nous apprend que de son temps l4 journée de travail était divisée en dix heures, dont deux étaient consacrées à la leçon, une à l'étude de ln grammaire, et sept à la lecture des textes classiques et à la composition.

Le cours classique consistait alors, comme aujourd'hui, en six années d’études; mais on y apprenait sérieusement les langues, que les maîtres se croyaient tenus de savoir pour

enseigner.

Au Canada, le “ cours classique ” fut, dans l’origine et jusqu'à la conquête, un cours essentiellement préparatoire à l'état

onäsuvique et ecclésiastique. C’est pour cela que nos collèges, jusqu'à ces dernières années, furent appelés des “ petits séminaires.”

Le peuple n'avait pas de voix au Conseil de l'instruction publique, pas plus, au reste, qu'il n’en avait dans les conseils de l’État, moins encore, si cela eût été possible ; et l'éducation qu'on lui donnait était en rapport avec ses prérogatives.

L'instruction secondaire était avant tout hiératique, pour le recrutement exclusif du clergé et le bénéfice de l'Église. A cela il n’y a rien à dire, puisque tels étaient les coutumes du royaume et les droits publics de l’époque.

Le paysan tanadien, il est bien vrai, ne tarda pas à s’émanciper quelque peu, grâce à ses vertus guerrières de premier ordre, grâce aux immenses étendues de territoire qui le sollicitaient et grâce surtout à cet air amkiant de liberté qu s'exhale partout de l'Amérique et d'où est sortie, comm d’une chrysalide, la grande république voisine. Cependant, à la date de la cession du pays à l'Angleterre, en 1763, il n'avait pu s'élever encore au-dessus de la condition de contribnable obligé, à l’état passif. Il était toujours une quantité négligeable dans l’État, excepté à la corvée universelle.

Il a avoir Franc pouvo

Les Canad Tous 1 comine devait France de gra précieu

reliieu La p:

de l'At] gent in supprin

à divin, e Conseil [n'y étant m Des hui

Rien truction de sa po

Ceux ( brusque:

souvenir tème hié par son L'évoluti sera che

de prude ls ancçie 'aisons, l-Les Ré peuple,

2 Étits e

ure des and ils

goûter, Lque de . heures, ade de la es et à la

d'hui, en ment les VOIr pour

et jusqu'à e à l'état s collèges, As “ petits

nstruction les conseils l'éducation tives.

ique, pour de l'Église.

s coutumes s à s'émande premier ire qui le liberté qui tie, comme ependant, à 3,il n'avait ontribuable négligeable

Il avait pour lui les écoles élémentaires, quand il en pouvait avoir !, et c'est à peu près tout ce que ln sûreté de l’État, en France, et la tranquillité de lu colonie, au Canada, semblaient pouvoir prudemment lui concéder.

Les professions libérales n'étaient pas alors tolérées au Canada, ou, si elles existaient, voyez quelle figure elles faisaient. Tous les médecins relevèrent longtemps du barbier du roi, comme aujourd'hui ils relèvent de Laval où de McGill, ce qui devait simplifier considérablement leur cours de clinique. En France, des’ seringues, une laicette et un chapeau pointu ; ici, de grands mots de provenance grecque et latine, vestiges précieux d’un cours classique avorté par défaut de vocation religieuse, constituaient leur plus clair bagage curatif.

La profession légale ne se tenait guère mieux, de ce cûté-ci de l'Atlantique, durant le régime français. De fait, les avocats, gent innovatrice et chicanière, n'étaient ni plus ni moins que supprimés, dans l'intérêt de l’autocratie royale et du droit divin, et pour ne pas éveiller d'idées dans le peuple. Le Conseil supérieur de Québec avait décrété ceci, en 1678 : “Il n'y à pas au Canada d'avocats, procureurs, ni praticiens, étant même de l’avantage de la colonie de n’en pas recevoir ” ? Des huissiers les remplaçaient.

Rien d'étonnant, dans ces conditions-là, que la haute instruction échappât au peuple et fût tenue tout à fait en dehors le sa portée.

Ceux qui demandent aujourd'hui à grands cris des réformes Lbrusques dans notre enseignement secondaire, devraient se souvenir qu’on ne réforme pas du jour au lendemain un système hiératique vieux comme les siècles, et respectable autant par son antiquité même que par les grands services rendus. L'évolution dans les méthodes d'agriculture et d'enseignement sera chez nous un travail nécessairement lent, que beaucoup de prudence et de patience pourra seul déterminer. Comme ls anciens Egyptiens, et peut-être un peu pour les mêmes raisons, nous sommes ici une race décidément routinière.

1-Les Récollets se sont montrés d’admirables éducateurs du peuple pour le peuple.

2 Édits et Ordonnances, vol. Ier, p. 106.

dd ge one Pr

D'un autre côté, ceux qui tiennent dans leurs mains l'éducation collégiale pourraient avec avantage pour eux-mêmes, pour l'Eglise et pour la société, détourner quelquefois leurs regards d'un passé qui les hypnotise, pour se rendre un compte exact de l'état des choses qui, bien où mal, existe à la tin du dix-neuvième siècle, de l'orientation de la civilisation umiverselle, non répudiée par l’Église, et des besoins urgents, positifs. des nations en concurrence vitale les unes avec les autres. Les conditions de notre économie sociale et politique ont été radli- ‘alement modifiées par la conquête anglaise, et défmitivement fixées par le pacte fédéral des provinces, en 1867. De sujets qu'étaient nos pères, nous sommes devenus des citoyens, chacun de nous possédant, comme disait récemment le P. Didon, un fragment de royauté. Nous avons désormais le droit légal de prendre notre juste part des libertés naturelles données en légitime héritage à tous les enfants d'Adam. Devant la loi humaine, un homme vaut désormais un homme, tout comme devant la loi de Dieu non travestie.

Il incombe à l'enseignement secondaire, sous peine d'abus, de tenir compte de ces changements organiques, tout comme il importe aux mandarins du Céleste Empire de ne plus contester à la vapeur, à l'électricité et à l'union postale leurs droits à l'existence, même en Chine.

Notre société franco-canadienne, profondément catholique. a sans doute le même besoin essentiel de prêtres qu'il y a deux cents ans, personne ne songe à le contester ; mais elle à aussi besoin de citoyens instruits ; et l'instruction d'il y à deux cents ans, sauf pour la religion et la langue, n’est plus que hi demi-instruction d'aujourd'hui. Il n’est ni juste ni désirable que les programmes d’études soient toujours faits en vue de former tout particulièrement des ecclésiastiques et des relivieux, comme cela se pratiquait très bien sous le régime français : sur cent élèves qui commencent aujourd'hui leur latin, soixante et quinze retournent dans le monde.

Au reste le clergé lui-même n'aurait rien à perdre à voir s'élargir un peu le cadre effectif de ses études. Est-il moins

vénérable, est-il moins respecté, est-il moins apostolique le

clergé granit peut-é clergé Nou tation d'une La F termin avaient exultai Sérieux son suc dans los se rend aujourd placants Sainte-(C Ecosse, \ eUX par tendue la plus 1 et M. Gi incroyab]

Memramd Les Fi M. Giroir relécué à Pour d Se mit: bi gré ou de venus, Usa un t Frères en: Acadiens

Page 1