PRUDENCE, PASCAL
PASCAL , sortant du pavillon.
Hein?... qu'est-ce que c'est ? èricore des voix extérieures!., non, elle est seule... cW singulier... ( A sa fille. ) Prudence !
PRUDENCE
Plaît-il , mon père ?
PASCAL
Écoutez ici... Nous allons habiter ce pavillon pendant quelques jours , mademoiselle Octavie,vouset moi... nous y resterons jusqu'à ce que le régiment qui est arrivé avant-hier à Bayonne soit parti pour l'Espagne.
PRUDENCE
Comment... ce pavillon isolé au bout du jardin... et pourquoi donc ça , papa ?
PASCAL
Ma fille, je n'aime pas à voir un enfant questionner ses père et mère : ça me choque... autrefois ça n'arrivait jamais; un père disait à son enfant : Vous ferez ceci ; ou bien : Vous ferez cela ; et l'enfant répondait : Oui, papa, sans s'informer du reste... Aujourd'hui, l'enfant ne dit plus : Oui, papa... il dit : Pourquoi donc ça, papa... et voilà où en est le relâchement des mœurs... voilà le fruit des révolutions.
PRUDENCE
Il me semble pourtant qu'il est bien permis...
PASCAL, l'interrompant.
Prudence , vous tenez beaucoup trop de votre maman... de feu madame Pascal mon épouse...
Air : Un homme pour faire un tableau.
Ta mère, objet de mes amours, Et qui maint'nant m'est encor chère , Me faisait damner tous les jours , Était bavarde et tracassière ; Son caractère était le tien; Curieuse autant qu'on peut croire , Sa langue ne respectait rien.
(Otant son chapeau.)
Ma fiir, respectez sa mémoire.
PRUDENCE
Puisque ça vous contrarie , je ne vous demanderai plus rien.
TASCAL.
Vous êtes une impertinente... demandez-moi tout ce que vous voudrez, mais ne m'interrogez pas... Vous resterez dans ce pavillon,