‹ Le père Pierre Chaumonot de la Compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 15 sur 62 · ROSE · texte numérisé non relu

ROSE

Si AT Mon bonhomme de maitre avoit un intime ami qu’on nommoit 1! Signore Gapitone. Celui-ci quelque temps après mon retour à Terny dit à celui-là qu'il souhoitoit bien de m'avoir chez lui en qualité de précepteur de ses deux fils, qui étudioient au Collége de la Compagnie de Jésus. Mon docteur en est content et après m'en avoir parlé , il m'envoie à son ami. J'en fus reçu à bras ouverts, et présenté dès le lendemain à nos pères, qui me mirent en Rhétorique. Je ne fus pas longtemps à étudier sous eux sans être épris du désir d’imiter les vertus que j’admirois dans ces dignes serviteurs de Dieu. Une chose m’empéchoit de m’en découvrir à mon confesseur ; c’est que je ne pouvois me résoudre à faire connoitre la bassesse de mon extraction. Jusqu’alors je m’éiois janté que mon père étoit procureur du Roi et j’avois peine soit à m'en dédire , soit à continuer dans mon mensonge. Plusieurs mois se passèrent dans ce combat de la nature et de la grace, celle-ci me pressant de déclarer ma vocation et celle-là m’en empechant. O malheureux que j'étois ! O combien de péchés aurois-je évité ! O combien aurois-je pratiqué de vertus pendant tout le temps que mon silence m’empecha de poursuivre mon entrée dans une si sainte compagnie ! Cependant Dieu qui me voulait faire la grace d’y etre reçu m’en ménagea cette occasion. Un jeune ecclésiastique gagé par nos Pè.es faisoit

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