SCÈNE IX
Les Mêmes, FLORENTIN.
FLORENTIN, ouvrant la fenêtre de la cabane dans laquelle il s'est caché.
J'ai trouvé la blouse du jardinier et je l'ai
endossée.
ALFRED, au fond.
Je n'aperçois rien.
FLORENTIN , écoutant.
Voyons donc si mon supérieur est parti...
PRUDENCE
Monsieur, retirez-vous , je vous en supplie... si vous saviez à quoi vous m'exposez !...
ALFRED
Je serais désolé de vous causer le moindre chagrin... mais cette jeune personne, vous la reverrez; dites-lui du moins que je la trouve charmante, que je l'aime, que je penserai à elle toute ma vie.
AIR : J'en guette un petit de mon âge.
Ali! dites-lui qu'avec constance Je garderai son souvenir ; Dites-lui que durant l'absence Je vais soupirer et gémir; «Sur mon amour tendre et fidèle Dites-lui bien qu'on peut se reposer...
Et si je vous donne un baiser, Dites-lui bien que c'est pour elle.
(Il l'embrasse.) PRUDENCE.
Mais finissez donc!
FLORENTIN
Qu'est-ce que j'entends?... J'aime mieux ne
pas entendre.
(Il referme la fenêtre.)
ALFRED
Je ne vous demande plus qu'une chose, son nom! rien que son nom, et je m'en vais.
PRUDENCK.
Eh bien ! puisque vous voulez le savoir, c'est une étrangère qui était venue ici et qui est repartie.
ALFRED
Une étrangère ! partie ! il serait vrai ! moi qui espérais...
PRUDENCE
Maintenant, veuillez vous retirer.
ALFRED
Oui , oui, mon enfant, je... (Avec regret.) Partie! allons, il faut y renoncer. (A Prudence.) Adieu.
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