‹ Le Père Pascal, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 55 sur 55 · SCÈNE XX · texte numérisé non relu

SCÈNE XX

Les Mêmes, PASCAL, FLORENTIN, PRUDENCE.

PASCAL, soutenu par Prudence et Florentin. Dieu! nous arrivons trop tard!

ALFRED

Au contraire, vous arrivez fort à propos, mon cher Pascal, pour voir un mari aux genoux de sa femme.

PASCAL

Vous ! jamais ! je m'y oppose !

OCTAVIE

Mais, Pascal, regardez ce portrait...

PASCAL

Celui de votre frère...

OCTAVIE

C'est lui qui l'avait.

PASCAL

Comment, monsieur... c'est vous qui...

Oui, mon cher Pascal, c'est moi qui étais sur le balcon, tandis que vous faisiez sentinelle dans le jardin.

PASCAL

Quand je pense que j'aurais pu vous flanquer du gros plomb...

PRUDENCE

Je savais bien que je l'avais déjà vu !

PASCAL

Et moi qui vous ai traité comme un intrigant!... ah! mon maître, car vous allez le devenir... mon cher maître, je me jetterais à vos genoux si la position était moins fatigante... mais je m'y jette moralement, je m'y jette moralement.

PRUDENCE

Ahçà! mais, papa, madame n'était pas mariée ?...

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PASCAL

Moralement!... veux-tu te taire...

Au t'ait , père Pascal , vous avez manqué de faire (Je la jolie besogne.

PASCAL

Taisez-vous, mon gendre ! respectez les erreurs de votre beau-père.

ALFRED

Ah! ah! il paraît que monsieur Florentin...

PASCAL

Devient mon gendre... il l'a bien fallu, et je lui recommande ma fille, (il unit leurs mains.) Oui, Florentin, soyez sévère avec elle, tenez-la serrée, car elle ressemble à sa mère, et si elle vous fait la moitié ou seulement le tiers de ce que m'a fait mon épouse... Enfin, ça vous regarde; mariezvous , soyez heureux ! ( 11 se met au milieu.) Quant a moi, ma tâche est accomplie... je ne veux plus vivre que pour élever vos enfans , pour veiller sur leur conduite; et tant que je serai auprès d'eux, vous pourrez dire : Pascal est là , nous sommes sûrs de notre affaire.

CHOEUR

Air : ( final du Domino Noir. )

Ici plus de mystère , Soyons enfin, soyons heureux ; Le bonheur , je l'espère , Va couronner , va couronner nos vœux.

PASCAL, au public.

Air : Soldats français.

^* Mais il me reste un devoir à remplir , Je l'oubliais... Dieu! quelle inadvertence ! Pour ces enfans qui bientôt vont s'unir J'implore votre bienveillance.

(Parlé.)

Oui, messieurs; je vous recommande mes enfans ! ( A ses enfans. ) Approchez r vous autres... ( Au public. ) Ayez la bonté d'être leur appui ! moi je ne serai pas toujours là... j'avance en âge et d'un moment à l'autre je puis fermer les yeux.

PRUDENCE

Comment, mon père!...

PASCAL

Laisse donc ! je dis ça pour les attendrir! et puis c'est assez vrai , car je ne tarderai pas à aller me coucher , et il est probable que je fermerai l'œil... Cependant, messieurs , je le fermerais très mal si je n'espérais pas que le> vôtres resteront ouverts sur ces chers enfans... ne les laissez pas seuls... je vous supplie de ne pas les laisser seuls ! c'est surtout aux femmes que je m'adresse , car les hommes rient de ces choses-là ; mais les mères me comprendront... j'en appelle à tout ce qui porte un coeur de mère ! Ainsi c'est convenu ! vous vous chargez de mes enfans! entre nous , je ne suis pas fâché d'en être débarrassé.

(A ses enfans. ) Suite de l'air.

Désormais pour vous rendre heureux Ma présence devient inutile ; En paix je puis fermer les yeux ; Si vous daignez, messieurs, veiller sur eux, Pascal va dormir bien tranquille , Pascal dormira bien tranquille.

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