ACTE I, SCÈNE V
eilÀ)'
OCTAVIE
Laissez-moi... je vais le trouver...
PASCAL
Qui ça ?
OCTAVIE
Lui !... Ernest... il est de retour!...
prudence.
Non, mademoiselle... vous vous trompez.
PASCAL
Tais-toi... il ne faut jamais la contrarier.
OCTAVIE
Adieu!... il m'attend...
(Elle veut sortir.) PASCAL.
Mais non ! mais non !... c'est inutile... II ne viendra pas.
OCTAVIE, impatientée.
Je vous dis que si , moi! puisque je l'ai vu... je l'ai bien reconnu avec son uniforme...
PASCAL
Ah !... où donc ?
Tantôt... hier, là-bas...
(Elle indique la droite.) PASCAL.
Hier... là-bas?... (A part.) Décidément il y a quelque chose.
PRUDENCE, à part.
Pourvu qu'elle n'aille pas dire...
OCTAVIE, mystérieusement.
Vous ne savez pas?... il a bien grandi depuis son départ... oh! il est bien plus grand qu'autrefois...
PASCAL
Ah!' il est plus... ( A part.) Elle aura aperçu quelque tambour-major.
OCTAVIE, voulant encore sortir.
Je m'en vais !... bonsoir !...
PASCAL
Quand je vous répète qu'il ne viendra pas... vous ne trouverez personne.
OCTAVIE
Et moi, je veux sortir... je veux m'en aller, laissez-moi...
PASCAL
Eh bien! non, vous ne sortirez pas... Ah! mais...
OCTAVIE
Oh! mon Dieu! il m'attend... et j'arriverai hop tard... Que je suis malheureuse!...
(Elle pleure et va s'asseoir à gauche.) PRUDENCE, à Pascal.
Vous disiez qu'il ne fallait pas la contrarier!...
PASCAL
Est-ce que je la contrarie? C'est elle qui me
contrarie... Voyons, mademoiselle Octavie
(Octavie pleure toujours.) Allons, la voilà partie!... Mon Dieu! que cet enfant-là me donne de chaçrin!...(A Octavie.)Voyous... car... je... il ne faut
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pas... (il s'atiendrii.) pleurer comme ça... ça fait
de la peine à Pascal Voyous..,., voyons
soyons raisonnable... un peu... pas beaucoup, mais un peu...
(Il fait un mouvement qui agite son trousseau de clés.)
OCTAVIE, gaîment.
Qu'est-ce que c'est que ça?
(Elle lui prend le trousseau.) PASCAL.
Rien, des clés, de vilaines clés.
OCTAVIE, les faisant sonner en l'air.
Tiens! c'est gentil, c'est amusant!
PASCAL, s'essuyant les yeux , et la voix encore tout
attendrie.
Oui, c'est assez yentil ; mais j'en ai besoin.
Oh ! non.
Air : D'être homm' comme il faut ( Bruno). Que c'est amusant !
Entendez-vous comme ça sonne !.
Vraiment, C'est charmant !
Je neveux plus rien maintenant.
PASCAL
J' dois vous avertir Que c'est un bruit fort monotone.
Un pareil plaisir Finirait par vous endormir.
OCTAVIE
Voici le signal; Oui , l'orchestre se fait entendre.
Pour danser au bal Ceci doit être original.
PASCAL
11 faut s' dépêcher.
Rendez-moi mes clés sans plus attendre, Ou je vais me fâcher.
OCTAVIE, les lui montrant de loin.
Les voilà ! venez les chercher.
(Elle court et Pascal la poursuit pendant la reprise)
ENSEMBLE
PASCAL
Que c'est assommant!
C'est en vain que je la raisonne.
Je ne puis, vraiment, Rien obtenir d'elF maintenant.
J'ai beau l'avertir Que c'est un bruit fort monoloue,
A me fair' courir Elle semble prendre plaisir.
Que c'est amusant !
Entendez-vous comme ça sonne!
Vraiment , C'est charmant !
Je neveux plus rien maintenant
Oui, c'est un plaisir Qui ne fait de ni.:l à personne.
Vous pouvez courir.
Cela va huit nie divertir !
cgs
PRUDENCE
Que c'est amusant !
\n vain mon père la raisonne,
Il ne peut vraiment llien obtenir d'ell' maintenant.
Pour se divertir Elle n'a besoin de personne;
A le faire courir Elle semble prendre plaisir.
Voulez-vous bien m'obéir, à la lin?
OCTAVIE
Non!
( Elle va s'asseoir sur un banc et compte les clés.) PASCAL.
Que ces êtres-ci sont obstines... (A Prudence.) Aussi, c'est ta faute! au lieu de m'aider, tu restes là comme une petite bûche.
PRUDENCE
Dam! c'est embarrassant! si elle allait avoir encore une attaque de nerfs.
PASCAL
C'est encore vrai!... et moi je n'ai rien ici, pas même de la fleur-d'orange; pourtant il me faut mes clés , je ne peux pas me passer de mes clés.
PRUDENCE
Voulez-vous que je vous dise? laissez-moi un instant avec elle, je saurai bien les lui faire rendre.
PASCAL
Au fait, c'est possible; avec toi elle ne se défie pas; pendant ce temps-là j'irai à l'hôtel chercher ce qui nous manque, et donner un coup-d'œil à mon vieux maître... le père d'un côté, la fille de l'autre... il faudrait être là-bas
et ici en même temps, et c'est impossible
(A Prudence.) Tâche surtout de ne pas la contrarier.
PRUBENCE.
Oh! c'est bien mon intention.
PASCAL
A propos! si le jardinier venait, ou un de ses garçons, tu lui ferais tailler ces espaliers qui empêchent la fenêtre de s'ouvrir.
PRUDENCE
Oui, mon père!
PASCAL
Prudence, songez qu'il me faut mes clés à tout prix; tu en réponds sur ta tète.
PRUDENCE
Vous les aurez.
PASCAL
A la bonne heure : me voilà plus tranquille.
(II sort par la droite.)