CHAPITRE DEUXIÈME
Son enfance, Su mere, Nes premicres écoles. Premiere communion, Le pere Laperle, — Mort de son père, — L'école de Singer, L'hiver au Canada. Lectures, —Atil aimé L'amour de la nature chez les postes, les saints
et chez Camille Lefebvre,
Camille Lefebvre avait quinze ans quand il perdit son pere, L'héritage paternel était presque tout passé aux mains des ent: uts des deux premiers lits, de sorte que la troisième “fe un: Marie- Véronique, resta, avec son enfant, dans un état
%. nssez voisin de la misère, C'était une personne courageuse et
Ldouce, craignant Dieu et mettant en lui tout son espoir, Dieu "et ( famille, cette mère n'aimait rien autre chose autant sous les cieux et nu delà.
Rien ici-bas ne fait aussi bien comprendre l'amour de Dieu pour les hommes que l'amour des mères, rien ne S'y conforme autant, rien ne s'en rapproche de si près. La mère chrétienne Lest surtout belle entre les femmes : snater adinirabilis. La Lvierge du cloître est peut-être plus rapprochée de l’Agnean : la mere chrétienne Ini ressemble davantage. Il y à ceci de commun entre Jésus et la mère, le sacritice par l'amour. Tous “deux enfantent des âmes pour les conduire à Dieu. Les ‘mères sont les pourvoveuses du paradis. Et partout et tou-
“jours elles sont les mêmes. Marie, à Bethléem et à Nazareth. “est sans ‘doute l'idéal ; mais le sentiment maternel ne différait “pas chez elle de celui de nos mères à nous. Il n'était qu'in- “tensifié par la présence de la divinité. Dans son fils elle
-adorait son Dieu. Mais Jésus était avant tout son fils, la
chair de sa chair ; et la mère, chez elle, ne perdit jamais ses
tlroits.
} Quelles furent les occupatiens du jeune Camille, jusqu'à la
Anort de son père ? Celles de son Âge, sans doute. L'histoire
l'un homme ne commence, à proprement parler, que lorsqu'il à atteint l'âge d'homme, et c'est heureux, parce que cela lu permet de dérober au monde les plus belles, les plus sereine années de sa vie. Les jeux d’abord, quand l'enfant trouv: des compagnons. Le jeune Camille n’en avait guère, vivant seul dans la maison avec ses vieux parents.
Son père ne savait pas lire : les coureurs-des-bois avaient bien autre chose à faire qu'à tenir une plume et à se farcir k: tête des signes de l'alphabet. N'ils les avaient appris dan leur premiere enfance, apres cinq, dix ans de la vie des boi il nen paraissait gucre.
Par contre, dame Véronique Bouthillier possédait la somni totale des connaissances littéraires de la plupart des paysan nes canadiennes : elle savait lire. Peut-être aussi pouvait-ell écrire.
‘Quand, les dimanches et les jours fériés, elle se rendait : l'église de Naint-Philippe, accompagnée de Louis Lefebvr du vivant de celui-ci, et du jeune Camille toujours, elle n'ot: bliait jamais de prendre, sur la corniche où reposait | pendule, le gros Paroissien rotin acheté chez Fabre # Gravel, à Montréal.
Ce qu'est la bise dans la demeure d'un protestant, le livr de prières l'est dans la maison d'un Canadien ou d’un Ac dien. C'est pour les uns et les autres le livre par excellenc hiblion.
On à lieu de croire que Camille apprit à assembler ses let tres dans le vieux paroissien romain de sa mère, et que ces elle-même qui lui montra à lire.
Ilest une reproduction d'un tableau de Mathias Rimbrecl devant laquelle je me suis souvent et longtemps arrêté. Ces sainte Anne montrant à lire à Marie. L'anachronisme d'u volume relié entre les mains de la sainte Vierge,—les grand peintres de l1 Renaissance en ont fait bien d'autres, —n diminuait en rien l'émotion que je ressentais en voyant cett mère penchée avec amour sur sa fille, et jui enseignant le Ecritures. Il existe d’autres tableaux, d’une forte inspiration représentant là même scène. Mais je n'ai vu nulle part, et n
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jours de celui où au léger Comme les prem parer à bonheur On m convicti qu'une 0 nent à li nous, où suivent Français d'un trai L'école Paunes « pour fan Mineur. « énviron Sienne, | pere, bris Pexcos di fut placé Louise E Charitabl aftection., Avec (|