‹ Le père Lefebvre et l'Acadie [microforme]Chapitre 58 sur 77 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

L'amour,--Piété du P, Lefebvre. Ses saints préférés, Son amour de l'Aca. die. Nes écoliers, Ses Paroissiens, — Anecdotes. Sa charité, Son esprit, Ses rapports avec les élèves. Son grand air,

Quelqu'un à dit que le plus beau Spectacle qu'il soit donné le contempler en ce monde, c'est une belle âme,

Celle du P. Lefebvre respirait du côté du ciel et se r'épanlait du côté des hommes, Elle était faite d'amour et de charité, Il aimait Dieu tendrement de la manière qu'un enfant peut aimer son père et sn mère,

Cet amour objectif de Dieu pour Dieu n'est pas bien compris dans le monde. On est plus où moins honnête homme: on remplit assez exactement ses devoirs : mais c'est dans un but égoiste: le paradis que l'on espère, l'enfer que l’on craint, et, souvent, l'opinion publique que l'on redoute. C’est soi-même que l’on aime en définitive. Peu ument Dieu comme ils ont aimé les créatures, avec intensité, avec ivresse, avec passion. Cela ne se conçoit même pas comme une chose qui se puisse faire, C'est sans doute parce que cela ne se pratique guère; car de même qu'on n'arrive à aimer le beau qui tombe sous les sens, — une toile d’un grand maitre, la inusique savante, la poésie classique !—,que si l’on a beaucoup pratiqué ces arts, de même il faut pratiquer l'amour pour l'aimer. C’est pourquoi, sans doute, Dieu a laissé aux hommes le cominandement étrange de l'aimer par-dessus toutes choses et de s'aimer les uns les autres. Quand il voulut donner un chef à son Eglise, il l'examina sur l'amour.

1-Parlant de l’Iiade et de l'Odyssée, Boileau dit: ‘ C’est avoir profité que de savoir s'y plaire. Quintilien avait exprimé la même idée avant lui: Ille se Profecisse sciat, cui Cicero valde placebit.

6 M'uimes-tu, Pierre /” C'est toute lu science, c’est toute |: théologie qu'il requérait de lui, amour,

Il semblerut que le ravissement en Dieu où saint Paui: été élevé, ! que l'état d'extuse où s'est trouvé saint Jean reposant sur la poitrine de Jésus, fut le plus haut deure d'amour qu'il soit possible à l'homme d'atteindre, cet amoum étant semblable à celui des chérubins,

L'amour de Dieu et des hommes est cependant plus parfait encore, C'est la charité, qui est “la perfection de l'amou (saint François de Sules), qui est “la perfection de Dieu et de l'homme” (cardinal Manning), parce qu'il comprend le sucri fice et la souffrance, et qu'il remplit ici-bas toute la loi (Rom, XI, 18). C'est de cet amour que Marie vécut, surtout à partir de la passion, et que son Fils est mort sur le Golgothu,

Ces considérations peuvent paraître présomptueuses, voire déplacées sous la plume d'un laïque. Et qui done prétend que l'amour est l'apanage exclusif de la vierge cloîtrée où du moine contemplatif ? L'amour est le commencement et la tin de toutes choses ordonnées. [est l'air vital que respirent les âmes, le froment dont se rassasien! les cœurs. Qui en est privé meurt. C'est parce que les païens avaient peu d'amou que saint Paul s'est pris de compassion pour eux: et sainte Thérèse exprimait toute l'horreur que lai inspirait Natan en disant de lui: “Le malheureux, il n'aime pas!”

Dieu, qui est l'essence incréée de l'amour, à fait de l'amour la loi universelle, selon des degrés divers.

Nos attaches, nos préférences, nos ainitiés, notre amour, sont des formes de l'amour. Amour conscient et libre. L'instinct, chez les animaux, en est une forme irréfléchie. Qu'est-ce que le mouvement, l'énergie, la matière cosinique, la gravitation universelle, mal dénommée peut-être par Newton, si ce n'est une des manifestations éloignées de @& premier principe !

Qui attire le soleil et tout son e vers un point du monde constellé ? Qui appelle les istellations © es-mêmes

1—$Si c'est avec son corps ou sans son corps, il n’en sait rien, (II Corinth, 11, 19.)

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