‹ Le père Lefebvre et l'Acadie [microforme]Chapitre 56 sur 77 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

que le P. Lefebvre n'en sût rien, ou le projet était manqué, à par

cause de la statuette, nul

Les supérieurs de nos collèges exercent le privilège de ont

haute et basse main sur la correspondance de leurs subor- mo!

donnés. Des lettres indiserètes, saisies au passage, révélèrent C

au P, Lefebvre tous les détails de l'intrigue. [l'en fut atterre, uni

Une statue à lui! Ce que l'on élève aux grands hommes, et pou

après leur mort, encore! TT fait aussitôt part de sa décou: crt Die

à son confident de Saint-Laurent. elle

Les

pres

‘8 septembre 1895. Re

AVal

“ Mon cher Père, Nt

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“Oh! marabile auditu ! Devinez en vingt, en cent: vous bol

n'y êtes pas en mille. Jetez votre langue aux chats. Oh! La

bel! ‘arce! Voilà M. Migneron et son académie en frais de M ana

nm‘ ver une statue, Hébert est consulté au sujet de cette ME tt statue du grand homme (9 sur le socle de laquelle on mettra

cette inscription: Père Lefebvre qui ne fut rien, pas même Re

dince

académicien.

“ Heureusément, j'ai mis la main sur le fil de la trame que, je vais rompre sans miséricorde. Des lettres écrites à A vier 14

intimes de hi ‘ft, une chose hurissement ?

son cœur fut rave maladie, PATISSINE, tie milice, ui, au collece Le directeur r cet anniver historique du (les malheuuvre de cons core, HE fallut ait manqué, à

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éembre 1S95.

en cent: vous chats, Oh!

ie en frais de sujet de cette elle on mettra rien, pas même

le la traine que tres écrites à

M, Rameau de Saint-Père, à M. Sulte, à M. Fréchette, ete. que Jai saisies au vol, m'ont tout dévoilé,

“En vérité, malgré mes nombreux péchés, je ne croyais pas mériter une pareille humiliation. Gardez ce secret pour vous, afin de n'épargner le ridicule qui écorncrait furieusement ma trop petite dose d'humilité. "

IL est quelquefois aussi malaisé d'arrêter le cours des honneurs que de le déterminer. Rendons aux bomines, nos frères, cette justice de dire qu'ils se laissent rarement réduire a cette dure extrémité, et qu'ils se résiwnent assez facilement aux couronnes, aux ares de triomphe, aux apothéoses, aux génnflexions, aux décorations, aux compliments hyperboliques, aux hautes charges de l'Etat. Des princes, cependant, se sont cachés dans les eloitres pour fuir le sceptre:; d'autre part, des religieux, le jésuite Bellarmin, par exemple, ont été maloré eux faits cardinaux, et d'aucuns, comme le P. Lefebvre, ont 666 condamnés à subir de leur vivant et sous leurs yeux, le moulage de leur statue.

Car il se faisait illusion, le bon Père, en annonennt à son ant qu'il allait rompre cette trame sans miséricorde.” C’est pour les religieux surtout qu'il est écrit : l'homme propose et Dieu dispose, Au moment où In “ trame” fut découverte, elle était déjà trop bien tissée pour être facilement rompue, Les conditions avaient été arrêtées nvec l'éditeur pour l'impression de l'A lbuin, — c'est le nom du livre, et M, Hébert ! avait accepté de fondre la statuette.

Sur la défense formelle du P. Lefebvre de laisser couler la statue et imprimer Je livre, qu'il soupeonnait d'être hyperholique à son sujet, l'académie en appela au provincial,

Le P, Benudet, ? qui remplissait alors la fonction élevée qavait refusée le P. Lefebvre, était un homme ascétique et bon, mrus avant tout utilitaire, Considérant que les choses

Sculpteur canadien renommé, même à Paris. M, Hébert est de descendunce ucadienne,

2-Nommé provincial en 1890, mort subitement à Saint-Laurent, le 13 jan- Vier 1896,

Là DC 5

étaient trop avancées pour être décommandées, et qu'il n'était pas désirable de revenir sur des contrats en partie exécutés, il leva la défense et permit de terminer et le livre et la statue. Le P. Lefebvre pria, supplia. Dans son affolement, il se rendit à Saint-Laurent pour remettre sa démission de supérieur du collèse Saint-Joseph entre les mains du P. Beaudet. Celui-ci le renvoya sévèrement à Memramcook, avec l’ordre de rester à son poste,

C’est au 12 juin, vingt-cinquième anniversaire de la fondation de la société Saint-Jean-Baptiste, qu'était fixée la présentation,

Un mois avant la date fatale, il : prit par une lettre du P. Roy que Saint-Laurent et la Côte-des-Neiges seraient représentés à la fête. Il écrivit aussitôt à son ami:

“Je serai toujours heureux de recevoir le T. R. P. Provincial et ceux qui l'accompagneront : mais pour là circonstance dont vous faites mention et dont la pensée seule m'est si intolérable, veuillez m'excuser auprès de lui. Je serai absent: je ne puis me résigner à subir une telle humiliation. Je ne me sens ni la force moraie, ni la force physique d'y faire face. Inutile d'essayer de me contraindre à une telle chose qui me révolte souverainement et dont les conséquences pourraient être fâcheuses pour moi. Je confesse mon peu de vertu en cela comme en bien d'autres choses. Je compte sur la clémente bonté de Dieu qui connaît mes intentions.”

Il était condamné à boire jusqu’à la lie son calice d'apothéose.

Le 12 juin arriva. La fête eut un éclat inouï. Au personnel enseignant, aux écoliers, à la paroisse de Memramcook, se joignirent les paroisses environnantes, les anciens élèves et le clergé à trente lieues à la ronde. Le P. Lefebvre présida — par obéissance —— à toute cette liesse, avec les sentiments d'un condamné à mort qui dresserait lui-même son propre gihet. C'était Isaac faisant les frais de son bûcher. A la tin de la séance, avec le Médecin malgré lui au programme, un élève en rhétorique, le président de l'académie, Gonna lecture d'une adresse et fit le dévoilement de la statue, au milieu d’un délire d'enthousiasme. Les discours se succéderent, tombant sur le

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