ALFRED, OCTAVIE
ALFRED , à Octavie qui veut sortir.
Restez, madame... écoutez-moi... les instants sont précieux ; et il faut à tout prix que vous sachiez ce que ma lettre devait vous apprendre.
OCTAVIE
Quoi ! monsieur'... vous savez?..
ALFRED
Je sais que vous ne l'avez pas lue, pour obéir à un devoir imaginaire... si ce devoir existait je ne vous engagerais pas à le trahir.... mais mon amour est légitime, et j'ai le droit de vous le faire entendre... ce n'est pas un caprice, une fantaisie d'un jour... non, madame... depuis»long-temps je vous connais, depuis long-temps je vous aime !
OCTAVIE
Depuis long-temps ?..
ALFRED
Forcé de m'éloigner de vous , j'ai emporté un souvenir doux et cruel... et quand je suis revenu , c'était pour tomber à vos pieds , vous demander grâce; mais toutes les fois que je voulais parler, un soupçon m'arrêtait.... un soupçon que je n'ai pu vaincre jusqu'ici... oui, madame, je jetais les yeux sur ce portrait, et je gardais le silence.
OCTAVIE
Un portrait?..
L'image d'une personne que peut-être vous regrettez encore. ( Il lui donne le portrait.)
OCTAVIE, poussant un cri.
Ah !
ALFRED
Vous le reconnaissez... lui !..
OCTAVIE, très émue.
Oui , oui... c'est bien lui !..
ALFRED
Ah! je le vois!., vous l'aimez toujours !..
dOb
OCTAVIE, sans l'écouter.
Ernest!... oui, te voilà!... (Elle baise le portrait.) Mon frère!
ALFRED
Son frère!..
OCTAVIE, revenant à elle.
Mais, monsieur, qui vous a donné ce portrait?
ALFRED
On ne me l'a pas donné , je l'ai pris...
OCTA.VIE.
A qui donc?
A vous, Octavie !... il y a trois ans!... dans ce pavillon...
OCTAVIE, se cachant la figure.
O ciel!
ALFRED, tombant à genoux.
Octavie, de grâce, ne me repoussez pas...