‹ Le père Pierre Chaumonot de la Compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 25 sur 62 · MAI) MR · texte numérisé non relu

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et M. Suart, à qui, comme à mon confesseur, je découvrois tout ce qui passoit dans mon âme, approuva cette dévotion déjà reçue en France, et comme curé, il me permit d’en prêcher le dimanche suivant, ce que je fisen exhortant ceux et celles qu voudroient porter ce cordon, après qu’on l’auroit béni , selon la formule qui s’en trouve ils devoient s’y disposer surtout par une exacte veille sur leurs pensées , sur leurs paroles, et sur leurs actions, afin qu’il n’y eut rien de criminel en matière d’impureté. Tout le monde agréa fort cette dévotion, et plusieurs en prirent la sainte marque, après s’être préparé à la recevoir.

Ce coup d'essai fut suivi d’un autre dessein , Dies diei eructat verbum. Ce fut d’ériger une association sous le titre de la Sainte Famille et de s’y proposer pour fin la sanctification des familles chrétiennes, sur le modèle de celle du Verbe incarné; les hommes imitant St. Joseph, les ferimes la divine Marie, et les enfans l’enfant Jésus. Mon même directeur à qui je découvris ce dessein , m'y confirma par son approbation ; mais comme nous ne pouvions y réussir, si nous n’avions et l’approbation de Mgr l’évêque et même des indulgences de Nou'e Saint Père le Pape, je proposai au dit Monsieur, à Madame d’Aillebout , à la Mère Supérieure de l'Hôpital et à la Sœur Marguerite Bourgeois Supérieure de la Congrégation

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(parce qu’en cette affaire nous agissions de concert ensemble), je proposai, dis-je que nous recommanderions une si grande entreprise à St. Ignace, en faisant pour son heureux succès une neuvaine à ce digne fondateur de la Compagnie de Jésus. Voici même la copie de loraison que je composai lors en son honneur, et dont j'ai encore l'original.

« Glorieux St. Ignace ! qui avez pour devise « La plus grande gloire de Dieu » et qui lavez laissée comme par héritage aux enfans de votre Compagnie, nous ne doutons point que vous n’ayez la direction, et pour le dire ainsi la surintendance de tous les bons desseins que vos fils spirituels entreprenrent à l’honneur de Dieu. Ainsi nous vous supplions très-humblement de prendre soin de faire réussir un ouvrage, qui, à ce que nous l’espérons, doit contribuer beaucoup à la plus grande gloire de la Divine Majesté, puisqu'il s’y agit de la réforme des familles chrétiennes sur le modèle de la très-sainte famille de Jésus. Marie, Joseph. Souvenez-vous, illustre patriarche , d’une société si utile à Péglise; souvenez-vous du soin que vous preniez , nommément à Rome, des hommes pécheurs , des femmes mal mariées , des pauvres orphelins et des filles dont la pudeur étoit en danger. Continuez du haut du ciel à faire encore sur terre , par l'entremise de vos enfans, ce que vous y faisiez autrefois vous-même. Daignez

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done leur inspirer les moyens d’arrêter les désordres qui perdent les familles, et d’y faire fleurir les vertus propres à changer les maisons en autant de séminaires qui remplissent l’église de saints et le ciel de bienheureux. Cette charge , à grand saint, vous doit appartenir , puisque Jésus ayant bien voulu vous choisir, vous et vos enfants, pour communiquer son esprit à tant de personnes, même à des communautés entières el à des royaumes entiers; assurément que Marie et Joseph, pour se conformer à leur Fils, voudront aussi se servir de vous et de vos mêmes enfans, pour communiquer leur esprit aux pères et aux mères de famille. Ainsi grand Zélateur de la gloire de Dieu, qu’il vous plaise d’être fondateur de Passociation de la Ste, Famille, comme vous l'avez été de la Compagnie de Jésus. Eten reconnaissance de ce nouvel établissement dans lequel nous espérons de réussir sous vos auspices et par votre intercession , nous Soussi gnés vous offrons chacun neuf communions. Nous les ferons en action de grâce des faveurs que Dieu vous a accordées , tant à vous qu'à votre Sainte Compagnie. De plus nous promettons de faire en sorte que toutes les personnes qui seront admises dans cette association de la Sainte Famille, réciteront immédiatement après leur réception, neuf fois le Gloria Patri, pour le même sujet. À Montréal, le 31 de Juillet , fête de St. Ignace , en l’année 1663. Suarr

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